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samedi 27 décembre 2014

Metallica au feu (de bois)

Photographie par Gary Wolstenholme

Jamais été fan de cette cohorte disparate, haute en couleurs et gigue-dansante regroupée sous les étiquettes sous-dimensionnées de « folk metal » ou « pagan metal » : trop de groupes, trop de foutoir, trop d'instruments, trop de meufs (nan je déconne. Vraiment.) et souvent trop de facilités. Le véritable esprit folk n'est-il pas à chercher du côté des naturalistes Agalloch ou Winterfylleth plutôt qu'auprès des enfileurs de perles habituellement évoqués sous cette bannière ? Moonsorrow cependant a toujours représenté à mes yeux un sceau de qualité, jouissant d'un statut à part conféré par leur ADN éminemment black metal ; du tremolo seconde vague plein les guitares et pas dans la voix notamment ; et exhibant une attitude tranchant volontairement avec le côté « fête au village » souvent dévorant dans le style.

La maîtrise de ces hommes-bêtes au patronyme baudelairien s'entend notamment dans la réécriture aux accents de reconquista bathorienne infligée à For Whom The Bell Tolls, morceau de bravoure de quasi huit minutes qui laisse, peut-être comme jamais depuis longtemps, s'exprimer la bête sauvage désormais matée tapie au cœur de Metallica. La dilution de l'introduction dans un océan atmosphérique d’ambiances et de guitare sèche, parsemée de hurlements déchirés et de chœurs discrets évoque immanquablement Quorthon (qui s'est servi plus qu'à son tour de certains éléments de Ride The Lightning), et lorsque que le chant fait irruption, des lignes comme Make his fight on the hill in the early day / constant chill deep inside ou Take a look to the sky just before you die / it's the last time you will trouvent une nouvelle signification, signe d'une réappropriation intelligente plutôt que d'une sage imitation. For Whom The Bell Tolls se trouve sur l'EP Tulimyrsky, recelant une autre superbe reprise qu'il faut entendre aussi.

Moonsorrow's very personal take on For Whom The Bell Tolls is indeed an interesting one, highlighting the long-lost fury of Metallica by transcending what was a martial-paced classic into a storming-yet-atmospheric pagan metal song. What really remains of the original song is its melancholic tone, perfectly fitting Moonsorrow as it once perfectly fitted the material displayed on Ride The Lightning.

...et toujours :
Voir Metallica et mourir

dimanche 16 novembre 2014

Antilife

Difficile de ne pas voir, dans la mort du jeune Selim Lemouchi, une conclusion parallèle à celle choisie par Jon Nödtveidt... Car quoi qu’inspirant de très grands albums de metal plus ou moins extrême (Reinkaos...), liés dans les ténèbres par l'adoration morbide d'un bien mystérieux culte rappelant plus qu'à son tour les sectes millénaristes, ce « gnosticisme anticosmique »  est percutant dans sa définition et vertigineux dans sa vision. Le grand chaos ; tout en vient et tout y retourne ; ce qui voudrait exister par la chair (trivial véhicule de notre passage) entre ces alpha et omega n'a pas de raison d'être. Voilà en tout cas comment je perçois les fumeuses théories de ce qui n'est pas plus qu'une mystérieuse congrégation, essentiellement numérique, mais peut-être plus puissante que l'on pense. Une vision dérangeante car dérangée de la vie. Arckanum, Disiplin, Dissection, Watain pour les plus connus sont le « sonic commando » de cette obédience noire exerçant une évidente emprise intellectuelle sur ses musiciens-instruments.

Car la libération de la chair, c'est un arrachement définitif qui s'appelle la mort ; l'arrêt dysfonctionnel et terminal d'un système biologique bipède. Certain d'avoir achevé son grand-oeuvre via The Devil's Blood au point de clouer cette bouche de Satan par un communiqué laconique et définitif, envisageant sa mort comme point d'orgue de sa vie, Lemouchi aura eu une trajectoire d'étoile filante à la Jon Nödtveidt (même si celui-ci aura expérimenté la mort de diverses façons) bien regrettable au vu de l'excellence de sa musique. A tout le moins, le metal et plus largement le hard rock occulte - devant autant à Blue Öyster Cult et à Coven qu'à Mercyful Fate ou à Watain - a perdu un héraut de grande valeur ! Il est dommage que The Devil's Blood, une aventure fraternelle rarement vue dans le style, trouve sa fin artistique dans Tabula Rasa, compilation quasi post mortem au goût de fond de tiroir qui succède difficilement à The Time Of No Time Evermore et The Thousandfold Epicenter. A ré-écouter aussi, sa divine intervention sur Waters Of Ain des petits crassoux de Watain... Only Death Is Real, merde, c'était pour déconner ! Il semble qu'une frange de musiciens prennent actuellement l'assertion frostienne bien trop au premier degré.

What a pity... I'm talkin' about Selim Lemouchi's untimely passing here. The man chose to end all things after having completed a short but wondrous body of work through the mortal vehicle known as The Devil's Blood. A very, very gifted musician whose death can't be questioned but only mourned. Maybe some dark claws claimed his soul. Do not judge, lest be judged yourself. I will not know death until my time comes. Fuck it anyway, 'cause I'm half drunk, tryin' to type these lines on a fuckin' smartphone after several shots of Knockando graciously poured down my parched throat by a good friend of mine. This one is for you Selim, for this is the time of no time evermore.

vendredi 11 mai 2012

Kröße konfussion

Grosse confusion, bizarre constitution, je tire des conclusions… Attractif, illégal, supersonique, atomique, neutronique ? Pour sûr. Tout ce que vous voulez. Mais rendons à l’Armée Rouge ce qui est à l’Armée Rouge (ou aux Cosaques)… sans dénier à Helloween le talent d’en avoir fait ce qui demeure pour moi – si l’on parle de heavy metal (mon dieu) au sens le plus traditionnel du terme – l’un des hymnes indépassables de ce style. Lyrique, libertaire et passionné : un peu comme la Russie... ou à un mot près !

Helloween, only when at the peak of their action potential (I insist on that point, mind you), is one of my guilty pleasures… especially on their first outputs. Did you know “Eagle Fly Free”, hands down one of the band’s best songs, was an unashamed rip-off of military chant “The Cossaks Ride Over The Danube” ? Stay tuned for more, you bunch of uneducated fools.

Le site et le Myspace d'Helloween.

...et toujours :

vendredi 24 février 2012

Thank you for the cool aid, Reverend Jim

Pour mille raisons trop évidentes pour être détaillées ici, je n'ai jamais aimé Manowar - ce groupe a toujours osé le ridicule que même Spinal Tap s'est refusé : Joey DeMaio et ses associés, car nous parlons ici d'hommes d'affaires, font parfois passer Gene Simmons pour un ascète mormon. Et c'est sans compter l'archéo-machisme sempiternel - tellement outrancier qu'il en est d'ailleurs, excusez-moi, hautement suspect - et les piteuses bravades et autres tirades lénifiantes (« et toi, es-tu prêt à mourir pour le metal ? ») qui finissent de m'éloigner depuis toujours des hommes de guerre.

Cependant tout idiot a son éclair de génie (sauf Rhapsody qui n'a que des éclairs de connerie) et Sign Of The Hammer, album tout à fait tolérable une fois les poils enlevés, cache en son coeur barbare un des rares trésors de Manowar. Guyana (Cult Of The Damned) est une chanson-fleuve évoquant la célèbre secte suicidaire de Jim Jones, une communauté baba-fascisante qui a eu la bonne idée de se rayer de la carte du monde en 1978. Perdu entre les habituels récits fantastico-guerriers chers à ManowarGuyana est un poignant message épousant le point de vue des protagonistes et victimes (consentantes ? Le mystère des sectes ne sera jamais percé) de cette affaire où une utopie communautaire et benoîte, baignée du soleil de Guyane, s'est achevée en apothéose de sang ; couronnée d'un triste show-down final durant lequel un membre du congrès américain fut flingué à bout portant.

Il est dommage que Guyana ne soit surtout connue que pour son intro de basse : la fin de Jim Jones et de son culte de buveurs de kool-aid constitue, à mon sens, un de ces évènements importants et négatifs qui clôturent souvent les décennies. A l'instar de l'assassinat de Sharon Tate qui sonna le glas des insouciantes sixties, l'affaire du Temple du Peuple referme définitivement la porte des années soixante-dix et ouvre celle des années quatre-vingts, plus sombres, plus froides (vous voyez une autre décennie plus propice à l’avènement de la new wave, vous ?), et pourtant, malheureusement, simple prélude à la suite. Par les mots de Joey DeMaio, Eric Adams questionne la folie de Jim Jones et celle du monde : une chanson émouvante, désespérée, inespérée aussi de la part de Manowar.

All right, all men play on ten. I know that (myself, I play on 11, like fuckin' Tufnel). That being said, Manowar is also capable of writing good tunes amongst their goofy songs about how an axe in a head sounds great. Guyana is one of them, dealing with mass-murderer Jim Jones and his apocapyptic, crazy-as-fuck cult of followers known as the Temple of the People. Good riddance, Jim, and thank you for the cool Mano song. I hope you'll be doing better next time.

Le site et le myspace de Manowar.

vendredi 10 juin 2011

Offenders Of The Faith (In Solitude, Portrait)

Putain. Enfin du bon heavy metal, du vrai, pas du happy meal (pun intended), mais du tout grim et frostbitten, avec des toiles d’araignées dans les coins et des relents de poussière de grimoire entre les cordes. Du bon vieux heavy européen donc, ce qui fera plaisir à tous, car nous venons tous de là… enfin, venions, car il semble qu'aujourd'hui certains p'tits jeunes ratent quelques étapes essentielles, tombant directement de l'arbre : résultat, un ADN incomplet. Pauvres de nous.

J'en reviens à mes croix renversées et à mes hurlements en falsetto : Portrait et In Solitude, suédois affichant une évidente parenté avec Mercyful Fate, Diamond Head, Iron Maiden et Judas Priest - voir à ce titre les vocaux du premier In Solitude - ont beau manier l'art des guitares harmonisées comme personne depuis Didier Demajean et Stéphane Dumont, ce sont aussi des groupes qui fraient avec Watain et consort dans l’attitude, dans le son (Necromorbus Studio pour Portrait, production signée Fred Estby pour In Solitude), et sur scène (cf les faux airs de Dead que l'on trouvera parfois à Pelle Ahman. Et ne lui offrez pas de hamster, car pour lui, un hamster, c'est un collier). Un bon bol d’air frais si j'ose dire, venant d’un genre pourtant archi-rebattu.

Achetez les versions vinyles, allumez un cierge aux quatre coins de votre chambre, et répétez avec moi : thou whom they call the desolate one / Thy face we need not see, for thy presence is yet so clear... Écoutez-Le, Lui et Sa parole : Portrait et In Solitude sont Ses nouveaux prophètes.

The World. The Flesh. The Devil (In Solitude, 2011) et Crimen Laesae Majestatis Divinae (Portrait, 2011) sont actuellement disponibles chez Metal Blade.

You know what's so great about fookin' 'eavy metal ? Well, like Jesus, or motherfuckin' Rasputin, you can't kill it. You're sure to be done with it, you swore to the Ancient Ones that you'll never hear again a single Rhapsody track in your life, and whoops !, next thing you know, here you are, sitting on your bed with Portrait and In Solitude's last LPs in front of you, reading goofy lyrics while listening to the arcanic heavy metal storm raging from your stereo. Gosh, I feel like I'm fifteen again. As sure as Rhapsody is shit, Portrait and In Solitude ist krieg, so worship and obey.

Le Myspace de In Solitude.
Le site et le Myspace de Portrait.

mercredi 22 décembre 2010

Stade terminal pour 2010

Qu’on le veuille ou non le metal, musique populaire au sens premier du terme, est fortement marqué par, sinon teinté de christianisme – un fait avéré à chaque Noël. Il suffit de constater année après année les conneries d’initiatives genre « Rob Halford Chante Le Père Noël » (cette année je crois que c’est Udo qui s’y colle), ou de remarquer dans les bacs le énième album du Trans-Siberian Orchestra concurrençant Jack Lantier sur ses terres. J’avais moi-même pensé à mettre à l’occasion de chaque dimanche de l’Avent une notule anecdotique relative à cette célébration – en commençant par cette interview nostalgique du Priest narrant comment le groupe, dans ses débuts fauchés, avait arrêté son tour-bus minable en pleine autoroute pour aller couper un sapin aperçu derrière la bande d’arrêt d’urgence, tout miteux et grisé par les dépôts de gaz d’échappement. Cet arbre une fois décoré – on ne sait comment - avait permis aux musiciens de se réchauffer un peu le cœur (toujours utile, à la veille de conquérir le monde). Mais bref, je n’ai pas eu le temps de faire ces quatre articles et on se contentera donc d’un petit récapitulatif d’une autrement triste année (Dio, Steele, Palomäki…).

Artistiquement et selon votre serviteur 2010 a été écrasé par deux albums ayant explosé à vue toute concurrence. Triptykon d’abord ; Eparistera Daimones couronnant un come back (Tom G. Fischer) comme on en a peu vu depuis celui de De Gaulle en cinquante-huit. Plus que la survivance d’un Celtic Frost, Tritptykon est avant tout la troisième incarnation de Hellhammer et le capitaine de ce corbillard sonique prouve que tout le pouvoir créateur de ses précédents groupes lui appartenait – à lui seul. En revanche je suis beaucoup plus circonspect sur l’EP « de compagnonnage » paru récemment et espère que cela ne deviendra pas un gimmick commercial puisqu’une telle sortie était déjà prévue pour compléter (sic) Monotheist. La seconde sortie de l’année, c’est bien sûr l’extraordinaire Lawless Darkness de Watain, où comment ouvrager un black metal hautement esthétisant sans lui concéder cette odeur d’humus de cimetière, ni la laideur contrefaite originale de cette musique – un paradoxe donc comme l’est tout grand album de black metal. Et quelle violence mes aïeux ! Violence dont la bonne production n’est pas la seule responsable (cache-misère trop fréquent), non, ce sont bien les compositions qui « élèvent » Watain à ce nouveau degré d’extrémisme.

Voilà pour 2010 – vous noterez l’implémentation sur cette nouvelle formule d’un lecteur de musique qui devrait, à l’heure où j’écris, fonctionner un peu mieux que l’estomac de Bret Michaels.

Wow, is 2010 already gone ? Almost it seems – and what a short year it was, wasn’t it ? It was also a sad one, punctuated by multiple “departures from the mortal”, as Marduk would put it. Ah, let’s get away with it – spirit of the dead outlives memories of the mortal. Artistically speaking 2010 will be remembered, that’s for sure, as Triptykon and Watain both have released critically acclaimed, astonishing works of fury and hell in Eparistera Daimones and Lawless Darkness : occult and heavy as fuck will be my last comment on these. Ya have to read French for more ! Bye bye, so long.

samedi 2 octobre 2010

Très pêche


A la pêche aux mou-les, mou-les, mou-les, j'ai ramené un vieux brochet. Nous avons mordu tous les deux : lui avec ses dents, parce qu'il sait encore se faire agressif, et moi à l'hameçon, parce que je n'ai pas su lui résister. En un mot, Magic & Mayhem - Tales From The Early Years est un réenregistrement des vieux classiques d'Amorphis - seuls les trois premiers albums sont concernés.

Avis rapide et bâclé : au-delà de l'attrape-nigaud évident (et je suis un nigaud), c'est comme Jean Rochefort ou Jean-Pierre Marielle. C'est tout vieux, mais c'est tout bien et c'est tout classieux. Amorphis, quoi. Et puis, merde quoi, faire oublier comme ça Pasi Koskinen et son timbre pourtant unique, c'est un tour de force à la limite du tour de magie.

Well, for fuck's sake, can someone tell me why the fuck is Amorphis re-recording its early, yet mighty hymns ? I dunno, I just don't get it. Let's say this is a money-grabbin' move, which isn't exactly a surprise coming from Nuke Blast. However I have to mention that Joutsen's cavernous delivery is astonishing and that I, once again, willingly gave my hard-earned bucks to these Finnish motherfuckin' motherfuckers. Worship and obey !

Magic & Mayhem - Tales From The Early Years (Century Media, 2010)

01 Magic And Mayhem
02 Vulgar Necrolatry
03 Into Hiding
04 Black Winter Day
05 On Rich And Poor
06 Exile Of The Sons Of Uisliu
07 The Castaway
08 Song Of The Troubled One
09 Sign From The North Side
10 Drowned Maid
11 Against Widows
12 My Kantele
13 Light My Fire

Le
site et le Myspace d'Amorphis.

...et toujours :

Le retour des fils d'Uisliu
Un lac dans mon rétroviseur...

Amorphis emmerde Darwin...

La fin de l'éclipse ?

mardi 31 août 2010

Pensées pour moi-même


Bien... Les Notules sont peu actualisées en ce moment : mer d'huile, telle est la météo plus ou moins constante sur cet océan binaire. Ce qui signifie a contrario que je suis fort occupé actuellement - d'ailleurs cette notule voit le jour depuis une chambre d'hôtel et ma Nintendo DS ! Mais assez avec la vie privée, la seule et unique ligne éditoriale des Notules étant la musique et rien d'autre. Vous savez que le vieux Sheol mange, bois, dors metal - c'est bien suffisant et c'est tout ce qui compte ici (-bas ?).

En bref, quelques news, vite fait mal fait : le dernier Maiden est sorti, et il est mokkori - un très bon album donc, allant, comme d'habitude depuis Brave New World, de son train de sénateur que l'on ne bouscule plus. Les morceaux sont très, sinon trop longs, et Bruce s'époumone sur ces refrains rachitiques répétés jusqu'à plus soif... mais The Final Frontier parvient à rester plus « frais » que nombre de premiers albums à l'affiche actuellement. Un comble pour nos papys anglais ! Moins bon que cette cinquième évangile qu'était AMOLAD, que j'écoute religieusement avant chaque repas (c'est long, d'ailleurs ; je fais peine à voir), mais enfin, c'est un Maiden : le premier qui n'aime pas peut sortir car il a tort, de toute éternité et pour toujours. Amen, up the irons et ne parlons plus de la Guerre de Cent Ans.

Lue, la bio de Dave Mustaine (Mustaine : A Life In Metal). Sympa, écrite avec le cul mais on s'en fout, et bourrée d'anecdotes qui raviront tous ceux qui, comme moi, sont des fidèles du bonhomme et de son œuvre - car moins que jamais, on a envie de dire « groupe » après avoir fermé ce bouquin. J'ai notamment retenu le passage croustillant concernant l'épisode Rotting Christ / Dissection, raconté par le menu par Dave... L'histoire du 'Deth est tumultueuse et dessine une fois de plus en filigrane cette terrible fêlure que fut l'éjection d'un Metallica à la veille de sa gloire - un traumatisme ayant généré, je le crois, un immense symptôme abandonnique qui peut éclairer tout autrement l'histoire de Mustaine et notamment sa relation avec « ses » musiciens ! Pas sûr cependant que Dave sorte grandi de ces pages qui souffrent d'une autosuffisance mal camouflée par un excès de fausse modestie. Tom G. Warrior, au moins, n'essaie même pas... Ceci n'empêche pas Megadeth d'être suprême dans sa partie, ni Hangar 18 d'être régulièrement ma chanson de chevet depuis - déjà - 19 ans. A bientôt, ou à plus tard.

OK – if you want it, you’ll bloody get it ! First and foremost, let me start with fuckin’ Maiden : The Final Frontier is out, and worth your money. Up the hammers, etc etc etc. Ok, let me be an asshole : I may not be such a huge fan as I used to be, and I’m particularly tired of one of Maiden’s trademarks : the singable choruses where one sentence (usually the song’s title) is repeated ad nauseam – but still, the guys can deliver the goods. Not nearly as good as AMOLAD though. Alright, let’s proceed with Mustaine’s newly released autobiography (Mustaine : A Life In Metal). Every deth’ead should give it a try – but if not a fan, don’t even think about it. I am, and I have to say that Dave’s account of you-know-what is honestly told. But hey, the guy is a bit too egotistical for my tastes and it really transpires at every chapter – love him though. So Mustaine : A Life In Metal may not be a real pageturner such as the gunners’ bios (already read Slash’s and Steven’s, eagerly waiting for Duff’s) but I appreciated it. Too bad the blowjobs weren’t included.

...et toujours :
Considérations théologiques
Sick & Destroyed
United Abominations : Return to "Anger"

vendredi 11 juin 2010

Soldiers of Infortune, Ou Comment Bolt Thrower Peut Sauver Une Soirée Qui Avait Pourtant Fort Mal Débuté


L'avalanche de groupes mêchus et ripolinés, squattant les pages de news de Terrorizer, a tendance à m'irriter fortement. Pourquoi continue-je à lire ces pages, je ne sais... Aucun feeling, un son tellement synthétique que même le menton des frères Bogdanov fait plus naturel, des artworks plus photoshoppés qu'Arielle Dombasle... Et ces noms, mes aïeux ! Ces noms... A coucher dehors avec un billet de logement. D'ailleurs, c'est pas des noms, c'est des phrases. Through the Eyes of the Dead, Bleed From Within, The Dead Lay Waiting (putain ils sont affreux eux), Annotations of an Autopsy, Success Will Write Apocalypse Across the Sky (vous voulez vraiment un commentaire ?), The Eyes of A Traitor... Argh !

Posant mon Terrorizer, je rejoins ma moitié en train de s'abrutir devant un célèbre télé-crochu de M6. Après une première déception (Virginie Guilhaume est en pantalon), je constate avec une affliction résignée que désormais, le dernier des bobos gesticulant dans cette chose télévisée se sent obligé de faire la manu cornuta dès que l'ombre d'une rachitique guitare électrique se profile (en fait, y'en a même un qui a fait Notre Signe pendant un morceau acoustique. J'ai failli pleurer). Frisant l'apoplexie après tant d'agressions, dépossédé, après une énième « corne du diable » sur du William Baldé, de tout ce qui fait de moi ce que je suis (c'est-à-dire un vieux con aigri, tout de suite), je pose un regard torve non pas sur Virginie Guilhaume, mais sur le CD qui traîne à côté de mes Kinder Pingui. Bolt Thrower, Mercenary. Un mot pour le titre de l'album, deux pour le patronyme (pour moi c'est suffisant) et trois secondes pour mettre les écouteurs : Annotations of an Autopsy n'a jamais existé. Les Betraying the Martyrs ne sont pas français (oui, moi aussi, parfois, y'a des choses dans ce pays qui me font honte). La compilation Masters of Brutality III va sortir un jour. La Nouvelle Tare perd toute sa nocuité et Ramon peut bien faire les cornes du diable à Philippe Manœuvre, je m'en fous : ils sont tous « zeroed », comme s'intitule la première piste de Mercenary.

Délaissant ma mie pour mon death metal (comme souvent), je me vautre dans le groove mid-tempo de Bolt Thrower. Je m'abandonne à ce cassage de tête britannique, le plus gros depuis la guerre de Cent Ans, qui n'est plus reconnu à sa juste valeur (malgré un héritage qui prend de l'importance, cf Amon Amarth ou Heaven Shall Burn). Je scrute interminablement cette jaquette signée Peter Archer, qui sortit quelque peu Bolt Thrower de son injustement réductrice réputation de « groupe à Games Workshop » (pour information, la vignette ci-dessus n'est pas l'illustration qui orne ce très sous-estimé Mercenary). Je me repais des lents mouvements de la musique des Bolters, pilonnés par une batterie inexorable, et de ces mélodies étirées, épico-sinistres qui terminent systématiquement les phrases rythmiques. La musique de Bolt Thrower adoucit les mœurs : Annotations of an Autopsy peut exister. Ramon a le droit de faire les cornes pendant une bossa nova. Philippe Manœuvre a simplement oublié de mentionner Ronnie James pendant l'émission. Je vais vraiment rester devant la Nouvelle Tare. Mais avec mes écouteurs. Et après Sixth Chapter, j'insèrerai dans cette antiquité nommée discman l'album suivant, Honour - Valour - Pride. Et tout ira bien.

Fuck, what an incredibly-lame-evening. I just can’t stand anymore all those new dumbass, lengthy, deathcore (fuck me) bandnames. And my eyes can’t bear either the sight of their often atrociously photoshopped artworks. Fuck, I know my English is often Engrish, but only Balinese syntho-gay-metal acts should be allowed to call themselves Success Will Write Apocalypse Across the Sky (what the fuckin’ fuck ?!?). To answer your question, no, I don’t have listen to it and I won’t. So throwing away my Terrorizer I decide to watch fuckin’ French Idol (yeah I know, what the fuck is Sheol doing here – I don’t even know myself). Seeing some fucktards on that retarded show throwing horns without ever knowing about Ronnie Dio was too much and I grabbed my MP3 player and abandoned myself to the chaotic music of the Warmasters themselves – namely Bolt Fucking Thrower. Mercenary is a really strong and underrated album and, last but not least, it really saved my incredibly-lame-evening !!! But that was a close call and I just feel like saying "fuck" another time. Fuck.

Bolt Thrower - Mercenary (Metal Blade 1998)

01 Zeroed
02 Laid To Waste
03 Return From Chaos
04 Mercenary
05 To The Last...
06 Powder Burns
07 Behind Enemy Lines
08 No Guts, No Glory
09 Sixth Chapter

Le
site et le Myspace de Bolt Thrower.

samedi 18 juillet 2009

Transport(é) en commun

Photo : votre serviteur

Depuis quelque temps, la vie sociale (et la fin de celle de ma voiture) m'oblige à emprunter régulièrement les transports en commun. Difficile de cultiver sa bulle misanthropique coincé entre un vieil arsouille au souffle méphitique et une mère de famille flanquée de sa bruyante progéniture - simple exemple situationniste. Par chance, mais aussi par hasard, il se trouvera de temps en temps une jolie brunette ne demandant - ou pas - qu'à être matée. Ce que je ferai : je ne suis pas contrariant. Mais difficile quoi qu'il en soit de se garder un espace personnel dans un endroit où, par définition, cela n'existe pas. Difficile - mais néanmoins possible, notamment grâce à Emperor. Tenez, rien que le cri trafiqué au début de Towards The Pantheon : il est tellement long qu'à lui seul il vous passe deux arrêts.

J'ai près d'une centaine d'albums sur mon lecteur, mais décidément, il m'est difficile de mettre autre chose qu'In The Nightside Eclipse dans le bus : une ellipse salvatrice. Le feulement  abyssal d'Ihsahn, l'hystérie des guitares et la mélopée des claviers remplissent toujours leur office, confirmant que si Anthems... reste l'un des meilleurs albums metal à être jamais sorti, In The Nightside Eclipse demeure indétrônable lorsqu'il est question de pur black metal. Ça fait du bien, parfois, de se reconfirmer certaines choses. Matin ou soir, bus plein ou bus vide, tout cela n'a finalement guère d'importance dès lors que j'ai les norvégiens « dans les oreilles ».

Even today, after more than fourteen motherfucking years, Towards The Pantheon still makes the hair on the back of my neck stand up. I just can’t get enough of it, especially when Ihsahn’s insane scream kicks in (yeah I know, there are in fact two screams mixed up into one. Don’t go ruining my enthusiasm though, you lowlife Emperor’s subject). I especially love listening to In The Nightside Eclipse in the bus, while peering at a young mother’s opulent, pristine breast. Yeah, maybe I’m just a short-haired black metal pig after all – and I do believe it sometimes saves me from everyday’s void.

...et toujours :

L'Empereur Contre-Attaque

mercredi 20 mai 2009

Un passé qui ne passe pas

Signe des temps pas fameux ? Avatar du phénomène gloubiboulga appliqué au metal, pourtant déjà assez régressif pour ne pas en rajouter une louche ? Ou triste constat symptomatique d'une vérité : la scène serait si chiante en ce moment, qu'entre deux productions formatées chez Andy Schnaps et trois pochettes photoshoppées montrant un putain de marmot sous un ciel apocalyptique (This Godless Endeavour aura fait quelques émules), rien ne serait meilleur que de se réfugier dans ce que l'on sait être toujours aussi bon - et je ne parle pas de votre copine ? Toujours est-il que la dernière mode est à l'exécution intégrale de Ton Album Culte sur scène. Après Slayer et Reign In Blood, Metallica et Master Of Puppets, Mötley Crüe et Dr. Feelgood, et quelques autres que j'oublie, c'est Aerosmith, Judas Priest et Forbidden qui « menacent » de jouer intégralement et respectivement Toys in the Attic, British Steel et le grand Twisted Into Form pendant leurs prochaines tournées. Quant à Testament, c'est par le biais d'un sondage que leurs légions d'héritiers (réfléchissez, ce n'est pas dur) sont appelés à entériner une setlist exhumée de The Legacy et The New Order.

Pas bien convaincu par ce genre d'initiatives, un peu du même tonneau que cette pénible mode qui voit de vieilles gloires ré-enregistrer leurs vieux tubes (chez Andy Schnaps)... En sus d'être un concept assez réducteur et limité, ça laisse perplexe sur l'état actuel - notamment économique - du metal et de ses amateurs bien sûr. Le message n'est pas des meilleurs non plus pour les artistes qui peuvent apparaître comme figés dans une époque et dépendant d'un public purement générationnel... alors que le metal est sensé être l'exact contraire du conservatisme. Personnellement j'échange largement un Angel of Death contre un Flesh Storm. Quoi qu'il en soit, Ton Album Culte joué en entier est certes un bon filon, mais finalement, si peu flatteur. Bien sûr, je me dédierai sans sourciller quand Guns tournera à cinq pour jouer tout Appetite For Destruction, mais ça me paraît peu probable, je soupçonne Steven d'être mort depuis quelques temps - simplement mû par quelque nécromancie le temps de ces occasionnelles téléréalités dans lesquelles il s'exhibe.

It’s a shame, but it seems the latest trend is seeing all our "vieilles gloires" of yore touring in its entirety their cult album. Talkin' 'bout the cash machine... Take Slayer, for example. Ok, I like Reign In Blood as much as you but I won’t mind them playing fuckin’ World Painted Blood from alpha to omega, ‘cause World Painted Blood is the decade’s utmost destructive thrasher coming from this side of the Atlantic (which is the left side for me, remember ? I eat bread every day). Alas, metal these days is plagued with conservatism – thinking of it, another common point with ol’ good Sheol.

vendredi 27 mars 2009

Misère & cordes

Un jour morose de ma première année lycéenne, un vieil ami, D., a changé ma vie sans le savoir. Il ne m'a pas indiqué la sinistre planque du magot des Postiches (Michel l'avait déjà trouvé), ni ne m'a proposé un plan avec la milf qui lui servait de mère, et qui m'affolait. Il m'a simplement tendu une vieille K7 repiquée, sans boîtier et barrée d'un reste d'autocollant ayant jadis servi à l'identifier. « Tiens, ça te plaira peut-être comme t'aime la musique de corbeaux, je sais pas si tu connais ». Sur la bande, First And Last And Always, le premier Sisters Of Mercy. Dire que je l'ai adoré instantanément serait un euphémisme - j'ai écouté First And Last And Always plusieurs fois par jour pendant des mois, notamment dans ce sacré bus 3*. De peur d'altérer cette magie, j'ai longtemps évité de me documenter : pas de photos, pas de paroles si ce n'est celles que je croyais ou voulais entendre**, encore moins de bio à la con qui aurait dissipé la fumée nicotinique embrumant ce poster longtemps accroché au mur. Au fil des ans j'ai acheté l'intégrale de Sisters, des albums que j'aime mais dont aucun ne m'a redonné ce choc originel (et certainement pas les plus saturés - voir à ce sujet Christian Death, qui sombra en succombant à la tentation du metal). Un coup de foudre est la réunion de différents facteurs dont la convergence se nomme alchimie. Sisters m'a fait cet effet-là et j'ai fini par associer pour toujours First And Last... à une période particulière, parfois ingrate, parfois géniale, celle où « l'on erre, un peu par erreur ». Le genre d'album qui devient la bande-son d'une époque personnelle...

Sisters Of Mercy ne pouvait pas échapper à une entrée ici pour la bonne raison que j'aime ce groupe autant que Metallica ou Maiden... Pour respecter ma ligne éditoriale « industrie lourde », cela se fera sous l'angle des reprises metal, le groupe d'Eldritch ayant été fréquemment massacré par nos chevelus préférés (hormis quelques exceptions, force est de constater qu'il est plus souvent question de viol que d'hommage aux sœurs). On commencera par un de mes chouchous, Dan Swanö (Edge of Sanity), qui s'est frotté à Lucretia My Reflection. Malgré une intro bousillée par ce clavier que le bougre affectionne tant, sa version n'est pas mauvaise, proche de ce qu'un Cemetary époque Sundown aurait pu en faire. C'est donc une reprise acceptable que voici, mais préférez-lui cependant Sacrificed (sur The Spectral Sorrows) : l'un des meilleurs morceaux, dans la veine Doctor Jeep, que Sisters n'a... jamais écrit. Lucretia My Reflection étant fréquemment réinterprétée, passons à Kreator. Parue sur une obscure rétrospective, cette version dudit morceau est carrément intéressante. L'identité du Kreator aventureux d'alors (1999) imprime à Lucretia une patte industrielle du meilleur effet - je reste convaincu qu'un groupe allemand politisé ayant vécu la sinistrose berlinoise était ce qui pouvait arriver de mieux à Sisters Of Mercy. Enfin, ne nous attardons pas sur l'atroce version de Warrel Dane, le chanteur que l'on adore ou que l'on déteste : je déteste. Moins affreux que la reprise de Sound of Silence par Nevermore (« Simon & Garfunkel outragés », se serait écrié de Gaulle), ce Lucretia-là n'est vraiment pas terrible.

Passons sur In Extremo, groupe congénitalement malformé et dont il ne faut, par conséquent, rien attendre de la reprise de This Corrosion : le silence se fait devant ce clip plus gay qu'une soirée chez Michou. Si quelqu'un a eu la patience d'attendre la fin, qu'il me dise si oui ou non, Xena a fini par arriver. Après cette atrocité, il est temps de relever le niveau de manière inattendue puisque c'est au tour de Cradle Of Filth, que je ne goûte guère, de rentrer en piste. Étonnante relecture de No Time to Cry, morceau pour lequel j'ai un gros faible. Les anglais maîtrisent l'exercice, et tantôt j'adore (The Fire Still Burns, Sodomy and Lust), tantôt je hais (Hallowed Be Thy Name - remplacer les leads de Murray / Smith par un synthé devrait être puni de mort lente). Passée au mixer de Morticia Adams, la chanson conserve néanmoins sa substantifique moelle : une réussite. Comment ne pas aborder le cas Crematory ? Ce combo aura eu une importance capitale voici une quinzaine d'années, notamment avec le glauque Transmigration, avant de se perdre dans une trajectoire d'étoile fuyante, à l'instar d'Atrocity (on sauvera Awake et Illusions, pierres angulaires du death atmosphérique d'alors ayant, c'est vrai, très mal vieilli). Crematory honora les sœurs via la reprise archiconnue et pompière de Temple of Love, malheureusement dépourvue de sa pêche originale : l'occasion était belle, Temple... étant l'un des morceaux les plus énergiques de Sisters. Andre Matos, ange déchu du micro d'Angra, parlera à plus de monde que Felix Stass. C'est à More qu'il s'est attaqué avec Shaaman, et l'effort est louable : voici une réappropriation qui évite la trahison. Mais rien à faire, dès que j'entends Dédé, j'ai l'impression d'être à Recife en train de siroter une cachaça. Et ce qui sied parfaitement au heavy ensoleillé pour lequel le bougre est connu va, tout de suite, moins bien aux pâles Sisters.

On conclura cet article par l'une des meilleures reprises de Sisters Of Mercy proposée par un groupe de metal - Walk Away par Paradise Lost, trouvable sur l'EP paru à l'époque de Draconian Times. Le matériau de base, particulièrement solide, était tout indiqué pour nos ex-prochains Metallica (c'était alors ainsi que la presse parlait - mal - de Paradise Lost). A croire que Sisters l'avait écrit en pensant à eux. Ultra fidèle, s'intégrant tellement dans le répertoire des Perdus, Walk Away est ici magnifiée par le jeu sombre et acéré de Aedy et Mackintosh : les sœurs se voient traitées, enfin, avec le respect qui leur est dû. Paradise confirmera par la suite son talent pour l'exercice, voir notamment la brillante relecture de Small Town Boy (même si je lui préfère celle de Depressive Age). Si le metal se jette périodiquement sur Sisters Of Mercy comme la vérole sur le bas-clergé, ce n'est donc pas forcément avec une grande réussite... L'enfer est pavé de bonnes intentions. Je m'autorise une digression : comment ne pas citer, même si non metal, la sublime version de Alice par les étranges Celluloide ? L'electro-pop acidulée, froide mais sensuelle des français est encore ce qui va le mieux à Sisters, leur spleen originel étant trop souvent écrasé sous les power-chords de nos barbares préférés.

* L'Express A ou B m'arrangeait moins, d'autant que son plus court trajet ne permettait guère d'écouter plus qu'un Battle In The North.

** Certains comprendront - j'ai encore aujourd'hui l'impression que quelqu'un crie mon prénom, à un moment, dans Omnio (In The Woods) et je n'ai aucune envie de vérifier mon erreur sur metrolyrics.com.


Things sometimes happen that change the life of a grey teenager. Ok, having an unexpected blowjob performed in the back of the classroom by this skinny brunette you thought was a momma’s girl ranks first among said things.To be given your first Sisters Of Mercy record is also a very special moment – maybe some lucky fuckers got to experience these conjointly ! But enough bullshitting, what I’m trying to say is that First And Last And Always really did change my life : at last, another musical current entered my world, opening doors for Christian Death, Joy Division or the more commercial, yet excellent, Cure – Pornography still ranking as one of my all-time favourite records along with First And Last And Always. And I won’t change my barrel of goth for a barrel of fun (you know the fuckin’ song). So why is Sheol babbling about such non-metal, yet darkmongers, are you thinking ? Well, The Sisters Of Mercy have been regularly raped by hairy, axe-wielding motherfuckers such as Dan Swanö, Kreator, Cradle Of Filth, Atrocity, Paradise Lost, etc etc etc. See and hear for yourself by clicking on the links below, but as Pentagram would say, "be forewarned" : for better, for worst…

Lucretia My Reflection par The Sisters of Mercy, par Dan Swanö, par Kreator et par Warrel Dane (où est la basse ?).
This Corrosion par The Sisters of Mercy et par In Extremo (vais).
No Time To Cry par The Sisters of Mercy et par Cradle of Filth.
Temple of Love par The Sisters of Mercy et par Crematory (clip de Jean Rollin).
More par The Sisters of Mercy et par Shaaman.
Walk Away par The Sisters of Mercy et par Paradise Lost.
Alice par The Sisters of Mercy et par Celluloide (Naphtaline EP en libre téléchargement).

jeudi 12 février 2009

Le retour des fils d'Uisliu

Cela fait maintenant quelques années qu'Amorphis est revenu, peut-être pas à son meilleur niveau puisqu'une telle expression ne veut ici rien dire - les différentes périodes du groupe (au moins trois selon votre serviteur) rendent difficile l'établissement d'une échelle de comparaison -, mais au moins au sommet de son potentiel actuel. Tandis qu'Eclipse restera comme l'album de l'intronisation de Tomi Joutsen, Silent Waters aura enfoncé le clou avec brio malgré quelques redondances par rapport à la carrière du groupe - au point que le disque puisse parfois apparaître comme le grand-frère bien élevé de Tales From the Thousand Lakes, à qui l'on aurait appris quelques bonnes manières et demandé de ne plus roter à table. Tour à tour fragile et délicat (Silent Waters), puissant et épique (Shaman ou A Servant, que l'on jurerait retravaillés à partir de morceaux datant de 1994), mais sachant aussi se faire plus folk à l'occasion (Enigma et son parfum celtique), Silent Waters est un album auquel il sera difficile de succéder... Son aspect synthétique (quant au passé d'Amorphis) et sa finalité (asseoir définitivement Joutsen au poste de vocaliste) laissent présager pour son successeur le début d'une nouvelle période.

En attendant d'en savoir plus, mais surtout d'entendre les premiers extraits du déjà baptisé Skyforger, le fan éploré pourra toujours traîner ses guêtres sur le blog du groupe faisant office de studio report... La pochette, en revanche, est déjà dévoilée et malgré mon peu d'enthousiasme pour les compositions trop numériques, elle s'annonce superbe (et certainement signée Travis Smith tant sa patte semble évidente). L'album, déjà le neuvième, est programmé pour le milieu d'année 2009.

You know by now how a big Amorphis fan I am. Unlike when it comes to Metallica, I am not, however, blinded by my allegiance and it’s fair to say Amorphis’ golden years are behind them… or maybe not. ‘Cause Tomi Joutsen is a real monster of a frontman, blessed with a monstrous, naturally death-metal voice which fits oh so well the band’s back catalogue. After the aptly-named Silent Waters, a moody album contrasting with the blistering Eclipse, here comes Skyforger. I didn’t hear a single bit of it yet – I just cross my fingers for it to even Silent Waters out, hence foreshadowing a new golden period for these folkish metal masters. I just can’t wait !

Le site et le Myspace d'Amorphis.

...et toujours :
Un lac dans mon rétroviseur...
Amorphis emmerde Darwin...
La fin de l'éclipse ?

mercredi 4 février 2009

« Triptykon cannot be stopped ! Nothing can stand in its way ! »

Quand j'étais gamin, j'imaginais parfois que la voiture du pater familias était un transformer, un decepticon, évidemment - les autobots étaient bien trop gays pour mériter ma considération, n'est-il pas ? La vieille guimbarde, que j'ai récupérée entre-temps, a rendu l'âme la semaine dernière, sans s'être transformée une seule fois en vingt-et-un an. More than meet the eyes... Tu parles ! J'aurais pourtant cru qu'au moins, le robot à l'intérieur se serait manifesté au moment de passer à la casse mais même pas - c'est sûr, ce devait être une merde d'autobot. Un decepticon ne se serait pas laissé toucher le filtre à huile sans répliquer. Bref... La machine m'aura au moins rendu, dans ses derniers instants, une vieille cassette de Rust In Peace (ironique, non ?), perdue voici quelques éons car tombée dans un interstice qu'encore une fois, aucun decepticon ne m'aurait laissé explorer comme ça.

Je reste perplexe devant la décision de Tom G. Fischer de nommer son nouveau projet Triptykon, car enfin, nous le savons tous, Triptykon, dont la taille est comparable à celle d'une ville, est l'un des plus féroces decepticons qui soit ! J'espère simplement que l'oncle Tom ne foutra pas sa case en l'air une fois de plus. Et même si ce nom de baptême n'a évidemment rien à voir avec cette vieille série qui remonte à une époque où le metal n'était pas encore mon principal centre d'intérêt (le sens ici serait plutôt « troisième image / troisième icône », après Hellhammer et Celtic Frost), c'est plus fort que moi, ce sont les vils et puissants Decepticons qui m'apparaissent en voyant son logo. Et en attendant de juger sur pièce ce que donnera Triptykon, on peut toujours se rappeler la petite catchphrase so metal de Soundwave : « cries and screams are music to my ears »...

Man, I got thrown back in time when I first heard the name of Tom G. Fischer’s new band, Triptykon. Fuck, wasn’t Triptykon the name of a mechanized, deadly overlord in Transformers ? I still remember its motto, which went “Trypticon cannot be stopped ! Nothing can stand in my way !”… Let’s hope Triptykon, the band, will be as mean and deadly as fuckin’ Megatron. By the way, do you remember that gay motherfuckin’ piece of shit named Soundwave ? Poor bastard could be turned into a convertible shitty boombox – more interesting was its motto : “cries and screams are music to my ears”...

Le site et le Myspace de Triptykon.

...et toujours :
Are You Morbid ? Into the Pandemonium of Celtic Frost
« Toi qui entre ici, abandonne toute espérance... »

dimanche 12 octobre 2008

Folk You !

Martin Walkyier (troisième sur la photo en partant de la gauche), c'est un mec que j'ai toujours aimé, et pas qu'à cause de sa chouette carrière marquée par les excellents Sabbat (dans lequel officiait aussi Andy Sneap) et Skyclad. C'est un peu le père tranquille du folk metal, le sage revenu de tout qui dispense désormais ses réflexions au coin d'un pub, loin de la scène dont il est aujourd'hui (presque) retiré, pour peu qu'un bock se trouve à portée de main. Que pense-t-il de ses enfants terribles, les Finntroll et autres Turisas actuels ? Peut-être pas grand-chose, après tout. Dans le dernier Terrorizer, monsieur Walkyier remet ainsi plaisamment quelques pendules à leur place (pour citer notre Johnny plus très national, fiscalement parlant) et nous livre sa définition du folk metal, que je partage totalement. Car enfin et nom de dieu, ça me fait chier, ce glissement sémantique qui s'est produit au fil des ans et qui a finit par confondre totalement folk, viking, pagan metal. Pour ces deux derniers, je n'ai besoin d'aucun Ensiferum ou autre Korpiklaani (qui me font immanquablement penser au Cocu magnifique de Crommelynck, certainement la faute aux cornes et aux bois d'élan) - la trilogie miraculeuse de Bathory me suffit amplement.

Non. Le folk, c'est d'abord et avant tout la chanson populaire qui raconte l'histoire du pauvre Joe, qui vient de se faire larguer, qui n'a plus un penny mais qui va quand même le dépenser au pub pour oublier qu'en plus, son job est merdique. Et ça, c'est Skyclad. Comme le dit Martin, « I'm a working class guy and this music strikes a chord in people's hearts. Metal and folk both have the same kind of energy and honesty, it's the music of the people, it's about the suffering of working for a living ». Bref, le folk, c'est la pop d'antan : une forme d'expression populaire qui parle des gens, aux gens, et qui ne nécessite qu'une guitare aussi débranchée que désaccordée pour, malgré tout, retourner un pub (demandez aux baleines silencieuses qui croisent sur la Lune, elles confirmeront). Toutes ces considérations et ce recentrage étymologique ne doivent cependant pas occulter la réalité du caractère profondément païen et mystique de Skyclad : c'est bien en cela que lui sont affiliés de nombreux groupes de metal plus actuels, souvent qualifiés, parfois par abus de langage, de « folk ». Mais dénaturer la vraie signification d'un terme, je crois que ça me gonfle autant que d'être en camping à côté d'une famille allemande.

Enfin et pour finir... une pensée pour Keith Baxter, premier batteur et membre fondateur de Skyclad, décédé il y a quelques mois. Après avoir enregistré les cinq premiers albums du groupe, il s'était illustré ensuite, notamment, dans Therapy?. That's all... folks !

We’re not hearing that much from Martin Walkyier these days, and that’s a shame ‘cause the man is the real deal when it comes to real folk metal (I’m thinking of Skyclad here and not carnival bands playing in stags skins with a part-time accordion babe). You don’t need no Ensiferum nor Korpiklaani when you got Bathory and Skyclad, don’t you ? And, isn’t folk in the first place songs about poor ol’Joe losing his work and wife and drowning his sadness in the nearby pub ? As Walkyier once said, « I'm a working class guy and this music strikes a chord in people's hearts. Metal and folk both have the same kind of energy and honesty, it's the music of the people, it's about the suffering of working for a living ». Ok Martin, let your music do the talking (and, ok darling, hand me a beer while I’m listening to fuckin’ Skyclad, ‘cause drinking water while listening to it is a well-known cause of slow death).

Le site de The Clan Destined, le dernier projet musical connu de Martin Walkyier.
Le Myspace de Skyclad.

vendredi 12 septembre 2008

Habemus Metal...

...et au delà du clin d'œil à nos Killers nationaux, je rajouterai : duas et bene pendentes - il en a deux, et elles sont bien pendantes ! Au terme d'une journée homérique, l'objet tant convoité est mien, il ne m'aura coûté qu'une petite course contre la montre pour l'enlever à son méchant petit bac. Travaillant en plus dans un endroit assez excentré (à ma gauche, un labo de quarantaine, à ma droite, une zone industrielle avec un Cora dont l'accueil m'a assuré avec aplomb et erreur que Death Magnetic ne sortirait que lundi prochain - c'est-à-dire jamais), il ne me restait plus que la perspective de tracer en centre-ville à dix-sept heures trente, vous savez, l'heure des cons qui débauchent... comme moi. La différence étant qu'eux ne vont pas chercher le dernier Metalloche !

Bref il est là, et comme dit en latin, il est méchamment couillu. Mais est-il bon pour autant ? Lars Ulrich a-t-il découvert la double pédale ? James porte-t-il toujours les marcels de son carrossier, tire-t-il encore sur des nids d'oiseaux ? Une chose est sûre, Death Magnetic mérite une notule métallique... Bientôt sur votre écran, une chronique vraisemblablement totalement subjective, mais dont j'assumerai sans faillir toute l'outrecuidance et la mauvaise foi. Nom de dieu. Ceci après avoir rendu, je pense, un petit hommage au récemment décédé premier batteur de Sodom : first things first.

Man, I have been working - daydreaming - all day long, next to the leggy, bossy creature that serves as my superior. How exciting. Well I wasn't exactly dreaming about nasty things involving the above-mentioned hypersexual, female glass-wearing specimen (like fucking her like there was no tomorrow). No - I was thinking about D-Day, which is today, you know : the release of Metallica's latest. I tried to get ahold of it at noonbreak, speeding at the record store : fuckers working there told me that I was mistaking and that it wasn't D-Day, which is today, you know : the release of Metallica's latest. Fuck, I knew it was, 'cause I always know better when it comes to Metallifuckin'ca. At the end of the day, rushing like a fuckin' droogie heading for his final fix, I finally bagged it at Fnac. Well - is Death Magnetic worth the wait-and-run ? Yeah. Is there any need going into further analysis ? No.

...et toujours :

Hammer of Justice still crushes you
Read the Lightning
Vingt ans déjà !
SKOM : un divan pour le monstre