Affichage des articles dont le libellé est watain. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est watain. Afficher tous les articles

lundi 16 février 2015

Mestre des Bestes, Roy des Leus Hullants

C'est un peu un exercice de style pour moi que cette notule, car ce jet d'encre numérique se fait en direct de mon smartphone (certifié fabriqué par des travailleurs pas nés lors de la sortie du premier Watain), ma commune étant frappée d'un embargo franco-français type « agent Orange » sur Internet depuis trois putains de semaines. Avanti !

Il me serait difficile ici de pérorer trois ans sur le génie d'Emperor, sur pourquoi In The Nightside Eclipse et Anthems To The Welkin At Dusk sont toujours l'indétrônable expression d'un black metal sophistiqué (voir verso des anthèmes crépusculaires), car c'est après tout (hey) stupide et vain de vouloir assommer quelqu'un avec une œuvre qu'il ne connaîtrait pas / mal ; aurait découvert à un autre moment / autrement que soi-même. En d'autres termes ces albums - purs manifestes d'art total, ce que d'aucuns appelleraient aussi un « gros fuck » - me sont chers pour de multiples raisons n'ayant pas trait qu'au génie de composition, ni qu'à l'avant-gardisme de leur bestialité intellectualisée, ni qu'à l'intransigeance autistico-artistique d'Ihsahn qui aura su, par icelle, se préserver des éclaboussures des événements. Non, ces disques (plaisir que d'utiliser ce mot) me sont précieux parce qu'ils sont tombés dans ma vie au bon moment, trouvant en moi un réceptacle à cette musique classique d'un nouveau millénaire ou plutôt d'un inframonde insoupçonné. Towards The Pantheon, With Strenght I Burn, Thus Spake The Nightspirit, Inno A Satana, Ye Entrancemperium, Ensorcelled By Khaos... seront émulés pour toujours car la bannière sinistre et puissante que ces pièces convoquent rallie, générations après générations, de nouveaux sujets avides de bruit et de fureur, de sturm et de drang (aspect qui ne pouvait qu'être saisi, et rejaillir puissamment, dans la scène française via Forbidden Site et consorts).

Dyonisos est largué, Apollon azimuté, c'est le mestre des bestes qui mène la charge, sans compassion, sans mercy. Coulé dans son élégant chaos, le black metal sophistiqué qu'Emperor extirpait d'une poigne grêle et adolescente des tréfonds de sa Norvège rurale échappe aux principes admis de l'esthétique ; il demeure une étonnante assertion sonore où le lyrisme le dispute au féroce.


In The Nightside Eclipse and its follow-up Anthems To The Welkin At Dusk (not counting the Reverence EP, which is also a great release adorned with a grandiose version of Emperor's then-biggest "hit") are so dear to my heart. This body of work is not only a relentless manifesto of sophisticated black metal art, it is, to put it simply, the grimmest primal scream ever uttured from Norway's modern youthness as well as a valid art form derided and despised by many, adored by few. Long gone are the turmoils of the past, burning churches and thoughtless murders, as if black metal's decaying corpse begins, at long last, to let its iridescent soul to be seen.


...et toujours :

dimanche 16 novembre 2014

Antilife

Difficile de ne pas voir, dans la mort du jeune Selim Lemouchi, une conclusion parallèle à celle choisie par Jon Nödtveidt... Car quoi qu’inspirant de très grands albums de metal plus ou moins extrême (Reinkaos...), liés dans les ténèbres par l'adoration morbide d'un bien mystérieux culte rappelant plus qu'à son tour les sectes millénaristes, ce « gnosticisme anticosmique »  est percutant dans sa définition et vertigineux dans sa vision. Le grand chaos ; tout en vient et tout y retourne ; ce qui voudrait exister par la chair (trivial véhicule de notre passage) entre ces alpha et omega n'a pas de raison d'être. Voilà en tout cas comment je perçois les fumeuses théories de ce qui n'est pas plus qu'une mystérieuse congrégation, essentiellement numérique, mais peut-être plus puissante que l'on pense. Une vision dérangeante car dérangée de la vie. Arckanum, Disiplin, Dissection, Watain pour les plus connus sont le « sonic commando » de cette obédience noire exerçant une évidente emprise intellectuelle sur ses musiciens-instruments.

Car la libération de la chair, c'est un arrachement définitif qui s'appelle la mort ; l'arrêt dysfonctionnel et terminal d'un système biologique bipède. Certain d'avoir achevé son grand-oeuvre via The Devil's Blood au point de clouer cette bouche de Satan par un communiqué laconique et définitif, envisageant sa mort comme point d'orgue de sa vie, Lemouchi aura eu une trajectoire d'étoile filante à la Jon Nödtveidt (même si celui-ci aura expérimenté la mort de diverses façons) bien regrettable au vu de l'excellence de sa musique. A tout le moins, le metal et plus largement le hard rock occulte - devant autant à Blue Öyster Cult et à Coven qu'à Mercyful Fate ou à Watain - a perdu un héraut de grande valeur ! Il est dommage que The Devil's Blood, une aventure fraternelle rarement vue dans le style, trouve sa fin artistique dans Tabula Rasa, compilation quasi post mortem au goût de fond de tiroir qui succède difficilement à The Time Of No Time Evermore et The Thousandfold Epicenter. A ré-écouter aussi, sa divine intervention sur Waters Of Ain des petits crassoux de Watain... Only Death Is Real, merde, c'était pour déconner ! Il semble qu'une frange de musiciens prennent actuellement l'assertion frostienne bien trop au premier degré.

What a pity... I'm talkin' about Selim Lemouchi's untimely passing here. The man chose to end all things after having completed a short but wondrous body of work through the mortal vehicle known as The Devil's Blood. A very, very gifted musician whose death can't be questioned but only mourned. Maybe some dark claws claimed his soul. Do not judge, lest be judged yourself. I will not know death until my time comes. Fuck it anyway, 'cause I'm half drunk, tryin' to type these lines on a fuckin' smartphone after several shots of Knockando graciously poured down my parched throat by a good friend of mine. This one is for you Selim, for this is the time of no time evermore.

vendredi 8 juillet 2011

Blasé par les jeunes. Gonflé par les vieux.

J'ai beau me forcer ; essayer d'y penser, voire m'auto-diktaturer (« ce soir j'en écris une »), Les Notules ne peuvent être une contrainte - pas plus à lire qu'à rédiger. Difficile d'être enthousiaste actuellement question metal : beaucoup de sorties noyées en une masse indigeste et protéiforme. Comme je regrette les temps bénis où tout était bien rangé à sa place, qui en black metal, qui en thrash, qui en heavy... Pensez donc, j'ai récemment lu une interview ahurissante d'un groupe revendiquant tant le hip hop que Burzum au titre de ses influences (et là, comme Brigitte Bardot, je pousse un cri. Conservateur at heart). Mais quelques éclairs déchirent la nuit, l'illuminant de fort belle façon. Voir notamment le deuxième et récemment paru album de Havok, Time Is Up : du thrash nord-américain exécuté par des sud-américains en colère - ou vice et versa. Mais à part ça... Certes il reste nos vieilles gloires, mais que dire lorsque la première d'entre-elles retombe dans le panneau qui les a rayé de la carte il y a quinze ans ? Je n'ai rien contre Lou Reed, le Velvet ça fait toujours bien d'aimer donc j'aime (voyez ma bonne volonté ; je ne suis pas contrariant), mais putain, voilà que Metalloche et sa perpétuelle crise d'identité nous la rejoue arty.

Eh merde, so fuckin' what. Victime à nouveau de cet étrange syndrome - sinon complexe d'artiste - qui les avait vu céder aux plus ridicules sirènes pour Load (aïe) et Reload (ouille). L'association de Metallica et Lou Reed me fait, putain, ni chaud ni froid, voire m'en touche une sans faire bouger l'autre pour citer un de nos anciens présidents. En fait, je crains qu'elle ne m'emmerde plus encore sur disque que sur papier. On attend, anxieux, la pochette qui sera forcément U2-esque et signée (qui d'autre ?) Anton Corbijn. Si Ulrich et Cie. sont si fans de Gojira, de Satyricon ou de Ghost au point de les mentionner en interview, mais allez-y ! C'est avec eux qu'il faut faire quelque chose nom de dieu ! Mais non : elle est à nouveau là, au premier plan, cette tentation intello qui, si elle n'est pas critiquable en soi, n'a jamais fait bon ménage avec l'essence profonde, bestiale et sauvage de Metallica (d'où l'incommensurable ratage de S&M : le classique, c'est bien et j'en écoute, mais loin, très loin de Metalloche par pitié). Comme E. de Watain, autoproclamé l'un des plus grands metallibashers qui soit, je peux tout leur passer ou presque, mais après un Death Magnetic qui sera, avec un peu de recul, identitié comme leur Painkiller ou Fear Of The Dark (pas qualitativement mais en termes de booster de carrière), ce n'est vraiment pas le moment de se tirer une balle dans le pied. Après le suicide, on attend la rédemption... et pas Lou Reed. Merde alors !

Ok, have you heard something interesting in recent times ? If such the case, please just let me know, 'cause I'm dying to hear something fresh. Ok, I may be exaggeratin' a bit, but truth is I can't find, metally-speaking, anything really exciting those days. Well, whatever... Oh, and have you heard the Big Fucking News ? Metallica is recording with Lou Reed. Dazed and confused, that's what I am. And, not interested in the slightest in the world - that's what I am, too.

...et toujours :
We are death (magnetic)... Fukk you !
Habemus Metal...
Hammer of Justice still crushes you
Read the Lightning
Vingt ans déjà !
SKOM : un divan pour le monstre

vendredi 10 juin 2011

Offenders Of The Faith (In Solitude, Portrait)

Putain. Enfin du bon heavy metal, du vrai, pas du happy meal (pun intended), mais du tout grim et frostbitten, avec des toiles d’araignées dans les coins et des relents de poussière de grimoire entre les cordes. Du bon vieux heavy européen donc, ce qui fera plaisir à tous, car nous venons tous de là… enfin, venions, car il semble qu'aujourd'hui certains p'tits jeunes ratent quelques étapes essentielles, tombant directement de l'arbre : résultat, un ADN incomplet. Pauvres de nous.

J'en reviens à mes croix renversées et à mes hurlements en falsetto : Portrait et In Solitude, suédois affichant une évidente parenté avec Mercyful Fate, Diamond Head, Iron Maiden et Judas Priest - voir à ce titre les vocaux du premier In Solitude - ont beau manier l'art des guitares harmonisées comme personne depuis Didier Demajean et Stéphane Dumont, ce sont aussi des groupes qui fraient avec Watain et consort dans l’attitude, dans le son (Necromorbus Studio pour Portrait, production signée Fred Estby pour In Solitude), et sur scène (cf les faux airs de Dead que l'on trouvera parfois à Pelle Ahman. Et ne lui offrez pas de hamster, car pour lui, un hamster, c'est un collier). Un bon bol d’air frais si j'ose dire, venant d’un genre pourtant archi-rebattu.

Achetez les versions vinyles, allumez un cierge aux quatre coins de votre chambre, et répétez avec moi : thou whom they call the desolate one / Thy face we need not see, for thy presence is yet so clear... Écoutez-Le, Lui et Sa parole : Portrait et In Solitude sont Ses nouveaux prophètes.

The World. The Flesh. The Devil (In Solitude, 2011) et Crimen Laesae Majestatis Divinae (Portrait, 2011) sont actuellement disponibles chez Metal Blade.

You know what's so great about fookin' 'eavy metal ? Well, like Jesus, or motherfuckin' Rasputin, you can't kill it. You're sure to be done with it, you swore to the Ancient Ones that you'll never hear again a single Rhapsody track in your life, and whoops !, next thing you know, here you are, sitting on your bed with Portrait and In Solitude's last LPs in front of you, reading goofy lyrics while listening to the arcanic heavy metal storm raging from your stereo. Gosh, I feel like I'm fifteen again. As sure as Rhapsody is shit, Portrait and In Solitude ist krieg, so worship and obey.

Le Myspace de In Solitude.
Le site et le Myspace de Portrait.

mercredi 22 décembre 2010

Stade terminal pour 2010

Qu’on le veuille ou non le metal, musique populaire au sens premier du terme, est fortement marqué par, sinon teinté de christianisme – un fait avéré à chaque Noël. Il suffit de constater année après année les conneries d’initiatives genre « Rob Halford Chante Le Père Noël » (cette année je crois que c’est Udo qui s’y colle), ou de remarquer dans les bacs le énième album du Trans-Siberian Orchestra concurrençant Jack Lantier sur ses terres. J’avais moi-même pensé à mettre à l’occasion de chaque dimanche de l’Avent une notule anecdotique relative à cette célébration – en commençant par cette interview nostalgique du Priest narrant comment le groupe, dans ses débuts fauchés, avait arrêté son tour-bus minable en pleine autoroute pour aller couper un sapin aperçu derrière la bande d’arrêt d’urgence, tout miteux et grisé par les dépôts de gaz d’échappement. Cet arbre une fois décoré – on ne sait comment - avait permis aux musiciens de se réchauffer un peu le cœur (toujours utile, à la veille de conquérir le monde). Mais bref, je n’ai pas eu le temps de faire ces quatre articles et on se contentera donc d’un petit récapitulatif d’une autrement triste année (Dio, Steele, Palomäki…).

Artistiquement et selon votre serviteur 2010 a été écrasé par deux albums ayant explosé à vue toute concurrence. Triptykon d’abord ; Eparistera Daimones couronnant un come back (Tom G. Fischer) comme on en a peu vu depuis celui de De Gaulle en cinquante-huit. Plus que la survivance d’un Celtic Frost, Tritptykon est avant tout la troisième incarnation de Hellhammer et le capitaine de ce corbillard sonique prouve que tout le pouvoir créateur de ses précédents groupes lui appartenait – à lui seul. En revanche je suis beaucoup plus circonspect sur l’EP « de compagnonnage » paru récemment et espère que cela ne deviendra pas un gimmick commercial puisqu’une telle sortie était déjà prévue pour compléter (sic) Monotheist. La seconde sortie de l’année, c’est bien sûr l’extraordinaire Lawless Darkness de Watain, où comment ouvrager un black metal hautement esthétisant sans lui concéder cette odeur d’humus de cimetière, ni la laideur contrefaite originale de cette musique – un paradoxe donc comme l’est tout grand album de black metal. Et quelle violence mes aïeux ! Violence dont la bonne production n’est pas la seule responsable (cache-misère trop fréquent), non, ce sont bien les compositions qui « élèvent » Watain à ce nouveau degré d’extrémisme.

Voilà pour 2010 – vous noterez l’implémentation sur cette nouvelle formule d’un lecteur de musique qui devrait, à l’heure où j’écris, fonctionner un peu mieux que l’estomac de Bret Michaels.

Wow, is 2010 already gone ? Almost it seems – and what a short year it was, wasn’t it ? It was also a sad one, punctuated by multiple “departures from the mortal”, as Marduk would put it. Ah, let’s get away with it – spirit of the dead outlives memories of the mortal. Artistically speaking 2010 will be remembered, that’s for sure, as Triptykon and Watain both have released critically acclaimed, astonishing works of fury and hell in Eparistera Daimones and Lawless Darkness : occult and heavy as fuck will be my last comment on these. Ya have to read French for more ! Bye bye, so long.

samedi 19 juin 2010

Watain, what else ?


Sworn to the Dark avait fait son effet en 2007 : la sainte-trinité cradoque et peinturlurée d'Uppsala, outre un don certain pour les travaux pratiques (voir l'attirail scénique), avait su policer son metal noir via une profondeur mélodique inédite et l'éloignant, c'est vrai, des cryptes et autres transis parfois monodimensionnels du black metal. Et malgré le fracas des chroniques positives, le consensus n'était pas au rendez-vous. Principal reproche (que je ne partage pas) : un côté Dissection trop prononcé. Et c'est vrai que Watain était alors, comme la femme de Cassavetes, sous influence : difficile de ne pas voir son metal teinté par le négativisme de Jon Nödtveidt lorsque l'on a ouvert pour la tournée Reinkaos et que l'on a, dans le cas de E, tenu la basse et réalisé des artworks pour Dissection.

Arrive Lawless Darkness, et quelle tarte tatin avec lui ! Fin dans sa brutalité, chaotique mais compréhensible, glacial tout en exhalant cette poussière cryptique garantie par le Necromorbus Studio, cet album est à mon avis le vrai tournant de leur carrière. Où se loge sa magie ? Dans cette mélopée constante et bruitiste, contrastée par ses accents heavy metal ? Dans le sempiternel de ses fondations rythmiques, artifice classique du style, agrémentées d'un riffing acéré comme jamais et décliné en de longs mouvements ? De Reaping Death, tuerie norvégienne commise par ces suédois et agrémentée d'un solo slayerien, à Total Death, berceuse dont on doit la prose primesautière à Helmkamp (Angelcorpse), en passant par l'égotique Wolves Curse, Lawless Darkness fait en tout cas ce qu'on lui demande : il ravage l'auditeur comme la syphilis ravageait la peau des femmes d'Henry VIII. Reste à mentionner la dernière piste (j'omets la reprise de Death SS qui jure avec le reste) : Waters of Ain et son ambiance « océan de mercure extraterrestre », distillant une furie peu à peu entamée par l'Entropie dont nous parle Watain depuis son premier album. Ou quinze minutes d'une habile montée en puissance, ponctuée par Carl McCoy de Fields of the Nephilim. On atteint le Beau sans le vouloir, paraît-il : Waters of Ain est le fermoir idéal de l'œuvre - peut-être pas un nouvel Inno A Satana, mais celui de Watain, c'est certain ! J'hésite à émettre un reproche qui concernerait la longueur de l'album, car Lawless Darkness a besoin de prendre son temps pour étendre ses ailes noires et décharnées. Est-il utile de rappeler qu'il s'écoute, comme tout grand album de black metal, au casque et loin du monde ?

Je ne vois pas par quelle magie noire les suédois pourraient pousser cette formule plus loin : Lawless Darkness est l'alpha et l'omega du black metal, en 2010 et pour quelques années à venir. Il faudra faire autre chose, et Watain est assez intelligent pour l'avoir compris au moment où il gravait ce requiem dans la granit du Necromorbus. La couronne de meilleur album black metal de l'année vient d'être ravie (presque) sans effort au nez et à la barbe d'Arckanum, que j'avais pourtant adoubé dans une notule dithyrambique. Enfin, et qualité non négligeable du groupe, Watain a le don comique de faire sortir du bois, à chaque sortie, tous les trous du kulte numériques de France et de Navarre : les forums des « gens qui savent » sont, actuellement, un délice à parcourir.

Sworn to the Dark did sell well, but the Watain guys stand by their old wardrobes and did not change anything as far as their appearance is concerned. Meaning, they still attach dead fuckin’ rats around their skinny necks. Rad, isn’t it ? Fuck, I want one, too. Music-wise, this is a whole other story, and I’m not sure I want to tell it here. Yeah, I’m afraid you’ll have to buy it. What I can say though, ‘cause I hear you insisting on here, is that Watain lost its Dissection-coloured edge characterizing the last album. More accurately, Watain did trade it for its own blades, rediscovering and, well, refining its identity along the way. Sure, they're not dwelling anymore underneath the underground. Sure, this is a bit more harmless, a bit less dirty and dusty. But still it reeks of rotten carrion and still it will blow your ass up ! So although more melodic and thrashier, Lawless Darkness is, I really do believe it, an instant classic. Energized with fist-pumping, heavy metal-inspired chorus and riffage, adorned in a stunning (not shitting you) digipack enhanced with over-the-top sinister artwork – not your classic fuckin’ Gustave Doré rip-off -, Lawless Darkness is a monstrous killing machine, ravaging and destroying everything with its melodic yet hyper-violent brand of black metal. As always, do not believe what you can read everywhere on the net – Watain is making it, without faking it. Now fetch all the rats saying otherwise, tie ‘em by their tails, sing Mütiilation’s “Rattenkönig”, and just eat ‘em up. This is my version of our French “La Souris Verte” song.

Lawless Darkness (Season Of Mist, 2010)

01 Death's Cold Dark

02 Malfeitor
03 Reaping Death
04 Four Thrones
05 Wolves Curse
06 Lawless Darkness
07 Total Funeral
08 Hymn to Qayin
09 Kiss of Death
10 Waters of Ain
11 Chains of Death

Le site et le Myspace de Watain.

vendredi 4 septembre 2009

Sous la lune exactement

J'avais quitté Arckanum voici bien longtemps, le dernier album connu de mes sévices étant Kostogher. A la faveur de plusieurs chroniques dithyrambiques, je renoue avec le troll Shamaatae, non sans surprise : ÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞ est un disque terriblement efficace et étonnamment « compact », quand on connait Fran Marder - que je vénère, réécoutez Trulmælder - et Kostogher, deux œuvres quelque peu foutraques (et donc charmantes). Shamaatae me donne l'impression d'avoir « concentré » son art, pour un résultat plus dense et percutant que jamais. Sur l'autel de l'efficacité on a sacrifié cependant un peu de l'atmosphère Nature & Découvertes : plus de bruitages dans la forêt, ni de chouettes et autres hiboux en guest-star (mieux traités chez Arckanum que chez Satyricon), encore moins de violoniste perdue au pied d'un chêne solitaire, mais un bon sang de déluge de vrai black metal, cette bête furieuse et désespérée.

Un black metal, comme toujours, éminemment « nocturne » - les amateurs du musicien me comprendront. Les riffs sont gorgés de feeling, restent cradingues en évitant le côté nécro désormais un peu factice, et savent « thrashouiller » quand il le faut (Shamaatae a découvert le palm muting). Toujours un bon point pour moi, quand ça thrashouille... Autre point en faveur de ÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞ : sa production puissante et massive, lorgnant un peu sur le son tout en contrastes de chaud et de froid à la Necromorbus (on notera d'ailleurs une petite coloration Watain, voire Dissection sur certains passages), et qui finit d'asséner le propos like a fist in the face of... Le masque du troll est tombé : ce qui se cachait derrière est encore plus laid, encore meilleur. Sans hésitation l'album black metal du moment, un gribouillis musical monochrome, craché à la gueule de qui voudra bien l'avaler. J'ouvre grand.

I do love Arckanum’s first works since a long fucking time. In fact, when a teenager, I was especially crazy with Fran Marder, an obscure and obdurate black metal record blessed with a wooden, mysterious atmosphere – fuck, listening to it is like smelling some rotten mushrooms, or eating an old, soaked piece of bark fallen from a gnarly oak. Well, believe it or not, but current release ÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞ is such a motherfuckin’ killer of an album ! Although a bit less atmospheric, ÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞ is a sonic blitzkrieg more sharpened and lethal than ever before – to put it simply, more metal ! Man, Shamaatae even discovered what palm-muting is on that one. Blast it on a boombox on a hot summer afternoon and you’ll see what were Dark Angel meaning with the title of their second album.

ÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞ (Debemur Morti Productions, 2009)

01 Þórhati
02 Þann Svartís
03 Þyrpas Ulfar
04 Þursvitnir
05 Þyrstr
06 Þjóbaugvittr
07 Þjazagaldr
08 Þá Kómu Niflstormum
09 Þrúðkyn
10 Þríandi
11 Þyteitr

Le site et le Myspace d'Arckanum.

mercredi 11 avril 2007

Tempus Fugit - Songs in the Distant : mets des fleurs dans ta tête (de mort)

Après un premier cd-r qui m'avait surtout marqué par sa sublime pochette (Dalí ?) que par son contenu, me voici donc en train de chroniquer la seconde démo - quasi premier album - de ce groupe massivement central. Et le moins que l'on puisse dire est que depuis Tempus Fugit, paru en 2004, et l'adjonction d'une nouvelle et fichtrement douée chanteuse, la progression est vertigineuse tant ce Songs in the Distant est plaisant ! Trêve d'introduction, passons sur la pochette dont l'hermétisme très arty est inversement proportionnel à l'accessibilité de la musique, et entrons dans le vif du sujet.

Si l'atmosphère acidulée, onirico-féérique, chante et déchante un romantisme tantôt sombre, tantôt lumineux, nous ne sommes pas pour autant - loin s'en faut - dans le rose bonbon : il sera dit que la musique de Tempus Fugit, aussi « légère » semble-t-elle, reste tempérée en permanence par l'ombre noire qu'elle projette derrière elle. Et l'on serait surpris par le background passif ou actuel de certains de ses membres ! Mais que ce soit clair : nous sommes loin du genre habituellement traité dans ici, malgré la joie très divisée de Tempus Fugit (habile lecteur, sauras-tu retrouver le groupe minablement dissimulé dans la phrase précédente ?). Rock éthéré et élégant, flirtant avec une pop exhalant une douce amertume, Songs in the Distant égrène en de jolis arpèges ses notes claires et déliées, survolées par une voix évanescente mais pas évaporée. Le timbre rappelle parfois furieusement celui de Dolores O'Riordan des Cranberries (cf Deaf to the Echoes), et l'on peut même supputer, pour adorer cet album, que les passages les plus calmes et mélancoliques de No Need to Argue ont dû en marquer quelques-un(e)s dans la bande. Ce qui fait tout le délice de ce disque, au-delà de ce chant qui m'a totalement séduit, c'est aussi ce cadre électro-soft ouaté dans lequel il s'exprime. Les quelques rares guitares saturées qui interviennent par ci par là restent très feutrées et sont clairement destinées à muscler un peu le tout, sans pour autant apporter une once d'agression (Softly, emprunté à Ad Vacuum avec bonheur) ; elles ne jurent jamais avec l'homogénéité de l'album dont la grande force est de ne pas se perdre en route malgré de longs interludes instrumentaux... ou plutôt sonores.

Blindé de clins d'œils, volontaires ou non, à toute une contre-culture actuelle (jeux vidéos, cinéma, manga...), Tempus Fugit revendique plus ou moins clairement ses multiples influences et j'irais même jusqu'à dire que la ressemblance entre la onzième piste et le thème du moulin de Ocarina of Time ne peut pas être fortuite (à moins que je ne confonde avec l'un des morceaux de l'OST du Voyage de Chihiro) ! De la même façon, j'avais songé à Kenji Kawai avant même de le voir mentionné sur la jaquette : à l'évidence son influence transparaît dans certaines parties vocales pouvant rappeler - toutes proportions gardées - les sublimes polyphonies des OST de Ghost In the Shell. Inutile de mentionner les quelques passages purement atmosphériques, faits de nappes brumeuses et urbaines et tellement typiques des travaux du maître sur Patlabor ou Avalon... Enfin, et bien que n'intéressant généralement personne (c'est déplorable, mais c'est un autre débat), un mot sur les paroles : sympathiques et sans surprise, elles rappellent l'écriture désabusée d'une Anneke Van Giersbergen - dont la période actuelle de son groupe ne doit pas être inconnue à Tempus Fugit. M'enfin, comme le nombre moyen des lecteurs des paroles est à peu près égal à un, en tenant compte de leur auteur, n'insistons pas !

Songs in the Distant est un superbe album (ou demo), joliment produit malgré des moyens qu'on imagine réduits, preuve en est qu'il a passé brillamment le test de l'autoradio pourri (aussi appelé « j'écoute de la musique dans la 405 de Sheol et ça sonne toujours » ou encore « Rammstein perd son mur du con » ). Un cd qui ne demande qu'un peu d'audace à ses potentiels auditeurs : ça fait aussi du bien de se mettre au vert de temps en temps, de troquer les palm-muting effrénés et les 240 à la noire pour se reposer les tympans entre le dernier Watain et le prochain Mayhem ! Extrêmement plaisant, fréquemment enchanteur. Un groupe à soutenir haut et fort en achetant à prix très modique - quatre euros - cette galette. Un acte qui relève presque du militantisme de guerre, à l'époque du téléchargement massif.

Tempus Fugit is a band requiring your attention – more than ever now that Songs in the Distant has been released. French arty darkened pop, with a pinch of heavenly voices as well as some discreet metal incursions ! So rejoice (well, sort of), and enrolled yourself in the lost divisions of happiness. Highlights would be Softly, of the Ad Vacuum fame (what a superb song… I can’t get enough of it), as well as Deaf to the Echoes or the wheedling opener Cut, Paste And Delete Poetry. Fuck, there’s not only Mayhem in life. I don’t think you need to know anything else – you’re disciplined and obeying by now and heartily, blindly following my advices. You know it’s better that way and makes your life worth it all.

Songs in the Distant (autoproduction, 2007)

01 Cut, paste and delete poetry

02 Softly
03 Deaf to the echoes
04 The velvet cell
05 The tumble dryer song
06 When flesh and nails unite (tout n'est pas si noir version)
07 Choose to end here (remix)

Le site et le Myspace de Tempus Fugit.