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vendredi 3 mai 2013

Au sud du paradis / Jeff Hanneman RIP

Bien qu'écoutant déjà du metal depuis quelques petites années à ce moment-là, c'est vraiment avec Divine Intervention (1994) que je suis devenu dingue de Slayer, ce quarteron sinistre et alcoolique, vrai-faux groupe de punk comme tant de combo thrash ou black metal. Divine Intervention le bien-nommé (époque où seuls Biohazard, Machine Head, Dearly Beheaded et Fear Factory étaient épargnés par l'ostracisation américaine - donc toute puissante - du metal) est ce fabuleux premier album post-Lombardo, contempteur de l'american way of life, s'en faisant légiste méticuleux, exhumant la vilaine tête de l'autre Amérique (derrière les naïades californiennes, Kemper, Ramirez, Dahmer...) tout en abandonnant définitivement l'exclusivité satanique.

Son grain ténébreux, presque lo-fi par moment, et son iconographie légendaire (le fan scarifié sur le live concomitant) lui conserve une aura maléfique que peu sauront convoquer par la suite dans le genre thrash. Un des sommets de Slayer, avec bien sûr Decade Of Agression qui reste la meilleure introduction possible au thrash metal (Hell Awaits, ou le meilleur build-up de tous les temps !).

Divine Intervention est signé Jeff Hanneman sur cinq des dix morceaux et bien que semble-t-il mal-aimé aujourd'hui (j'ai du rater un épisode) j'en reste un fervent défenseur... Il faut le réécouter en hommage à Jeff ! Salut l'artiste.

Hey ! Jeff Hanneman is gone, seemingly for a very long time. Despite his tragic demise, extended on three long and painful years, I will remember him as the axe-wielding demon of Slayer's heyday. Not the first in charge (Hi Mr. King), nevertheless second to none !

Le site et le Myspace de Slayer.

...et toujours :
Tontons flingueurs

samedi 19 novembre 2011

Mustaine, c’est comme les grands-parents (faut en profiter tant qu’il est encore là)

Megadeth en roue libre, ça ne date pas d'hier. Megadeth en roue libre, ça reste souvent pas si mal, c’est pas nouveau non plus. Thirteen (pourquoi avoir succombé au kikoolol en le graphiant Th1rt3en ?) est une cartouche de plus à la ceinture de Dave, et un skeud de plus dans notre escarcelle. Je me pose parfois cette question ; pourquoi être con au point d’attendre quelque chose de neuf de nos vieilles gloires ? Faire partie du mythique carré d’as ciseleur du thrash tel que la planète le connaît est plus qu'honorable, et si Mustaine veut passer ses vieux jours à faire une redite de ce qu’il sait faire de mieux… pourquoi pas. Ca me va. Après tout, World Painted Blood n’est pas seulement l’album le plus brutal de Slayer, c’est aussi le meilleur (pour m'écrire, c'est à droite). Mais reprenons.

Attendu que le principal suspect n’a plus l’âge de composer un Peace Sells... Attendu que le principal suspect se drogue maintenant à la tisane. Et attendu que le principal suspect a trouvé dieu (amen), Thirteen est, très simplement, tout à fait honorable – c’est mon humble avis. Puis aujourd’hui, t’es même plus obligé d’acheter l’album, non ? Je déconne. Mais enfin, de qui se fout-on lorsqu'on tombe sur ces complaisantes chroniques fleurissant ici et là sur le mode geignard et blasé ? Mustaine mérite un respect absolu et sa production récente, après tout, poursuit la ligne directrice qui définit la seconde partie de carrière du groupe – c'est-à-dire l’orientation hard rock / heavy metal mélodique et maidenienne du dyptique Youthanasia / Cryptic Writings (immensément sous-estimé, tellement bien-nommé). Un chemin sans trop de cahots si ce n’est deux nids-de-poules aux trajectoires inverses : le grave accident The World Needs A Hero (« tiens, ce matin j’ai décidé de faire de la merde ») et la sortie de route inspirée The System Has Failed (une rechute stupéfiante si vous me pardonnez le jeu de mots, ou comment, vingt ans après, pondre le jumeau fiévreux du déjà malade Rust In Peace. Dave n’est jamais aussi bien que lorsqu’il est mal). 

Vous l’avez remarqué, cette chronique parle de tout sauf de l’album Th1rt3en, (et pas plus de son line-up, seule remarque notable, Junior est de retour), et c’est bien normal puisqu’il n’y a rien à en dire : c’est un Megadeth Mark II honnête, un point c’est tout, un point c’est marre. Comme une belle femme un peu vulgaire, il a tout ce qui faut, opportunément et exactement là où il faut (pour les nostalgiques y’a même un morceau construit sur la mythique succession d’accords en ré mineur de Ktulu et Hangar 18 : Public Enemy No. 1, et une ligne de chant piquée à The Thing That Should Not Be sur Guns, Drugs & Money. On y revient toujours, mais je ne les citerai pas ici). Et puis, arriver à faire rimer jailbreaker et smokin’ guns, seul le gnarl de Mustaine rend ça possible. Et ça, c’est comme un épisode de Joséphine Ange Gardien : c’est magique.

Megadeth is Dave Mustaine and Dave Mustaine is Megadeth, so we don't give a fuck about who's playin' there as long as Dave is pulling (guitar) strings.Thirteen is the bunch's thirteenth album (duh...), which I believe to be a bit stronger than previous effort Endgame. We're in a case of "same old story" here : Megadeth tunes you want, Megadeth tunes you'll get. And I really think it's unfair to blame Megadave about that : the guy perfectly knows what he is good at, and he does it well once again. Not by far the best record he has done, but anyway, good enough for my tastes given what I expect from a Megadeth CD in 2011.

Th1rt3en (Roadrunner, 2011)

01 Sudden Death
02 Public Enemy No. 1
03 Whose Life (Is It Anyways ?)
04 We The People
05 Guns, Drugs & Money
06 Never Dead
07 New World Order
08 Fast Lane
09 Black Swan
10 Wrecker
11 Millenium Of The Blind
12 Deadly Nightshade
13 13

Le site et le Myspace de Megadeth.

...et toujours :

vendredi 27 novembre 2009

Tontons flingueurs

La marque d'un bon album de Slayer ? Son assimilation rapide. La mécanique interne du groupe est particulière et un opus de Slayer remplit son office lorsqu'il n'offre strictement rien de plus, mais surtout rien de moins, que les mêmes sensations ressenties à sa première écoute. World Painted Blood est sorti tout récemment, je ne l'ai pas encore écouté une quinzaine de fois, mais je le connais déjà par cœur. Les intros, les breaks, les enchaînements de riffs, le chant (le phrasé de Tom Araya continue de larguer à des kilomètres bon nombre d'apprentis thrashers)... Tout est déjà gravé en moi. World Painted Blood est cette nouvelle évangile si attendue que certains, dont je n'étais pas, avaient voulu voir en Christ Illusion. Un bon cru d'ailleurs, mais rien de comparable avec ce millésime 2009.

Ultraviolent (ahurissant que quatre types de quasi-cinquante berges s'enferment dans un garage pour en ressortir avec... ça !), compact et aidé par une somme de détails qui finissent par former un tout - la même conclusion abrupte clôturant chaque morceau, notamment -, World Painted Blood ne fait pas dans la dentelle, mais reste « cousu main », un vrai bon produit artistique et artisanal, qui recèle néanmoins son lot de petites surprises. On appréciera notamment Americon, pamphlet acéré signé King - on ignorait les velléités humanistes et anti-impérialistes du sieur, bien cachées jusqu'ici. Inutile de parler plus avant de la musique puisque cela n'a finalement, dans le cadre d'une chronique concernant Slayer, aucun intérêt. On se bornera à signaler, une fois de plus, l'étrange et sous-estimé talent parolier du groupe : Psychopathy Red, par exemple, met dans le mille avec sa description clinique et quasi-naturaliste de l'esprit malade d'Andrei Chikatilo. Deux ou trois phrases suffisent pour atteindre le cœur des ténèbres, et ça, personne ne le fait mieux que Slayer.

World Painted Blood est la quintessence du thrash, style dont Slayer est l'ultime skeleton crew - ou plus petite unité nécessaire au genre pour qu'il continue d'exister glorieusement. Sans bousculer mon tiercé gagnant (Seasons In The Abyss, South of Heaven et Divine Intervention, merveille mésestimée des cochons qui ne savent goûter la confiture), cet album mérite l'achat les yeux fermés. Ou crevés.

You know what ? World Painted Blood’s biggest achievement is its immediacy – like a jab thrown at you by a hydraulically-powered Mike Tyson. And like the mark on your swollen face, Slayer’s last record really puts its hook on you (which is particularly fitting given today’s subject). How sweet, really. Speaking of violence, World Painted Blood is the strongest blitzkrieg to have been released by the band since Reign In Blood (no kidding) : this is pure sonic extremism the American way… So do yourself a non-sexual favour for once, make your day : listen to it. Why not start with Psychopathy Red, an account of Andrei Chikatilo’s dirty deeds ? Man, the fucker may be the grimmest bastard ever shitted by mother Russia which is, when you think about it, quite something to say. Ok, I’m straying away from our subject. The bottom line : get ahold of it whatever it costs you – or your neighbourhood. You’ll thank me later, young unworthy fart.


World Painted Blood (American Recordings, 2009)

01 World Painted Blood
02 Unit 731
03 Snuff
04 Beauty Through Order
05 Hate Worldwide
06 Public Display of Dismemberment
07 Human Strain
08 Americon
09 Psychopathy Red
10 Playing With Dolls
11 Not of This God

Le site et le Myspace de Slayer.

vendredi 18 septembre 2009

Cross The Threshold : brutal et générationnel

Il y a quelques bonnes années, j'étais encore lycéen, prêt à passer, les mains bien au fond des poches, mon bac. Lorsque j'en aurai besoin, un peu plus tard, pour amortir la chute classique de l'étudiant, elles y seraient toujours - on apprend dans la douleur. A cette époque où j'arborais en sport (quand j'y allais... honnie EPS) des Nike Air sur lesquelles j'avais tagué « SLAYER » au marqueur et en caractères runiques, j'étais notamment dingue de Loudblast, que je préférais alors mille fois aux barbares cradingues de Massacra (dont j'appris à aimer la furor teutonicus plus tard). Et je vénérais plus spécialement le mini Cross The Threshold, que je tiens encore aujourd'hui, et de loin, pour la meilleure sortie death metal française que je connaisse. Et encore, parler de death metal me paraît être une limitation mesquine : comme tous les groupes de ce courant formés jusqu'au milieu des années quatre-vingt, Loudblast a commencé par jouer du thrash, a donc toujours travaillé la mélodie, et bénéficie de cette voix particulière, qui finira par tirer sur le hardcore (au secours) quelques années plus tard - avant de tenter un retour au bercail.

L'énergie du désespoir de Malignant Growth, en phase avec ses paroles, le vicelard titre éponyme et son fameux « become an animal again », la puissante mélancolie métallique de No Tears To Share, et cette excellente reprise de Slayer (Mandatory Suicide) justifient à eux seuls l'acquisition de cette pièce-maitresse de l'artillerie lourde française. Est-il seulement besoin de mentionner la pochette de Bolek Budzyn ? Bref, ce mini, c'était un concentré hyper-vitaminé, un « précipité » du précédent album (Sublime Dementia), plus minéral, débarrassé de ses scories, et doté d'un son plein, plus ample - en tout cas bien meilleur que celui obtenu aux incontournables Morrisound Studio pour les deux disques précédents. Un maverick haut de gamme dont la portée fut, malheureusement, très réduite - puisque français. Fût-t-il sorti aux USA, chez Earache, que ce chef-d'œuvre aurait pul-vé-ri-sé la scène death metal mondiale. Tout simplement. Loudblast n'a jamais retrouvé un tel niveau, malmené par ce miroir aux alouettes de la fin des 90's qui verra tant de groupes tenter de piteuses et (in)opportunes percées commerciales par d'autres voies que les leurs propres - merci Korn, merci Slipknot, mais n'est pas Machine Head qui veut. C'est secondaire : un jour, d'une façon ou d'une autre, ce court album sera redécouvert hors de (et dans ?) nos frontières.

Behold, all ye unworthy souls dwelling on the face of the planet without ever having heard the mighty Loudblast. It’s 2009 and every metalhead knows by now that French metal is a special branch in our family tree (yup, I agree it wasn’t always the case). So you’re thinking Gojira, Glorior Belli, Vorkreist, Deathspell Omega, criminally underrated Sup, and whatever the fuck you want, and you’re oh-so right. But French metal was a force to be reckoned with since a way more longer time – Massacra, Agressor, Nomed and Loudblast being the finest (or the grossest) in their domain ranging, depending on the records, from thrash to death to heavy (I mean really heavy) metal. I hereby do solemnly urge you to listen to this state-of-the-art metal piece named Cross The Threshold : this is French death fuckin’ metal at its “beast”, complete with pile-driving crunchy rhythm guitars, orgasmic bitches yearning for more dicks in their asses, and topped off with a great Slayer cover. I highly recommend No Tears To Share, a song summing up everything Loudblast was ever about – gaze at Bolek Budzyn’s strong artwork while listening to it ! Alas, the rage to overcome (and Chuck Schuldiner’s token of appreciation) sometimes isn’t enough to take over the world and Loudblast only rules in France which is, thinking about it, better than to serve in the USA (I’m referring here to their Morrisound period). Now repeat after me : “bleu”, “blanc”, “rouge”.

mercredi 20 mai 2009

Un passé qui ne passe pas

Signe des temps pas fameux ? Avatar du phénomène gloubiboulga appliqué au metal, pourtant déjà assez régressif pour ne pas en rajouter une louche ? Ou triste constat symptomatique d'une vérité : la scène serait si chiante en ce moment, qu'entre deux productions formatées chez Andy Schnaps et trois pochettes photoshoppées montrant un putain de marmot sous un ciel apocalyptique (This Godless Endeavour aura fait quelques émules), rien ne serait meilleur que de se réfugier dans ce que l'on sait être toujours aussi bon - et je ne parle pas de votre copine ? Toujours est-il que la dernière mode est à l'exécution intégrale de Ton Album Culte sur scène. Après Slayer et Reign In Blood, Metallica et Master Of Puppets, Mötley Crüe et Dr. Feelgood, et quelques autres que j'oublie, c'est Aerosmith, Judas Priest et Forbidden qui « menacent » de jouer intégralement et respectivement Toys in the Attic, British Steel et le grand Twisted Into Form pendant leurs prochaines tournées. Quant à Testament, c'est par le biais d'un sondage que leurs légions d'héritiers (réfléchissez, ce n'est pas dur) sont appelés à entériner une setlist exhumée de The Legacy et The New Order.

Pas bien convaincu par ce genre d'initiatives, un peu du même tonneau que cette pénible mode qui voit de vieilles gloires ré-enregistrer leurs vieux tubes (chez Andy Schnaps)... En sus d'être un concept assez réducteur et limité, ça laisse perplexe sur l'état actuel - notamment économique - du metal et de ses amateurs bien sûr. Le message n'est pas des meilleurs non plus pour les artistes qui peuvent apparaître comme figés dans une époque et dépendant d'un public purement générationnel... alors que le metal est sensé être l'exact contraire du conservatisme. Personnellement j'échange largement un Angel of Death contre un Flesh Storm. Quoi qu'il en soit, Ton Album Culte joué en entier est certes un bon filon, mais finalement, si peu flatteur. Bien sûr, je me dédierai sans sourciller quand Guns tournera à cinq pour jouer tout Appetite For Destruction, mais ça me paraît peu probable, je soupçonne Steven d'être mort depuis quelques temps - simplement mû par quelque nécromancie le temps de ces occasionnelles téléréalités dans lesquelles il s'exhibe.

It’s a shame, but it seems the latest trend is seeing all our "vieilles gloires" of yore touring in its entirety their cult album. Talkin' 'bout the cash machine... Take Slayer, for example. Ok, I like Reign In Blood as much as you but I won’t mind them playing fuckin’ World Painted Blood from alpha to omega, ‘cause World Painted Blood is the decade’s utmost destructive thrasher coming from this side of the Atlantic (which is the left side for me, remember ? I eat bread every day). Alas, metal these days is plagued with conservatism – thinking of it, another common point with ol’ good Sheol.

samedi 7 février 2009

« I thought what I'd do was, I'd listen to more early nineties death metal »

J'ai souvent la nostalgie du « DDD metal » des deux premiers tiers des années quatre-vingt-dix - D au cube pour dark, doom et death. Beaucoup de cadors synthétisaient alors ces trois aspects en un maelström musical à l'identité fortement européenne ; que ce soit au nord, en partant d'ici, au sud du paradis (le particularisme régional de la scène grecque, aujourd'hui quelque peu retombée dans un anonymat reflétant son nouveau conformisme), ou, bien sûr, au pays de la pluie - est-ce utile de mentionner la Sainte-Trinité du Bureau des Pleurs, dont les premières sorties étaient autant d'albums-mausolées dédiés au romantisme tragique d'un death metal en quête d'horizons plus littéraires, moins « clichés » ? Alors quand un album du calibre de The Chalice of Ages (Deathevokation) me tombe dessus, telle la misère sur le triste, je ne peux que me réjouir de la découverte et tenter de lui faire une modeste publicité.

Confinant à l'exercice de style, The Chalice... respecte tous les préceptes poussiéreux de la scène précédemment évoquée - pour moi son point fort, pour d'autres, sa limite assurément. Le but premier du fondateur monomaniaque Götz Vogelsang est de se faire plaisir en composant d'austères hymnes funéraires faits de riffs pachydermiques et doomesques, traversés par quelques accélérations slayeriennes passées au filtre Unleashed / Entombed - pour ne pas dire Nihilist / Grotesque. Tout y est : des titres contenant plein de mots rigolos du genre rites, acherontic, desecration, epitaph, chunk, carrion (dont les potentiels agencements fleurent immanquablement les relents putrides du Père-Lachaise), un son gras « metal zoné », un timbre rocailleux au croisement des deux normes qu'étaient les vokills anglais et suédois... Deathevokation (nom à prendre au pied de la lettre, et probable clin d'œil à une démo de Dismember) n'oublie donc pas que faire du bon death metal, c'est avant tout savoir écrire de sombres mélodies - on pensera ici aux premiers Amorphis, sinon Abhorrence (on subodore l'énorme impact qu'ont du avoir Karelian Isthmus et Privilege of Evil sur le bougre), Sentenced, Pentacle, Asphyx et autres premières démos de The Gathering...

L'antidote à la crise / bérézina / hérésie dite deathcore en quelque sorte. Car Deathevokation, comme les Grands Anciens dont il prétend perpétuer le culte vivace mais confidentiel (reprendre du Antropomorphia sur son premier album, c'est un peu comme si un groupe de black français honorait aujourd'hui un titre de Malveliance), prône l'exact contraire de cette nouvelle scène - la suprématie du feeling sur la technique, et préfère le discours du riff mélodique mid-tempo au ratatinage imbécile et supersonique de tympans. Inutile de dire que le résultat, outre la noirceur retrouvée, reste aussi brutal que la déposition d'un T-800 dans un commissariat. A voir, en lien, le site Internet de la bande, reprenant l'esthétique monochrome des fanzines d'époque et parsemé de flyers historiques (celui annonçant la sortie du premier Thou Shalt Suffer vaut des points). Pour les fous, les vrais, l'album est disponible en cassette avec pochette bicolore en trois volets. Amen. The Chalice of Ages, par Deathevokation, est une véritable dévolution - pour ne pas dire devilution.

I mourn the the old DDD metal of yore – ya know, dark-doom-death à la Sentenced, Amorphis or in the good ol’ british way of doing things : early Paradise Lost, Anathema, My Dying Bride… The Chalice of Ages (Deathevokation) is a tribute, as the names of the band and record suggest, to this sinister, yet melodic, haunting scene. Ya got it all : Slayer meets Unleashed meets Abhorrence fucking with Pentacle while being sodomized by early The Gathering. Melodic and heavy as fuck while retaining the original, sick brutality of true death metal ! I just can’t believe some still listen to deathcore (yeah I’m seeing a doctor for my Bad Obsession – he says I’m sick in the head) while you can bathe in such wonderfully-executed Death.Fucking.Metal. ! That’s the way I am - I just can’t resist to songtitles such as Rites of Desecration or Acherontic Epitaph. Even the foulest of names generator wouldn’t find such exciting, juicy combinations ! The Chalice of Ages ? Not a revolution for sure, but indeed, a true devolution. To tell you the truth, if one day the mad people of the Gallic Republic (I’m talking ‘bout France, you fucker) puts me at the head of our already devastated country, The Chalice of Ages would be taught in music classes. And in jails – we need to re-educate musical tastes in jails, don’t we ?

The Chalice of Ages (Xtreem Music, 2007)

01 Rites of Desecration
02 Acherontic Epitaph
03 The Monument
04 Embers of a Dying World
05 The Chalice of Ages
06 Infinity Blights the Flesh
07 Carrion (et non pas Carry On, ça c'est Angra ou Manowar)
08 Chunks of Meat (Antropomorphia cover)
09 As My Soul Gazes Skywards

Le
site et le Myspace de Deathevokation.

lundi 27 octobre 2008

We are death (magnetic)... Fukk you !

L'heure est venue de faire la chronique impossible. Celle de Death Magnetic, qui n'en sera pas une puisque je vais délaisser l'analyse clinique - ce qui arrangera d'ailleurs toutes les parties, on n'est pas là pour réfléchir. Autrement j'aurais chroniqué le SUP. Comment ne pas commencer par ce constat : on a beau en penser ce qu'on veut, verser sa bile ou faire dans son fute en rosissant d'émotion, Metallica, en 2008, ne laisse toujours personne indifférent, et surtout pas ceux que l'on a entendu le plus - vous savez ? Ceux qui ont feint l'indifférence, ces lols-là qui nient en bloc à cent lieues de se douter que les silences et la jalousie ne les guettent plus, ils leur sont déjà tombés dessus depuis un bail.

Commençons donc par emmerder suprêmement les petits croûtons métrosexuels de Deathstars, qui sont à l'indus en carton-pâte ce que le Johnny Walker / coca est au bourbon, c'est-à-dire de la merde. Et qui ont piteusement tenté de récupérer l'actu en chougnant que la typographie du titre et la tonalité de couleurs de Death Magnetic leur auraient été volées - pensez-donc, il y a même un titre qui s'appelle Cyanide. On rappellera donc à Deathstars, dont l'unique titre de gloire est que le frère de Jon Nödveidt en fait partie, qu'ils se masturbaient encore sur la photo de leur cousine quand Jaymz sautait leurs mamans après un concert à Copenhague en 1986. Et pour ceux qui s'en souviennent, on rappellera aussi qu'Ophthalamia, c'était de la merde. On passera tout aussi vite sur l'avis péremptoire et abruti de la horde Averse Sefira, en leur rappelant que non, Death Magnetic ne ressemble pas à ...Justice, et que non, l'album ne recycle pas les riffs de Master. Jouer du black metal rend sourd, se masturber aussi, difficile de prendre sérieusement en compte l'avis de Deathstars (ont-ils piqué le mot death dans Creeping Death ?) et d'Averse Sefira. Et d'abord, on ne joue pas de black metal en Amérique, encore moins au Texas. Non mais. A moins de s'appeler Absu, mais eux c'est pas pareil, ils ont des noms occultes et des pochettes signées Marschall ; ils ont le droit. Et à ma connaissance, personne dans Averse Sefira n'a auditionné pour Slayer.

Bref, impossible d'esquiver le tsunami : la une du Monde (qui s'est fendu d'un article pédagogique sur le thrash, saluons un geste que ne feront jamais, on l'espère, les Inrocks), une chronique sur France Info, quelques TV dont un Taratata voyant Jaymz imiter avec malice Mustaine (simple : pincez-vous le nez et dites une saloperie sur Metallica)... On aura donc pris Death Magnetic en pleine poire. L'album est plutôt très bon, avec quelques classiques instantanés (Broken, Beat & Scarred, morceau le plus heavy de Metallica depuis Sad But True ; The End of the Line ; le slayerien My Apocalypse), mais aussi quelques ratés (The Day That Never Comes, qui n'arrive effectivement jamais, ou encore l'affreux Unforgiven III). Outre sa structure classique (tueries en ouverture, longue power-ballad en quatrième position, instrumental antépénultième bousculé par une méchante boucherie à la fin), Death Magnetic nous rappelle pourquoi nous nous sommes tant aimés : le parfum de ...Justice est bien là, c'est vrai, mais le disque est tout sauf mécanique, peut-être même trop groovy à mon goût - ce qui ruine notamment le potentiel de Cyanide. Lars fait du Lars, Jaymz sait parfaitement comment faire rimer machine avec gasoline et Kirk abuse de sa wah-wah comme Emile Louis d'une jeune COTOREP : pas de surprise, c'est l'obus calibré que la battery se devait de tirer. Death Magnetic a cependant cela de magique qu'il est sincère, ça s'entend et ça se voit sur ses géniteurs. Parait que le bassiste a changé, mais nous parlons de Metallica : on s'en fout.

Death Magnetic n'est pas l'album de la décennie (qui est assez fou pour le penser ?), mais il est signé Metallica, et aucun de ses riffs plombés n'auraient pu être pondu par quelqu'un d'autre qu'Hetfield. We die hard, crache-t-il sur Broken, Beat & Scarred - et c'est vrai que ce sont des putain de durs-à-cuire. Les groupes d'émoi-shit à la In This Moment I Was Dying Beyond The Horizon sévissant actuellement auront crevés la bouche ouverte depuis longtemps que les kids du monde entier continueront d'accrocher les horsemen aux murs de leur chambre. C'est sans espoir : l'apostasie n'existe pas dans cette religion. Les chiens aboient, la planète-caravane passe, et moi, comme Coluche, je-me-marre. 

Just fuckin’ buy fuckin’ Death Magnetic. There’s “Metallica” written all over it, so JUST FUCKIN’ BUY FUCKIN’ DEATH MAGNETIC. And learn French if you want to know more – I’m too tired to explain the unexplainable.

Death Magnetic (Vertigo / Universal, 2008)

01 That Was Just Your Life

02 The End of the Line
03 Broken, Beat & Scarred
04 The Day That Never Comes
05 All Nightmare Long
06 Cyanide
07 The Unforgiven III
08 The Judas Kiss
09 Suicide & Redemption
10 My Apocalypse

Le site et le Myspace de Metallica.


...et toujours :

Habemus Metal...
Hammer of Justice still crushes you
Read the Lightning
Vingt ans déjà !
SKOM : un divan pour le monstre

mardi 10 juin 2008

Hail the Hordes !

Cela fait déjà quatre ans, plus quelques jours, que Quorthon (ici avec Slayer) fut retrouvé mort dans son appartement de Stockholm, même pas quadra mais victime d'un cœur déjà défaillant. Loin de moi l'envie de convoquer une atmosphère endeuillée, mais je dois reconnaître que ça m'a fait quelque chose, comme on dit : ce trois juin 2004 m'a enlevé notamment la perspective, à jamais perdue, de voir un artiste continuer une œuvre qui me parlait naturellement (et peut-être la rehausser après quelques albums, ce n'est pas irrespectueux que de le dire, moins convaincants). Ce que je peux dire, c'est que Quorthon a démontré que l'on pouvait créer à partir de rien : un paradoxal nihilisme inversé qui caractérise également le punk - frère immédiat et évident du black metal. Une guitare, un ampli et trois accords pour une carrière à la fois musicale (Bathory et Quorthon), cosmétique (la définition d'une nouvelle esthétique du chaos musical aux côtés de quelques autres) et séminale (elle fera naître tant de vocations). Quorthon, c'est une vie dédiée à un art, peut-être mineur pour certains, mais majeur pour ceux qui le comprenne et l'aime. Et sans art... l'existence n'est rien.

Rendre hommage à quelqu'un peut s'avérer une tâche ardue, et c'est pourquoi je choisis lâchement de laisser la plume à Fernando Ribeiro de Moonspell. Par l'artifice d'un texte publié sur son blog en avril 2007, soit trois ans après la mort de Quorthon, Ribeiro a en effet su à merveille traduire, par les souvenirs qu'il invoque, l'effervescence de ces années adolescentes où le metal extrême représentait tout (ou presque) pour certains d'entre-nous ! Extraits plus ou moins librement traduits... :

« Les dernières heures du septième jour de juin finissent de s'écouler - ou ce sont déjà les premières du huitième - lorsque ce satané portable émet ce son merdique annonçant la réception d'un message. Inexplicablement naît en moi un pressentiment, la sensation que quelque chose cloche. Le SMS est bref : « Quorthon est mort ». L'expéditeur est une surprise : c'est Duarte, un ami et compagnon de longue date, que la vie s'est chargée d'éloigner mais pas d'effacer. Je le rappelle immédiatement et nous parlons de ce décès et d'autres choses encore, cependant que mon esprit commence un voyage dans le temps de quinze ans.

Les premières heures de cette même nuit, quinze ans plus tôt, finissent de s'écouler. Retentit alors la vieille sonnerie d'un téléphone qui était alors encore actuel. A l'autre bout du fil, Pedro Catarino, premier guitariste de Morbid God (qui a toujours été infoutu de se trouver un pseudo sérieux). Son ton hystérique contraste avec mon incrédulité : la rumeur de ces derniers jours a été confirmée noir sur blanc : sessions d'autographes, dates, lieux et horaires, confirmés par un encart dans Blitz ! Quorthon, donc Bathory, se rend au Portugal pour la promotion du prochain album, Hammerheart. Enthousiasmés, nous plongeons pour de bon dans l'"underground", moi et mes copains : Ares, qui s'appelait encore João Pedro, Nuno Saias, et Toureiro, qui n'avait pas encore acheté la batterie de Baalberith. Nous allons rencontrer notre idole, dont l'annonce de chaque album nous fait passer des mois d'attente impatiente, et pour qui nous sautons la cantine, préférant écouter des cassettes en grillant des clopes. Nous savons que nous n'oublierons jamais ce jour - et il allait changer nos vies à tout jamais.

Six heures du matin du jour dit, toujours quinze ans plus tôt. Je n'ai pas réussi à dormir, et je me dépêche de filer au rendez-vous, engoncé dans un t-shirt Sodom. J'aperçois Jó (Theriomorphic) à l'arrêt de bus, là où se tient aujourd'hui le plus grand centre commercial d'Europe. Nous sommes arrivés très tôt, et toute la bande, endormie et rêveuse, emprunte bus, métro et bateau jusqu'aux rues mythiques d'Almada. Il y a foule au Tubitek (le disquaire qui accueille l'évènement, ndSheol), et l'on aperçoit une haute stature blonde qui se dessine en haut de la rue, à côté de Boss, son père. Mon cœur bat la chamade, nous le hélons répétitivement dans un mauvais anglais. Non loin de lui, le charismatique Miguel Fonseca de Thormentor, que nous admirons. Quorthon est parti manger en sa compagnie, et nous les suivons tandis que certains d'entre-nous repartent chercher les albums que nous avons oublié de prendre pour la session de dédicaces. Et de se cacher derrière nos hot-dogs en buvant timidement quelques bières, heureux et fiers comme Artaban ! Nous arrivons tous en même temps à la session : Zé de Decayed est là, Belathauzer avec son t-shirt des Dead Kennedys, ainsi qu'un connard avec un t-shirt des JO de Barcelone. L'unique exemplaire promotionnel portugais de Hammerheart est à notre portée, et nous échangeons nos impressions et discutons jusqu'à l'heure fatidique du retour chez nous.

J'ai croisé bien des gens que je n'aurais jamais cru rencontrer, et j'ai parlé avec bien des gens avec qui jamais je n'aurais pensé discuter un jour. Je n'ai vu Quorthon qu'à cette occasion. Nous ne nous sommes jamais croisés à nouveau, je n'en ai pas eu l'opportunité. Mais j'ai vécu ce jour de la même façon que je le vivrais aujourd'hui, et ce que nous pensions tous à l'époque est encore valable aujourd'hui, comme une lumière qui ne s'éteindrait pas. Je me suis connecté sur ma boîte mail et j'ai reçu un message d'Ares, auquel j'ai répondu. Nous n'avions plus communiqué depuis peut-être sept ans. J'ai téléphoné à Duarte. J'étais encore il y a deux semaines attablé tranquillement avec Belathauzer à la FNAC. Nous sommes toujours ceux qui pensaient que « nous n'oublierons jamais ce jour », car il a changé nos vies à jamais . Et c'est ce jour-là, d'il y a quinze ans, que nous avons célébré et dont nous nous souviendrons - bien plus que celui de sa mort ».

nota bene 1 : une vidéo tournée au caméscope ce jour-là existe, les connaisseurs y reconnaîtront quelques pointures de la scène lusitanienne - parmi lesquelles Fernando Ribeiro, déjà le même nez, mais pas encore la même coupe.

nota bene 2 : en prime, le chouette 
hommage rendu à Quorthon par Abbath & Associés sur l'indispensable album Between Two Worlds (vous savez, le meilleur Immortal depuis At the Heart of Winter).

Already four years have passed since Quorthon’s death – boy, the man wasn’t even 40. I was genuinely saddened by this unexpected news – the departure of an artist in its own right. His music still speaks to me today, and will for my remaining time. Fernando Ribeiro of the Moonspell fame wrote down some time ago a truly moving tribute about Bathory and the man behind it – above it is, roughly translated from Portuguese by your humble servant. In French, bien sûr.

Le Myspace de Bathory.

...et toujours :

Album ou le repos du guerrier 
Le grand pardon

vendredi 23 mars 2007

Read the Lightning

Il arrive parfois qu'entre mon code pénal et le dernier numéro de Terrorizer, se soit glissé un vrai livre. Un beau, un grand, avec plein d'images déjà coloriées et un peu de texte à lire. Metallica : Mots Pour Mots correspond en tous points à ces critères, quant à savoir s'il satisfait le principal - un nouveau bouquin sur Metalloche est-il réellement intéressant ? - on le saura à la fin de cette petite revue de presse. S'attachant principalement à commenter les textes hetfieldiens, l'objet s'ouvre sur une exergue frappée au coin du bon sens de Lars : « ce qu'il y a de plus génial dans les paroles de James, c'est que même avec le texte sous les yeux, il reste pleins de possibilités ».

Malheureusement, on se rend vite compte que la foultitude de portes ouvertes - toujours beaucoup de vent, derrière une porte ouverte - et le parti pris dithyrambique forcené (je suis mal placé, c'est donc dire !) ont vite raison du fond : ne cherchons pas d'analyse d'aucune sorte ici, et c'est dommage. Tout n'est pas noir cependant dans cette compilation de points de vue et de regards tant internes qu'extérieurs au groupe, mais commençons donc par ce qui fâche... Outre une interprétation ultra scolaire des paroles de James, dépourvue de toute finesse (au sujet de The Frayed Ends of Sanity : « les personnages à l'état mental extrême sont un sujet de choix pour Hetfield parce qu'ils correspondent à la réalité extrême de sa musique. La voix déformée ajoute encore à l'impression de démence »), on reste parfois stupéfait par l'amateurisme journalistique (seul commentaire de ce monument du heavy metal qu'est Orion : « c'est un bon instrumental, avec une ligne de basse toute bizarre au milieu »), voire atterré par l'inanité de la réflexion. Ainsi Enter Sandman, comptine ingénue-géniale symbolisant l'angoisse d'un James se voyant arrivé à l'âge de raison (mon interprétation), voit ses chouettes paroles réduites à la portion congrue : « elles n'auraient pas été déplacées dans Phantom Lord ou No Remorse ». Aïe... Ça fait mal pour le fan qui espérait autre chose : Hetfield est aussi un grand parolier et son travail aurait mérité mieux qu'une analyse lycéenne, convenue et battue en brèche par - c'est dire - n'importe quel hors-série Metallica qui pullulait en kiosque après la sortie du black album. Dommage, car l'essentiel du rédactionnel est justement constitué d'un passage en revue chronologique des morceaux de chaque album... Une méthodologie aussi plate qu'un quartier de Bagdad après un attentat, pour un résultat à l'avenant et donc décevant.

On distribuera tout de même quelques bons points : malgré la traduction infâme handicapant sérieusement la lecture, le court texte commentant l'excellent Through the Never rappelle intelligemment les changements de point de vue narratif adoptés successivement par Hetfield au fil des albums. Pour une fois pointu, le commentaire met aussi l'accent sur la beauté textuelle désacralisée dudit morceau : « notre planète, troisième caillou en partant du soleil... ». Dommage que Through the Never soit honteusement traduit par Dans le Jamais : pincez-moi je rêve, n'importe quel primo-étudiant en anglais aurait suggéré au minimum Au Travers du Néant, ou A Travers le Vide ! Dans le Jamais ? Jamais plus jamais ! Cependant ne soyons pas mesquin : ce bouquin a des qualités, et elles sont même particulièrement visibles puisqu'il est question ici de son iconographie qui représente largement plus de la moitié de l'objet. Les photos superbes, couleurs ou noir et blanc, documentent abondamment Metallica de l'époque No Life ‘till Leather à celle de St Anger. Alors des tonnes de tofs, c'est bien... mais des tofs plus que rares, c'est mieux : lisant à peu près tout ce qui concerne Metallica de près ou de loin depuis 1992, ayant lâché une thune dont je ne veux pas connaître le montant dans ces satanés hors-séries mentionnés plus haut, j'ai été étonné par le nombre de clichés qui m'étaient inconnus ! On retiendra donc, en vrac, que : putain, ce chien fou de Mustaine était impressionnant de flamboyance ; Burton avait beau passer son temps torse poil et en pattes d'eph', on l'aurait bien vu illustrer « la force tranquille » de Tonton en 1981 ; James n'a jamais été plus charismatique qu'à son époque viking du début des 90's (son esprit possède d'ailleurs fréquemment Johan Hegg d'Amon Amarth) ; quant à Lars, c'est clair : malgré un capital de départ plutôt faible, le moins que l'on puisse dire est que le passage des années le bonifie.

Pour en revenir au contenu écrit, quelques idées intéressantes se font parfois jour : la parenté évidente entre Creeping Death et Of Wolf & Man (la mise en musique d'une traque nocturne et silencieuse - celle du loup qui cherche l'homme, celle de l'assassin mandaté pour tuer le fils de Pharaon) ; la complexité d'un Hetfield en mutation perpétuelle, qui attend son cinquième album pour se persuader qu'écrire sur lui pouvait aussi être intéressant... Au rayon des évidences oubliées mais pourtant énormes, le bouquin rappelle que malgré l'hallali déclenché par Nothing Else Matters, le groupe n'aura finalement jamais écrit « sa » ballade sirupeuse, pourtant passage obligé de tous à l'époque - Nothing Else Matters ne parlant pas d'amour contrarié mais simplement de la solitude d'un homme découvrant le prix de la liberté. Intéressant également, le chapitre traitant de ...And Justice For All : ce skeud adulé - au moins par moi - ne trouvera décidément jamais grâce aux yeux du groupe... Un passage qui permet de mesurer l'immense puissance commerciale de Metallica avant même l'album noir : malgré un son jugé d'emblée atroce et indigne d'être présenté au public, la maison de disque ne sourcilla pas : « on fabrique, on distribue : c'est estampillé Metallica, quel que soit le son on sera multiplatine dans quelques jours »Quelques fulgurances s'imposent aussi avec humour, notamment quant à analyser les grandes différences d'écritures entre Metallica, Slayer et Anthrax. L'exemple de Ride the Lightning est bidonnant : si Metallica adopte le point de vue humain en faisant parler un condamné à mort avant son exécution, Anthrax se serait à coup sûr attelé à ciseler un texte social-contestataire aux échos gauchistes (Metallica y viendra presque avec son quatrième opus, et encore). Tandis que Slayer, ben... Slayer se serait fendu, au plus, d'un laconique « grille, connard ! ». Un peu caricatural malgré tout : Slayer n'est pas si monolithique et sa finesse instrumentale et parfois textuelle (Dead Skin Mask) échappe à beaucoup. Mais l'exemple fait sens, comme disent les anglo-saxons, et j'ai ri - c'est bien là le principal !

Un livre qui finalement n'a que peu d'intérêt pour l'amateur occasionnel, mais qui peut revêtir une certaine valeur aux yeux des metallibashers acharnés... ! Encore une fois, j'insiste sur son principal attrait qui est son impressionnante documentation photographique. De quoi passer un bon moment si l'on accepte de passer sur l'indigence de la traduction, ça m'a personnellement fait ressortir mes vieilles cassettes (et notamment réécouter Kill 'em All) et donné l'occasion d'écrire un article qui aura su (j'espère) vous intéresser, chers lecteurs ! On conclura en laissant la parole au principal intéressé :




To begin with, I’m tired of books about Metallica. “Metallica - Nothing Else Matters : The Stories Behind the Biggest Songs” is a new one and is mainly commenting the band’s songs, a risky exercise… The main problem here is that you won’t really learn anything. Hetfield’s lyrics are not the most cryptic ones to decipher, aren’t they ? I don’t need nobody to tell me that James “loves to bring up subjects like mental sickness because it fits metal oh so well”. Fuck, really ? Best is yet to come, as Orion, which is nothing less than a musical monument, is only granted this comment : “a good instrumental with a weird bassline in the middle”. What the fuckin’ fuck ?!? Orion is the milk and honey of humanity !!! Well, to be honest, all is not that bad, and it’s obvious this book has been absolutely slaughtered by a freakish translation. In fact, the movie Lost In Translation could be about it ! There’s a point though where this book is badass : its iconography. Lots (I mean lots) of never-seen-before pics, which was kind of a vexing surprise for a metallibasher such as myself. To sum it up in one word : may be of interest in its original version, to be avoided in its French translation.

Metallica : Mots pour mots de Chris Ingham & Tommy Udo (auteurs) et Cédric Perdereau (« translatage » ). Flammarion, octobre 2004. Titre original : Metallica - Nothing Else Matters : The Stories Behind the Biggest Songs.

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Vingt ans déjà !
SKOM : un divan pour le monstre

jeudi 21 décembre 2006

Auvergne Connection

Cette nouvelle entrée sera dédiée à la chronique de deux albums venant de paraître... Mettons les choses au point tout de suite : elles ne seront peut-être pas des plus aisées à trouver, mais ces deux galettes valent non seulement d'être écoutées, mais aussi et surtout d'être achetées ! Bref, selon la formule consacrée qui clôturait nombre de missives à la glorieuse époque du tape trading... support the real underground ! Prenez la peine de découvrir H.O.P.E et Morphoss.

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H.O.P.E : REASON & DIVINE
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H.O.P.E n'est autre que la concrétisation sonore d'un projet de longue haleine, celui du sieur Alkariis, baroudeur de l'extrême UG français depuis les mid-90's. Entre autres campagnes victorieuses auxquelles il participa, mentionnons seulement la croisade menée sous la bannière (impériale) d'Ancestral, horde black/death qui gagna ses lettres de noblesse aux côtés du proto-CNK et à coups de prestigieux supports (Forest of Souls, Loudblast, Septic Flesh, Your Shapeless Beauty, Avatar, Edge of Sanity sont ceux qui me reviennent à l'esprit). Longuement mûri, Reason & Divine (en référence à l'éternel conflit cartésien) est le premier album de cette entité que l'on aurait tôt fait de réduire à un one-man band, tant Alkariis a su s'entourer des bonnes personnes pour mener à bien ce projet ! Je pense en particulier au paisible ménestrel Guillaume qui a prêté son précieux concours guitaristique à cette œuvre.

Sous influences digérées et non pas régurgitées, Reason & Divine propose un blackened-metal symphonique de haute volée, audacieux et maîtrisé. Certes, les maîtres-à-penser d'Alkariis se rappellent ici et là à notre bon souvenir : on entend parfois l'Empereur hurler sa triste colère sous l'Espérance (My Own Interior Way, qui cache sa noirceur sous sa charpente metallico-synthétique), on distingue ailleurs la silhouette spectrale d'un Yearning, d'un Ulver ou d'un Arcturus au détour d'une mélodie de claviers inspirée (An Ordinary Morning), mais ces différentes balises permettent à l'auditeur d'entrevoir cette lignée de rois immortels desquels H.O.P.E descend. J'utilisais plus haut le terme audacieux et ne le retirerai pas ; l'usage fréquent de vocaux typés Muse ou même Radiohead risque de refroidir les plus étroits d'esprit (dont moi-même, bien évidemment !). Pour autant, ces passages venant contrebalancer les vokills mortuaires d'Athevros (impressionnante prestation, confere Le Château Noir) sont brillamment exécutés, jamais intrusifs, toujours à-propos : ils sont l'une des grandes forces de Reason & Divine. Le dionysiaque et l'apollinien, toujours... On mentionnera aussi quelques dérapages contrôlés dans une electro-coldwave de fort bon aloi : tendez l'oreille et vous distinguerez des traces résiduelles de Covenant ou Haujobb, notamment dans Absinthe...

Bref, le premier effort de H.O.P.E est un grand disque de metal, puissant mais sensible ; noir mais jamais résolument dépressif, rappelant parfois dans l'esprit les travaux récents et « poppisants » (eh oui !) de Samael. Au diable les étiquettes : bien que le squelette de l'affaire demeure fortement ancré dans l'extrême, c'est l'amour de la musique qui parle ici ! Bravo à Alkariis d'avoir eu cette opiniâtreté et d'avoir su mener ce projet à son terme. Certes, les qualités de l'œuvre seront aussi ses défauts pour certains (mieux vaut avoir l'esprit sacrément ouvert pour digérer tout ce qui compose Reason & Divine), mais indéniablement, cette première sortie de Back Stage Records mérite toute votre attention. A l'écoute de H.O.P.E, excellemment interprété et produit (OCYS Studio + mix chez les Crack Ov Dawn), une phrase de Dylan me vient à l'esprit : « Casser les règles ? Je ne casse pas les règles, car il n'y a pas de règles ».

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MORPHOSS : MARCHES FOR THE CONDEMNED
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Brutal thrash, anyone ? J'espère en tout cas que ce programme vous siéra, car il n'y a rien d'autre au menu de ce Marches For The Condemned. Et c'est tant mieux ! Condamné à thrasher, ainsi que sa précédente réalisation le proclamait, Morphoss aime le death, le thrash, et entre les deux son cœur balance tellement... qu'il a décidé de ne pas choisir ! Ce papillon funèbre bourrine à tout-va, tatane comme c'est pas permis, mais avec style, précision et bon goût. Quoique je vais peut-être retirer cette dernière appréciation, n'ayant pas encore parcouru les paroles certainement primesautières de Bestiality...

Très influencée par Slayer à qui elle pique les sempiternels gimmicks (dissonances harmoniques, soli plus torturés qu'une sorcière sous l'Inquisition), la bande ne s'est visiblement pas remise non plus de la scène scandinave de la première moitié des 90's à qui elle emprunte sans vergogne rythmiques ultra-catchy mais aussi, à l'occasion, son côté graveyard voire nécro. Écoutez donc Assassinate qui lorgne sur le Entombed des débuts, ou encore les premières mesures du sus-cité Bestiality qui ruent dans les brancards comme un bon vieux Unleashed de derrière les fagots (à moins que ce ne soit l'inverse, car une erreur semble avoir été commise sur le tracklisting) ! Cependant et à mon humble avis, Morphoss n'est jamais meilleur que lorsqu'il se fait plus heavy et mid-tempo : carnages assurés sur March of the Condemned ou The Trial. Que dire d'autre ? Difficile de chroniquer de façon intéressante un genre archi-balisé ou l'on s'efforce d'être le moins original possible, car là n'est pas le propos et Morphoss, résolument oldschool, ne souhaite surtout pas révolutionner les choses ! Précisons seulement que la prod, puissante et « pleine », souffre peut-être d'un mixage un peu trop proéminent de la voix.

Outre une section rythmique un peu plus jeune que le reste de la bande, aux oreilles que l'on imagine plus volontiers formées avec Slipknot ou Soulfly qu'avec Hellhammer ou Bathory, Morphoss compte aussi dans ses rangs deux guitaristes vétérans du thrash made in 6-3, dont l'affable Gun's « c'est çààààhhh », sodomite de volatiles le jour et adorateur de Kerry King la nuit. Le tableau (de chasse) ne serait pas complet sans le bien bel organe de Fabrice, ex-imprécateur d'Ancestral aussi à l'aise dans les growls d'outre-tombe que dans les vokills venimeux. Pour connaître la machine de guerre en concert, je peux vous assurer que l'implacable rage dégagée par les lascars en live a été capturée sans être matée avec bonheur ! Bref, avec ce genre de forçats les moutons électriques sont bien gardés et le thrash/death demeure ce qu'il doit être : un torrent sonore cataclysmique, comparable à un Styx seulement contenu dans son lit par la compréhension du genre et sa parfaite maîtrise instrumentale. Le verdict de la Cour ne saurait attendre plus longtemps : coupables, et fiers de l'être !

As a Frenchman I support national metal, especially when said metal is of the better kind. Please take a few moments to roam H.O.P.E’s and Morphoss’ Myspaces. Wanna know why ? Well, here we go. H.O.P.E is a one-man-band led by Mr. Alkariis, of the late gallic Ancestral fame, Reason & Divine being for now its first release. Well, to say “one-man-band” is not totally accurate, as able musicians are backing and fleshing Alkariis’ ideas. So what you get here is blackened symphonic extreme metal, taking as much from Muse as from Samael. Scratching your head, uh ? Well, you just gotta click on the Myspace link below ! Ok, after the Dionysian, avant-guardesque darkness displayed by H.O.P.E, let’s be überbrütal with Morphoss. Don’t need to bother ye faithful reader with many superlatives, what you should know about Morphoss can be summarized like this : "brutal and expletive fuckin' thrash". ‘Cause Marches of the Condemned will crush your head without mercy, and you won’t even have the time to say “Slayer”, “Entombed” or “Unleashed” before givin’ up the ghost. Thrashin’ death metal or deathin’ thrash metal, who gives a flyin’ fuck – Morphoss will feast on your miserable soul ! So be a man and check it out, or else Sharon Osbourne will slip into your sweaty couch on some moonless night (and I would be there, making a sextape of this).

H.O.P.E - Reason And Divine (Backstage Productions, 2006)

01 My Own Interior Way
02 Le Château Noir
03 An Ordinary Morning
04 My Second Self
05 Absinthe
06 Racine Mortelle
07 A Light Despair
08 HOPE

Morphoss - Marches For The Condemned (autoproduction, 2006)

01 The Trial
02 Condemned To Thrash
03 Opposition
04 Bestiality
05 Assassinate
06 March Of The Condemned
07 Dark Obscenity
08 The Sentence


Le Myspace de H.O.P.E.
La chronique d'Obsküre, et celle de VS Webzine.


Le site et le Myspace de Morphoss.
La chronique d'Obsküre, et celle des Accros du Metal.

mercredi 7 décembre 2005

Symbyosis - On the Wings of Phoenix

Des albums français rivalisant largement, voire explosant allègrement la production internationale actuelle, ambitieux et culottés comme plus personne ne l'a été depuis SUP, bien produits, virtuoses sans être chiants et alliant qualité et quantité, vous en connaissez beaucoup ? Eh bien On the Wings of Phœnix de Symbyosis est de ceux-ci. Une épopée sci-fi blindée d'humanité, de sentiments, conceptualisée magistralement par ses deux géniteurs principaux que sont Corrosive Bob et Franck Kobolt. Le but de cette note n'est pas de faire une grosse critique indigeste et scolaire, mais plutôt de saluer cette œuvre-fleuve comme il se doit : c'est à dire en en parlant, tout simplement...

Musicalement, les deux CD sont un pur bonheur : du thrash-death technique ne versant pas dans la démonstration mais qui fait la part belle aux émotions. C'est puissant, la personnalité des compositions est très affirmée, les riffs sont rock solid, brutaux mais mélodiques, toujours carrés de chez carré. La voix se devait de rendre justice à cette boucherie, là encore le maître-mot en la matière est : efficacité maximale ! Une subtile touche symphonique apporte un cachet supplémentaire à l'ensemble en parvenant à éviter les clichés inhérents à cette formule casse-gueule. Visiblement signé par des gars n'ayant plus vingt ans (et tant pis pour l'élégance, nous ne parlons pas de demoiselles), On the Wings of Phœnix arrache vraiment. Pourquoi cette suspicion taquine quant à l'âge des musiciens ? Tout simplement parce que les influences, très perceptibles, jamais nuisibles, sont tellement digérées, assimilées, intégrées qu'un tel travail de composition ne peut pas être le fruit de musiciens ayant découvert Slayer il y a quatre, ni même dix ans. Non, on a clairement affaire à des vétérans décomplexés qui ont mis toutes leurs tripes dans un album qui se veut aussi, c'est flagrant, un véritable hommage à notre style chéri.

A ce titre, le second CD est génial ! Oserais-je l'avouer, bien qu'il ne se veuille qu'un addendum, c'est peut-être celui que je préfère... pour l'instant. Car à sa décharge, OTWOP ne s'apprivoise pas en une ni même deux écoutes. Outre quelques compos supplémentaires (belle ré-actualisation de certains « vieux » titres), on y trouve des reprises aussi personnelles que réussies (et pas forcément évidentes - reprendre The Loneliness of the Long Distance Runner est une gageure autrement plus intéressante que d'entendre une énième version de The Trooper). A signaler la présence d'un hommage à Napalm Death, très efficace, répondant au doux nom de When Napalm Fits to Skin. La bande à Shane Embury peut se sentir flattée à juste titre. Notons également l'irruption bien pensée du thème d'Amicalement Vôtre sur ce CD bonus ! Fugace et vraiment plaisant. Les deux galettes sont dopées à l'EPO en terme d'idées de production (un peu sèche en revanche) : personnellement je suis un grand fan des effets de voix (vocoder et autres) qui rappellent ici Air ou Daft Punk (oui), là le grand Pestilence, et encore ailleurs Cynic... Il est du reste évident que la scène technodeath américaine - vieille de quinze ans mais toujours à l'avant-garde, quel paradoxe - a beaucoup marqué Kobolt, le principal compositeur : flagrant dans les passages plus ambiancés et les soli « spatiaux » propres au style.


Outre la musique qu'il contient, On the Wings of Phœnix est aussi un des plus beaux objets metal qu'il m'ait été donné de voir depuis longtemps : l'illustration de couv' est magnifique et les deux livrets sont sublimes... Se voulant un complément indispensable à l'histoire déroulée par la musique, ces œuvres sont nourries à diverses sources que l'on identifiera... ou pas (mention spéciale au commando robotique frappé du nombre 777). Pour attiser la curiosité, je ne peux que relever, sans en dire plus, le beau clin d'œil adressé à St Seiya. La classe. Bon, n'en jetez plus, la coupe est pleine : le fait est que Symbyosis vient de réaliser un album somptueux que l'on a envie d'aimer et de soutenir inconditionnellement ! Faut pas oublier qu'on est en France, pays peu propice au metal et mal servi par une presse spécialisée longtemps honteuse (à tort) de sa propre scène... L'exemple le plus douloureux restant Massacra, Sodom français réduit à faire un ersatz de carrière outre-Rhin plutôt qu'ici - nul n'est prophète en son pays (en revanche il est de bon ton de les citer aujourd'hui...). A ce propos, désolant de constater que le dernier Hard n' Heavy n'ait accordé qu'une petite chronique vite torchée à ...Phœnix . On n'est pas obligé d'adhérer, on peut ne pas aimer... mais bordel un peu plus de soutien (une interview ou un article évoquant la gestation difficile du projet) aurait été mérité... Au lieu de ça on adoube une énième fois les pénibles SOAD sur dix pages.

Bravo Symbyosis, j'attends la suite avec impatience. Bilan très, très positif, grand album doublé d'un second disque remarquable, travail graphique fabuleux et ambition « force tranquille » jamais arrogante. On oubliera l'anglais pas toujours au top pour retenir l'essentiel : On the Wings of Phœnix est une œuvre d'art au sens premier du terme qui mérite toute l'attention du public metal. Ne pas graver, ne pas copier : à acheter pour le groupe... et pour ne pas se priver de la magnificence du packaging.

nota bene : comme un écho à la note précédente, je viens de remarquer que cet album est dédié à Schuldiner et à Darrell...

Man, last time I saw such an ambitious record as On the Wings of Phoenix was a very long time ago. Packed with a naive high adventures, moving sci-fi concept, I cannot decently ignore that massive (and French !) release. What you’ll find here is your typical techno-thrashin’-hard hittin’-death metal, flawlessly executed by slayeresque barbarians on the top of their game. For all of you symphonic-stuff lovers, OTWOP adds an orchestral edge to its relentless brutality. Don’t miss the second CD (yeah, that monster comes in two fucking parts) : it contains enjoyable covers such as The Loneliness of the Long Distance Runner as well as a tribute to Napalm Death – a good one, that is. And by the way, you do remember The Persuaders’ main theme, right ? So give OTWOP a try – you'll thank me later. Let me add a word about the packaging : fuckin' brilliant piece of art ! CGI magnificence (for once !) bursts within each artwork, referencing today’s pop-n-geek culture – I’m thinking of Saint Seya right now. For sure these metal froggies know the name of the game ! Do not download, or the boogie man will come to rip the fuck out your nuts at night.

On The Wings Of Phoenix (Hidden Association, 2005)

CD1 - On The Wings Of Phoenix
01 The Arrival
02 Truth
03 The Venom
04 Dilemma
05 Seizure of Power
06 War Phenomenon
07 Cupidity
08 Famine
09 Disease
10 Death Apogee
11 Peace

CD2 - Phoenix Ashes
01 Crusades Part IV
02 Crusades Part V
03 Crusades Part VI
04 Life
05 Dreamchild
06 The Loneliness of the Long Distance Runner
07 Read Between the Lies
08 Trail of Tears
09 Twisted Truth
10 When Napalm Fits to Skin
11 Quest of the Dolphin
12 Little Princess
13 Princess Ending

Le site et le Myspace de Symbyosis.