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dimanche 24 novembre 2013

Jo Bench, Une Femme Parmi Les Bêtes

Du crust, du core - dans le bon sens du terme -, du punk abrasif et ralenti qui sent la pisse sous les bras, voilà ce qu'est Bolt Thrower. Et après, seulement après, c'est du death metal qui connaît son Petit Amebix Illustré par cœur. Et encore ensuite, c'est du death metal étiqueté Games Workshop : pauvre Bolt Thrower, qui jamais ne s'est dépatouillé de cette estampille « death pour lecteurs de White Dwarf ». Pourtant, rares sont les morceaux illustrant l'univers Warhammer même s'ils comptent parmi les meilleurs (World Eater)... Et un vieux malentendu fantasmatique datant de nos 16 ans souffle encore à l'oreille de beaucoup que les Bolters étaient des employés de GW (jette un D20 : si tu tapes un 20, la tenancière du Poney Flingué est open pour pratiquer avec toi la célèbre Saucisse de Pont-Aux-Haches. Tu prends 5 points de charisme).

Bolt Thrower, c'est aussi un tas de gauchos fascinés par l'esthétique militaro-fasciste ; des chevelus CRASSeux treillis-rangers habitués aux squats boîtes-à-grind et amateurs de pochettes guerrières - les plus belles du genre. Il me souvient d'ailleurs d'un fameux reportage paru dans Hard N' Heavy au vingtième siècle : pour la sortie de je ne sais quel album, les Bolters avaient concocté le faux rapt desdits scribouillards, tendance FARC dans les brummies. Belle époque ! Permettez-moi une digression tant qu'on est dans H N' H, mais il faut notamment se souvenir de la rubrique « And justice for all » ; un musicien au banc des accusés chaque mois. Ça donnait : « David Vincent, êtes-vous fasciste ? », ou encore : « Kerry King, êtes vous naziste ? ». Poids des mots, choc des photos... Pour en revenir à Bolt Thrower, le groupe présentait aussi une particularité de (petite) taille : une femme - l'une des seules dans ces niches musicales longtemps interdites de séjour dans les canards d'alors (qui depuis quinze ans en revanche ne vendent plus que sur l’extrême) !

Son nom : Jo Bench. Jeanne Banc, quoi (désormais vous penserez Jeanne Banc à chaque évocation de son nom : vous verrez, vous le ferez : mon pouvoir est immense). Outre la rareté de son genre dans le death metal (oublions l’exception Pays-Bas, remarquable alors par la fournée de filles qui faisaient partie de son underground : Acrostichon, Delirium...), outre sa classe naturelle de petite Gavroche britannique maniant une basse BC Rich plus grande qu'elle depuis 1987, Jo a toujours eu goût sûr et a su éviter - merci les racines punkachien - les pièges catégorie « fille du groupe ». Pas de mise en avant gratuite, pas de sessions photos lascives et malvenues (on se souvient avec embarras d'une gênante promo-session de Crematory où Katrin, vêtue de sa vertu, posait en crucifiée extatique), et pas qu'une simple bassiste effacée car Jo Bench est, par le nombre d'interviews données, la principale voix des Bolters.

Présente sur la scène death metal avant même qu'elle ne soit nommée ainsi, maltraitant sa basse entre Gavin Ward et le vocaliste du moment, Jo Bench est un peu comme Diane Fossey au milieu de ses gorilles, à la différence près que si la seconde s'est sacrifiée pour ses primates, les héroïques dadais du Bolt mourraient sûrement pour elle même si « ok, I'm the chick in the band, but the assholes still make me carry the gear ». No guts, no glory !

Well, well, well... We all know the mighty Bolt Thrower, Coventry-born death metal squad supreme. This entry is dedicated to their badass bass player Jo Bench, a woman who never gave in to aesthetic trends nor whorish promotion at a time when many did. Jo Bench : outgunned (sometimes), outnumbered (always), though never outclassed !

Le site et le Myspace de Bolt Thrower.

...et toujours :
Soldiers of Infortune, Ou Comment Bolt Thrower Peut Sauver Une Soirée Qui Avait Pourtant Fort Mal Débuté

samedi 29 octobre 2011

Gunslinger

Tracii Guns n’a peut-être pas la reconnaissance qu’il mérite (la dernière fois que je l’ai vu, il faisait une démo de quelques secondes pour la version américaine du Juste Prix : le rideau se lève - début du shred - et le rideau retombe - fin du shred), mais il peut être fier de la carrière de LA Guns : en dents de scie, mais toujours intéressante. On trouvera même des choses à sauver (notamment Hey World) dans le moment le plus éhontément opportuniste du groupe, confere ce triste millésime qu'était American Hardcore (1996) tirant sur Pantera et Machine Head, avec pincement d’harmoniques en veux-tu en voilà, rifferie industrielle, groove au marteau-piqueur et vocaux « je suis descendu à la cave, et je suis putain d'énervé, mec »...

Le style et le toucher particulier de Tracii Guns, c'est ce qui fait en grande partie, avec le gosier éraillé de Phil Lewis, le charme de L.A. Guns que l’on aurait tôt fait de reléguer injustement au rang mineur du « groupe qui existait avant l’Autre ». A la différence de Slash ou de cette absolue mégastar que le monde ignore (Izzy Stradlin, putain. Pourquoi parler encore de Keith Richards ou de Bob Dylan alors qu'on a Stradlin ?), le jeu bluesy de Tracii est également gorgé de funk (Out Of Sight, sur le cru 2001 Man In The Moon) et de heavy metal : citant volontiers Van Halen, Wolf Hoffman et Michael Schenker avant les Stones et Beatles au rang d'influences majeures, Tracii illustre son propos par des soli à l'ADN fondamentalement metal. Les amateurs éclairés fans de Appetite For Destruction se plaisent également à retrouver la touche de cet album – quasi co-composé par Tracii Guns, non crédité – tout au long de la carrière de L.A. Guns : je défie quiconque, par exemple, de ne pas retrouver une sacrée parentée avec Welcome… dans Hypnotized (Man In The Moon toujours).

Tout récemment, L.A. Guns (celui de Tracii Guns, car une autre incarnation – brillante et plus sûre de son cap - menée par les historiques batteur et chanteur existe) a sorti un chouette album unplugged, couillu à l’heure où cette mode n’en est plus une. A écouter, notamment pour le travail de réinterprétation (le groupe ne s’est pas contenté de gratter), pour la voix de cette vieille baderne de Jizzy Pearl usée par le whiskey et la clope et… parce que c’est de la bonne came, dont vous n’entendrez autrement jamais parler. Tracii y fait feu de tout bois !

Tracii Guns is a classy motherfucker always firing on all cylinders, a true badass when it comes to guitar playing and flamboyant, rock 'n' roll charisma. Too bad our man never really made it in terms of sales - no mistake, I'm not sayin' L.A. Guns didn't had success in their time : they did have, and huge it was (The Ballad Of Jayne). I'm just sayin' Tracii isn't recognised the way he deserves to be... What a pity seing him shredding for fuckin' The Price Is Right instead of rocking stadiums around the world. What really makes me fall for his playing is his classic hard rock / heavy metal influences (old Purple, UFO, Accept...), mixed with a more common, soulful and bluesy background. Catchy and melodic, albeit still hard hittin' as fuck, that's how it goes, and how I'm loving it.

Le site et le Myspace du L.A. Guns « canal historique ». 
Le site et le Myspace de la nouvelle mouture emmenée par Tracii Guns.

...et toujours : 

Cheap To Your Guns !
Pure Surprise !!!

jeudi 20 octobre 2011

La monstrueuse parade

On n’empêchera jamais un véritable artiste de s’exprimer, et un véritable artiste trouvera toujours le moyen de s’exprimer – par quelque biais que ce soit. Enlevez-lui sa guitare, il écrira des poèmes. Piquez-lui papier et crayon et il prendra des photos. Privez-le d'appareil photo ; il fera des films avec son smartphone. Enlevez-lui son mobile et foutez-le au fond d’une grotte avec son ombre pour seule compagne (Mesrine !), il vous réinventera l’art pariétal : c'est comme çaNikki Sixx est bien de cette race-là, et c’est ce qui le sauve depuis toujours ; validant et entretenant constamment son statut de diseur, de raconteur et de tritureur de la pâte humaine au-delà des aspects parfois détestable qu’il peut avoir.

Oui, son besoin compulsif de dire, de montrer, de faire (souvent avec toute la mégalomanie égocentrique qu’on lui connait) est la preuve constante que le gars ne vit que pour s’exprimer, d’une façon ou d’une autre… Sixx serait resté un beauf d’Idaho (au lieu de devenir un beauf d’Hollywood) que vous l’auriez trouvé au bord d’une rivière, à construire des moulins à eau en allumettes entre deux parties de pêche avinée – Herta style. Oui, c’est ce qui le sauve, et c’est à mon sens la seule explication à sa survie (au moins artistique) : survie à l’inanité de certaines productions « du cru », si j’ose dire, et à ses excès. C’est, en somme, sa « note d’intention » ; son explication.

Aujourd’hui Sixx s’exprime musicalement plus et mieux que jamais entre Mötley Crüe (qui toute nostalgie subjective mise à part, a réussi le tour de force de sortir son meilleur album après vingt-sept ans d’existence) et Sixx A.M. Il est aussi en train de se construire une image de photographe que j’estime, avec une prédilection qui ne surprendra personne – le portrait. Et notamment le portrait de freaks, comme lui. Ils sont disséminés de façon anarchique sur ses différents sites internet comme autant de tronches de laissés-pour-compte de l’Amérique - de la vieille obèse engoncée dans un fauteuil roulant entre deux caravanes crasseuses au pépé rigolard, buriné et alcoolique. Parmi ces shoots de créatures (dans lesquelles on retrouvera parfois et sans surprise ses « copains » de Mötley), se glissent quelques natures mortes, parfois gracieuses, parfois dérangeantes, souvent les deux… De quoi pardonner largement d’autres expérimentations plus convenues, ou le côté très cliché de certains portraits. La première fois, finalement, que Sixx ne parle pas de lui. Vraiment ?

I try to cover many different topics, people and bands in these (now) old pages. But I have to admit some are overrepresented : Metallica, the living debauchery known as GNR and, of course, ol’fart Nikki Sixx. So here we go fuckers. This guy has been fascinating me since, wow, don’t even remember. In fact, I was fond of Sixx way before loving the Crüe. A total artist, is what he is. Sure, when you’re wielding too much blades you can’t master them with the same efficiency, but our big boy is doin' good in music, writing (as long as you’re not searching for the next Kerouac), and also photography. Shooting freaks of nature, that’s what he does – not for a living of course, the man is shitting dollars since thirty years -, but, I firmly believe that, for the sheer love of doin' it. And please see for yourself, some of his visual work are truly amazing… Sixx, beyond all the business circus-related events he’s known for, has always been an interesting character inhabited by the same darkness that resides in you and me : a bleakness of the soul - which really shows in his pics.

Le site et le Myspace de Nikki Sixx.

...et toujours :

dimanche 20 septembre 2009

Sick & Destroyed

Quand on aime l'art, on aime aussi les artistes - Mustaine en est un, race des maudits, écorchés vifs et autres torturés de l'âme. Malgré une période catastrophique n'ayant pas, heureusement, dépassé deux albums (Risk et The World Needs A Hero, tous deux très faibles pour différentes raisons), je reste un fan hardcore et comme déjà mentionné dans une notule écrite à la sortie de United Abominations, Megadeth pourrait sortir un album de variétoche pourrie, avec pochette miteuse, ballades merdiques et tout le toutim que je l'achèterais quand même... Quoique à la réflexion, cet album existe, il s'appelle Risk, et il pue autant que le costard élimé de Vic Rattlehead. Revenons à notre sujet : peu le savent, mais Dave a été élevé par une horde de loups-garous et génétiquement modifié pour jouer comme personne - the man puts the « heavy » in heavy metal. Un jour, il sera cryogénisé pour revenir nous sauver quand le myspace-deathcore aura envahi la planète.

Dave Mustaine est beau - normal, d'origine française (in)contrôlée, grand (la légende dit qu'il se suspendait par les bras deux heures tous les soirs étant petit, histoire de dépasser un jour James Hetfield - il a réussi) et fort. Comme tout grand homme, Dave nous gratifie de ses pensées qui, à l'instar de celles de Mao, nous aident à vivre. Ainsi sur le mariage : « c'est super le premier mois, mais tout homme normalement constitué veut mourir après deux ans. Le problème d'Al Pitrelli, c'est qu'il venait de se marier quand il nous a rejoints : on aurait du arriver deux ans plus tard et il aurait trompé sa femme avec Megadeth au lieu de faire l'inverse ». On ne connaît pas sa position sur le PACS - revenons à son Art. L'unicité stylistique de Megadeth est quelque chose qui m'a toujours fasciné et intrigué. Thrash ? Pour le premier album, soit, mais dès Peace Sells..., bien réductrice est l'étiquette. Quant à Rust In Peace, n'en seraient ses guitares harmonisées, sa hargne teigneuse aurait presque un goût du hardcore d'alors. La suite est à l'avenant et Megadeth ne fera jamais plus que du Megadeth : la marque et le paradoxe des très grands groupes dits « de thrash » - tous extrêmement différents entre eux et ne suivant, rapidement, que leur propre chemin. La personnalité de Mustaine, écorché vif inapte au compromis et au self-control - voir ses multiples et profondes inimitiés - est aussi ce qui donne à Megadeth ce qui manque tant à d'autres : une véritable colère, ce fameux mean factor. En témoignent les paroles de nombreuses chansons, véritablement haineuses pour peu qu'on s'y attarde. A lire, et à écouter pour la morgue que Dave-Salieri y dispense, le récent Something That I'm Not adressé à Lars-Mozart...

Car sans faire de psychologie de zinc, c'est bien l'extraordinaire ressentiment à l'encontre de Metallica qui servira de carburant à sa vie, et pas seulement carrière - appeler son fils Justice et sa fille Electra ne s'invente pas... L'éviction scabreuse de Dave, c'est la tragédie humaine à l'échelle du metal et, je le crois, ça le tuera un jour que j'espère lointain ! A voir, notamment, le face-à-face entre lui et Lars dans Some Kind of Monster : aussi troublant et pathétique que soit ce moment, il ne suffit pas à rendre compte de vingt-huit années acrimonieuses, revanchardes et destructrices - il faut le supporter, ce poids des « et si... ». Certes Megadeth lui aura apporté femmes, villas et fortune, mais on mesure l'étendue des dégâts lorsque le bougre reconnaît se foutre des disques d'or et n'avoir jamais voulu autre chose que détrôner Metallica, chose qu'il sait être impossible (en terme de succès commercial j'entends). « Have you got an idea what I've been through ? » répète-t-il à l'envi... Steven Adler, ressassant semblable frustration, s'en sortira plus mal encore, infoutu de faire quoi que ce soit à l'exception de marques au creux de ses bras. Dave touche véritablement le fond avec The World Needs A Hero ; sortie peu inspirée d'une « vieille gloire » - ce qu'il était alors. On peut pardonner beaucoup, faute d'attentes, à un Dream Theater (l'ennui profond), Tankard (l'ennui profond et la nullité) ou In Extremo (l'ennui profond, la nullité et le mauvais goût), mais pas à Megadeth... Fort heureusement le monde a depuis repris son cours normal et son ordre naturel s'est rétabli : Dave est de nouveau à la mode tandis que rien n'est plus daté que le neo-metal (sauf le myspace-deathcore... bientôt). Branché ou pas, Dave refait donc parler la poudre - se forçant, au passage, à chanter un peu plus juste à chaque album. Ce qui n'est pas peu dire, considérant un capital de départ proche de celui notre Renaud national !

Mustaine, comme Megadeth, ne laisse donc personne indifférent : on l'aime ou on le déteste, on adule sa musique ou on conchie cette voix de chat écorché, mais c'est bien là la force de cette grande gueule : comme Blackie Lawless, comme Axl Rose, comme James Hetfield, Dave n'est jamais avare en conneries, mais a su marquer de façon indélébile le metal... Une intuition : ce génie un peu cinglé occupera une place dans l'histoire de sa musique que l'on ne soupçonne pas forcément encore aujourd'hui. Dave Mustaine, c'est le connard magnifique, le loser proverbial, l'emmerdeur molinaresque qui s'est toujours vécu comme tel sans voir quel fabuleux héritage il allait laisser à la scène, trop bouffé qu'il est par ses démons... Insupportablement attachant, on lui pardonne à peu près tout, même le mal nécessaire Risk. Sauf, peut-être, les atroces pochettes de United Abominations et Endgame.

Mustaine is one of metal’s accursed poets, a true artist in his own right plagued with a never-resting soul : in a twisted, baudelairian way, the man "souffre de ne pas être assez soi" and his personal Spleen was, is and will forever be Metallica. Simply put, Mustaine is a genius, which isn’t exactly a surprise given his part-French lineage (come on… just kidding). I don’t feel like writing too much about the man here – already done that in French. All I can say is that I’m deeply interested in his ability to use a world-sized frustration as a neverending fuel for Megadeth’s brightest hours. But hey, there’s so much pain encysted in here – can you believe he baptized his children Justice and Electra ! This fact alone is quite frightening isn’t it ? I won’t even bother to mention his teary-eyed appearance in SKOM : now you know what “personal tragedy” means. I’m amused (in the baddest way) when I read shit like on Blabbermouth, about Dave’s so-called newfound peace of mind : the man is an écorché-vif and he perfectly knows where, “après une subtile esquisse, on a enfoncé les vis”. There’s no peace of mind for such an artist, a giant, a master – along with James Hetfield (how strange), Dave is firmly enthroned atop my personal pantheon. Please, Messrs. Hetfield and Mustaine, give war a chance : play together again – not only for a gig, but for an entire knee-bending, jaw-crushing motherfuckin’ killing machine of a record.

...et toujours :
United Abominations : Return to "Anger"

vendredi 21 décembre 2007

Cheap To Your Guns !

Oh p***** ! Collector, que je me suis dit en tombant sur cette vieille pub pour mes petits chouchous du sleaze. Là, j'avoue que c'est le top du bottom - moi-même, d'une outrageante mauvaise foi plus qu'à mon tour, j'aurais du mal à les défendre sur ce cliché « cheapissime ». Comment dire ? J'adore. Ça pue le spray et la sueur, et on sent dans les regards de la meute l'envie d'en découdre sévère - ce que L.A. Guns a toujours fait. Notez le tatouage de Tracii sur le bras, jumeau de celui de Duff. L'album « défendu » par la pub est le premier, daté de 1988 et franchement sympa (bien que mes préférences aillent à Vicious Circle et à Cocked and Loaded).

C'était au siècle dernier, et les prétentions de la horde n'avaient pas encore été totalement matées par le plus grand succès de beaucoup de ses confrères. Les parutions, coup sur coup, de Dr Feelgood, des Use Your Illusions et dans un autre genre, de Metallica, auront raison, au fil des ans, des aspirations de ces autres gunners - le carton commercial n'a jamais été pour eux, tout au plus un très joli succès d'estime principalement dû à une ballade comme je les hais (The Ballad of Jayne). C'est ainsi : il n'y aura jamais eu de place pour un autre Appetite For Destruction. et si L.A. Guns est un groupe phare de Los Angeles, il n'en franchira, au cours de sa trajectoire « bille de flipper », jamais les frontières.

Les vampires d'Hollywood continuent une bien étrange carrière, puisqu'à l'instar d'un Gorgoroth, ils nomment désormais tous leurs albums en latin. Non, je déconne... mais comme Gorgo, deux formations écument actuellement les clubs (encore) enfumés sous le nom L.A. Guns. Difficile de choisir son camp : l'une est emmenée par le guitariste « canal historique » Tracii Guns (celui qui est resté au lit avec une brune le jour où Axl avait besoin de lui, et qui fut remplacé au pied levé par un certain Saul Hudson), et l'autre par la voix de L.A. Guns, Phil Lewis. Pour la peine, je mets les sites des deux combos. Allez, passez-moi les ray-ban Aviator, un bandana à têtes de mort et un bourbon. Et un peu de farine, que je me fasse une fausse ligne sur mon ampli 10 watts. L'imagination, tout ça...

nota bene : depuis ma dernière notule consacrée à ce groupe, je suis en mesure d'affirmer la véracité de cette rumeur : Kelly Nickels est bien le neveu de Pierre Perret. Concernant le zizi, tout ce qu'on peut dire est que si l'un l'a beaucoup chanté, l'autre l'a beaucoup... montré ! Pour finir, Nickels n'est pas qu'un bon bassiste, c'est aussi un chanteur terrible, à écouter sur le morceau Nothing Better to Do (Vicious Circle).

Well, this is what I call a truly campy ad. However and as you could have guessed if you were reading these pages more often (you s.o.b.), I just love that kind of cocky, campy, cracked-up pics. Forget the make up and perms, these guys were ready to take over our bright lights & big cities (and to fuck our bright wives & big mothers). Fuck, this just looks like old Konami ads for Jackal or fuckin’ Contra back in the day, when games were as badass as fuckin” L.A. Guns. By the way, and as usual when I’m talkin’ ‘bout these guys, you ought to get a hold of Vicious Circle – this record is just as essential as Appetite For Destruction, the only difference being you don’t know it. I can’t believe these fuckers can’t stand each other now : fuck it, maybe we got two L.A. Guns now, but both of them suck big fuckin’ time compared to that bunch o’ magnificent bastards of 1989.

Le site et le Myspace du L.A. Guns « canal historique ».
Le site et le Myspace de la nouvelle mouture emmenée par Tracii Guns.


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Pure Surprise !!!

vendredi 14 décembre 2007

Aïe ! dit Meola

Difficile de vivre de son art lorsque l'on est musicien, et plus encore quand on officie dans un groupe de metal pas forcément très inspiré. Et mexicain, qui plus est : donnez un coup de pied dans une haie en Amérique latine, et au minimum trois combos thrash en sortiront (ou black metal, si ladite opération a lieu de nuit). Blasés par cet état de fait, Rodrigo Sánchez et Gabriela Quintero ont préféré quitter Tierra Acida voici quelques années et mettre les bouts vers l'Eldorado qui, ironiquement, n'a jamais été du même côté selon que l'on soit européen ou sud-américain.

Désormais basés à Dublin et connaissant un franc succès après une période de vaches maigres à écumer les clubs interlopes, le duo commence à faire parler de lui un peu partout... et on comprend pourquoi. La technique est assez ahurissante, purement rythmique ; il faut voir la douce percuter sa guitare sans coup férir tandis que Rodrigo essore les soli d'Orion. Une chance pour nous, l'écueil « musique pour musicien » est évité et l'on ne s'ennuie pas à l'écoute de ce cocktail accoustico-percussif empruntant ses techniques de jeu au metal et au flamenco (bien qu'ils s'en défendent concernant ce dernier) - je ne parlerais en revanche pas de jazz à l'inverse de certaines chroniques, car il n'y a aucune impro chez Rodrigo Y Gabriela (« nous ce qu'on aime dans Orion, c'est le jeu d'Hetfield et de Burton, on ne va pas réécrire des putain de soli qu'on écoute depuis qu'on est gamins » - au moins c'est clair, ndSheol).

Outre l'exécution, quelques reprises joliment réinventées de standards hard rock ou metal justifient donc la présence des deux guitaristes dans ces colonnes, mais même leurs compos originales trahissent leurs origines hyper-oxydées : Diablo Rojo pour ne citer que lui pourrait être au départ un morceau heavy metal que cela ne surprendrait personne. Bref, un excellent duo de musiciens, aujourd'hui loin du metal mais conservant un style trempé dans l'acier des sidérurgies de leur passé. Et bêtes de scène, qui plus est ! Pour les petits curieux, l'histoire ne nous dit pas s'ils sont liés par Cupidon autant que par Abbadon.

Tierra Acida, c'était ça.

Orion par le duo, c'est ici. Pour une leçon de « strumming », tendez l'oreille à 00'56 !


Leur publicité pour les pansements Urgo, c'est .


Isn’t it hard to make a living from metal music when you’re in a not-so-good Mexican combo ? When they had had enough of it all, Rodrigo and Gabriela left Tierra Acida as well as their country, tryin’ to make it in Europe even if that meant begging their bread on the streets. That’s all over now too, ‘cause Rod y Gab have reach superstardom, sharing stages with fuckin’ Rob Trujillo and fuckin’ Alex Skolnick. Fuck, isn’t it mindblowing ? These two guitarists whip up storms wherever they play, running through their own energetic, metal-inspired acoustic stuff, while also performing stunning renditions of Orion, Holy Wars or whatever the fuck you want. Man, you really ought to see Gabriela tearing Orion’s rythmics apart while Rodrigo is storming into its solo ! What is it I just hear you saying ? No, I don’t know about, well, hum, if they play another game together. I’m just interested into music ya know.

Le site et le Myspace de Rodrigo Y Gabriela.

mercredi 26 septembre 2007

Sans foi(e) ni loi

WASP, pour votre serviteur, a toujours été au metal californien ce que Joe Dante est à Spielberg. Sa face obscure, son côté moins avouable, sa... mauvaise conscience, en quelque sorte. WASP, c'est un peu un Bon Jovi ou un Kix à qui l'on aurait donné à bouffer après minuit : une saloperie de gremlin (pour ne pas dire un critter - je vous renvoie au clip de Scream Until You Like It) prêt à prendre en levrette tous les gizmos de la terre (par le petit trou).

Mais WASP, toujours pour votre serviteur, c'est aussi et surtout un personnage : Blackie Lawless. Maître-chanteur en chef, ce pétroleur intérimaire chez les NY Dolls acheva de ciseler son style dans Sister et London au côté de Nikki Sixx, avant de former le groupe le plus outrageux et décadent - le Crüe - de son époque. Indien d'origine (encore un, y'a sûrement quelque chose à gratter si l'on voulait faire de la socio de comptoir), géant bagarreur dans son adolescence au point de refaire le portrait d'un instructeur militaire à quinze piges, notre homme est plus complexe qu'il n'y paraît et a su donner toujours plus de corps, de densité, de sens à son groupe au fil de sorties pas toujours géniales, mais au minimum dignes d'intérêt. Mais surtout, surtout, convaincu d'être un entertainer avant tout, Lawless reste emblématique de ce statut très anglo-saxon que le faible rayonnement du metal hexagonal n'aura jamais permis de faire éclore ici... à de rares exceptions près (on sait qu'un Hreidmarr, par exemple, connaît son petit WASP illustré sur le bout des doigts).

Au-delà de la musique, dont on pourrait causer un moment tant WASP était différent (qui d'autre a su se nourrir ainsi de ce feeling NWOBHM, loin des légèretés chiées par Ratt, Poison et autres Cinderella ? Qui d'autre arrivait à injecter dans son art ce côté classic rock emprunté tant aux Kinks, qu'aux Beatles ou qu'aux Who ? Qui d'autre aura su si bien passer en quatre albums des couilles [WASP, 1984] à la cervelle [The Headless Children, 1989] ?...), ce que j'aime par-dessus tout c'est la voix de Lawless. Hurlée ou chantée, éraillée et puant le bourbon autant que gorgée d'émotion, elle possède ce grain unique de mélancolie tragique qui, s'il était là dès le début (Hellion, Sleep In The Fire), sera finalement dompté à partir du génial et cathartique The Crimson Idol, un album indispensable à toute discothèque, metal ou pas, digne de ce nom.

Stakhanoviste, perfectionniste, Lawless a arrêté voilà bien longtemps de se fournir chez Doctor Rockter (connu par d'autres sous les noms de Doctor Feelgood ou Mr. Brownstone) et continue de sortir album sur album. Le dernier n'a qu'un tort, être sorti trop tard pour devenir un classique, mais j'avoue me contenter largement des cinq (six en comptant le Live... In the Raw) premiers. Autrefois assis sur le trône crasseux de la scène glam de L.A., Blackie est aujourd'hui un froid contempteur de son pays, plus du tout poseur mais peut-être un peu donneur de leçon, et dont le discours se situe quelque part entre ceux d'un Jourgensen et d'un Mustaine. Une chose reste certaine : même s'il ne découpe plus des nonnes dénudées et crucifiées (Arkhon, tiens-toi bien), même s'il ne balance plus des quartiers de bidoche à son public (Mayhem, tiens-toi bien), et même s'il ne transforme plus son sexe en scie à métaux (une électrocution l'en a dissuadé il y a bien longtemps !), ce cher Steven Duren reste un véritable Rebel in the F.D.G.... et plus qu'un de nos pairs, un de nos pères.

En bonus, l'ahurissante interview du mean man Chris Holmes, devant la camera de Penelope Spheeris (et devant sa mère atterrée) pour le film culte The Decline of Western Civilization Pt. II

WASP was to Cali glam metal what Joe Dante is to Spielberg – a fuckin’ critter always ready to tear everything apart. Dictator-in-chief Blackie Lawless is a bigger than life character – the boy cut his teeth with a short run in NY Dolls and a stint in London, a great, time-forgotten L.A. act serving as a springboard for future hellions such as Nikki Sixx, Lizzie Grey or, fuck me, mighty Izzy Stradlin. You don’t know London ? Well, get that hard rock maverick that is Non Stop Rock. But let’s get back to Blackie ! As a true American entertainer, our part-Native American giant took WASP to the stars and beyond, armed and dangerous with a handful of killer songs (and as much quarters of meat and shocking pictures). It should be noticed that WASP was a total, full-on heavy metal band whereas its contemporaries were often leaning on the more commercial side of it all. Hear Blackie’s gritty, fateful voice screaming his guts out and join him in the Fuckin’ Decadent Generation !

Le site et le Myspace de WASP.

...et toujours :
With your bitch slap rappin' and your cocaine tongue / You get nuthin' done

lundi 5 février 2007

Un Indien dans la vigne

Chuck Billy, c'est un peu un pote. On a beau ne jamais l'avoir rencontré, on a beau savoir pertinemment qu'on ne le croisera certainement pas plus, c'est un mec qu'on a toujours eu à la bonne. Bref, Chuck, c'est un peu un pote. D'ailleurs, pas besoin de le connaître vraiment pour savoir que Chuck est un chic type : sa réputation affable, son extrême courtoisie en interview et sa bonhommie légendaire précèdent le géant où qu'il aille. Non content d'être sympa comme c'est pas permis, Chuck continue de ravir les aficionados de Testament depuis précisément vingt ans, un âge canonique dont nos amis américains se fichent comme d'une guigne : leur thrash est toujours vert. Plus proche du gentil Yakari que du sinistre Joe l'Indien de Mark Twain, Chuck s'est rapproché de ses origines au cours de ces dernières années, une sorte de recentrage ethnique... Selon lui, l'héritage ancestral de son peuple l'a énormément aidé dans le combat qu'il a mené contre une saloperie de crabe. « Attention », précise notre pote, « tout ça ne doit pas faire oublier que l'essentiel des soins qui m'ont sauvé étaient des soins hospitaliers ! » Histoire de ne pas se faire mal comprendre par quelque illuminé qui penserait que fumer le calumet de la paix en mode Sitting Bull pouvait remplacer la chimio (1)... 

Sacré Chuck ! On imagine d'ici sa grande carcasse secouée de rires caverneux si on lui foutait sous le nez ces photos écornées d'il y a vingt ans, montrant une bande de jeunes thrashers prêts à défoncer la planète metal sous des coups de boutoir nommés The Legacy, The New Order ou Practice What You Preach : « Ah ah, mon pote, tout ce qu'on a défoncé, c'est nos foies ! »... C'est vrai, mais l'homme est humble. Si Testament n'a pas fait partie, car arrivé après, du carré d'as du thrash US (ne pas oublier qu'il y a une histoire de génération dans ce Big Four), il en a toujours été l'un des meilleurs soutiers et n'a jamais commis un véritable mauvais album - tout au plus quelques virages opportunistes. La part de chance nécessaire au mega succès, et si c'était ça qui avait manqué ? A peine lui fait-on remarquer à quel point ses vocaux ont changés, passant d'une voix de tête hurlée typique de la Bay Area à un growl death particulièrement impressionnant et pas truqué (2), que notre gentil colosse s'esclaffe à nouveau : « ben ouais mon pote, faut vivre avec son temps... Certains ont crié à l'opportunisme, mais moi je n'ai fait que m'amuser... Mais réécoute attentivement notre catalogue, tu verras qu'en 1990 on semait déjà pas mal d'indices ! Puis regarde mon vieux frère, là, Eric Peterson : il fait du black metal à côté de Testament (3) et tous les p'tits norvégiens font la queue pour une photo avec lui... Pas mal pour des vieux cherokees de quarante berges, non ? »

Alors on se marre, pour pas que Chuck aie l'air con en se bidonnant tout seul, et on se dit qu'effectivement si à l'époque on avait entendu correctement le respectable Souls of Black, on n'aurait pas posé cette question stupide sur l'évolution extrémiste du groupe... Puis on se dit aussi que merde, allez quoi, je vais pas faire chier Chuck Billy avec mes questions de fan à la con, je vais juste lui payer une autre bière, là, comme ça, entre potes... Et le prochain Testament, quoi qu'il arrive, ben je l'achète sans lire aucune chro, tiens. Parce qu'un sacré Monsieur chante dessus. Un peu indien, un peu californien, mais sacrément humain.

nota bene : depuis sa maladie Chuck ne picole plus, mais j'étais trop content de mon titre pour en trouver un autre. Eh ouais.

(1) pour lever des fonds permettant à Chuck Billy de se soigner - vive le système de sécurité sociale américain, et dire que certains se plaignent de vivre en France - une seconde édition du festival Thrash of the Titans eut lieu avec une affiche ahurissante pour les connaisseurs. Au courant de l'état de santé également catastrophique de Chuck Schuldiner, Chuck Billy reversa spontanément la moitié des bénéfices à la famille Schuldiner...


(2) à partir du puissant Low (1994), Chuck Billy modifie considérablement sa voix en passant allègrement du chant thrash classique à des vocaux purement death metal, amenant le groupe à durcir le ton sur les albums à venir - entre autre à s'accorder beaucoup plus bas. Cependant des signes annonçant cette tendance étaient perceptibles depuis quelques années, cf le terrible refrain de Falling Fast sur l'autrement très vintage Souls of Black...


(3) Dragonlord, groupe rassemblant quelques ex-stars du thrash californien et donnant dans un black metal symphonique d'obédience européenne bien que conservant un groove trahissant ses origines. A mon sens un ovni, pas forcément génial car trop générique mais absolument intriguant de par sa genèse et son line up...


Man, god or whoever the fuck you want knows I’m not homosexual in the slightest way. But I can’t help it, I love Chuck Billy. ‘Cause Chuck is my mate and having never met him has nothin’ to do with it. The man is a seigneur graced by a never-tarnished reputation. Fuck, he got rid of fuckin’ cancer and managed to keep a behemoth-like voice which makes oaks tremble when I’m blasting out Testament in my garden ! Sure these lads ain’t in their prime no more but who gives a flyin’ shit – Testament still kicks major ass, and mine, too. You know the shocking truth ? Ok, here I go : it’s a planetary-sized disgrace Testament isn’t part of the Big Four instead of pathetic Anthrax (never liked ‘em). Fuck, there’s nothing as embarrassing as that except, maybe, having declared Paris an open city in 1940. Man, I really mean it. So let’s forget about Testament and go back to Chuck Billy : easy and soft-spoken, with a little je-ne-sais-quoi reminiscent of Tom Araya, that part-Native American is a metal giant, and also, unbeknownst to him, my pal.

Le site de Testament.

samedi 24 décembre 2005

Le chanteur qui savait chanter


Le metal est un genre musical « à voix » (y compris dans ses subdivisions extrêmes puisqu'il faut de véritables performers pour sortir de bons vokills), en particulier dans le heavy metal le plus traditionnel. Le chant lyrico-opératique d'un Dickinson, d'un Kiske ou d'un Halford pour ne citer que les plus éminents représentants de ce courant a souvent plus de connexions avec les techniques vocales classiques qu'avec les vocaux imbibés de Jack Daniel's qui ont fréquemment cours dans le rock.

Dans un registre cependant plus personnel que les musiciens sus-nommés (on n'ose dire les Grands Anciens), il existe un grand oublié auquel je veux rendre justice aujourd'hui : Roy S. Khan. Un artiste doté d'une voix extraordinaire qui transcende encore les albums de Conception - au même titre que la guitare de Tore Østby. Un timbre magnifique, assez sombre mais crystal-clear comme dirait les anglo-saxons, une voix parfaitement modulée exacerbant la sensibilité des compositions du groupe, et surtout une puissance maîtrisée sont ses armes principales. Après avoir ressorti l'autre jour de derrière les fagots Parallel Minds et The Last Sunset, la voix de ce mec m'a complètement sciée et j'ai redécouvert ces deux albums certes datés aujourd'hui, mais qui demeurent des références en matière de heavy metal mélodique nordique (l'origine géographique joue tellement dans le metal !). Car c'est bien là le style pratiqué par Conception, même si le groupe est souvent qualifié abusivement de metal prog. Une manie d'ailleurs ridicule - parmi d'autres - dans notre genre adoré : dès qu'un arpège est doublé, qu'il y a plus d'un break dans un morceau et qu'un synthé traîne dans les parages, l'on se pâme en invoquant la sacro-sainte « progressivité » de l'affaire... voir mes chéris d'Iron Maiden qui ne seront jamais (tant mieux) Genesis !

Bref - c'était l'occasion de reparler un peu de Conception - clairement l'un des groupes les plus sous-estimés des années 90 dans son genre - et surtout de rendre hommage à ce merveilleux vocaliste qu'est Roy Khan. Il ne me reste plus qu'à écouter un peu de Kamelot puisqu'il officie désormais dans ce groupe (que jusqu'ici j'évitais comme la peste sans savoir qui en tenait le micro) ! Pour la petite histoire, Østby continue à souquer ferme dans le monde métallique soit en solo, soit en louant ses services de mercenaire six-cordiste au plus offrant. Quant au troisième larron Ingar Hamlien, il a fondé le passablement black metal Crest of Darkness... un comble quand on sait que Conception avait la réputation d'être un groupe de croyants légèrement prosélytes ! Le patronyme, avec ses gros sabots, annonçait de toute façon la couleur...

Ol’ good metal needs an ol’ good voice, whether labelled extreme, classic, thrash, power, whatever the fuck you want. No one could pull off Halford’s task in Priest, nor Steve Reynolds’ in fuckin’ Demolition Hammer – there are some shoes you just can’t fill. So let me bring back from the past Conception and their great singer – Roy S. Khan. These Scandinavians put out two really good albums, still standing out today, graced by Roy’s voice. What you have here is a melodic and powerful delivery, somber enough when needed but always OTT. Conception is not a well-known name today – its legacy has been forgotten in metal’s official history. Roy Khan has been luckier and went on singing for Kamelot, an established act bigger than Conception ever dreamt to be.

Le Myspace de Conception.

samedi 10 décembre 2005

A kind of magic


Waldemar Sorychta est un magicien. Son domaine ? Le son. Le petit plus qui fait que ce mec est un génie ? Assez inexplicable, et pourtant il existe bien une « patte » Sorychta. Il suffit d'écouter les albums qu'il a produits pour s'en convaincre. Pêle-mêle : Wildhoney de Tiamat, Mandylion de The Gathering, Wolfheart et Irreligious de Moonspell, Ceremony of Opposites et Passage de Samael, Amok et Down de Sentenced, A Dead Poem de Rotting Christ... liste non-exhaustive bien sûr. Des albums inspirés, occultes, mystérieux et tout simplement diablement efficaces qui forment le haut du panier en matière de metal des 90's. Les amateurs auront reconnu un autre dénominateur commun à tout ce petit monde, outre Sorychta et le Woodhouse Studio : Century Media. Certes, cette boîte est aujourd'hui un peu décriée et certains de ses poulains les plus prestigieux ont quitté l'écurie avec pertes et fracas. Mais Century Media aura permis à tous ces groupes d'enfanter de leurs meilleurs opus sous la houlette de ce maître-producteur. Avant Tägtgren et ses Abyss Studios, avant Nordström et le Fredman, ce mec avait tout compris au son qu'il fallait donner à cette génération montante, agressive et avant-gardiste (pendant ce temps-là le metal plus traditionnel et le « hard rock » se cassaient joliment la gueule : les mid-nineties auront vraiment été les années glorieuses des sous-genres plus « durs » ou plus originaux, pas encore étouffés dans l'œuf par le téléchargement et la surpopulation).

A l'instar de son collègue Dan Swanö, autre producteur de génie de l'époque (combien de classiques sont sortis du Unisound ?), Sorychta avait cette dimension maïeutique en cela qu'il a su faire accoucher ces groupes des albums susnommés, tous indispensables. Des producteurs sachant faire un « gros son », ça court les rues. Des producteurs sachant insuffler dans leurs travaux cette magie que possédait Sorychta sans pour autant vampiriser la personnalité des « patients », franchement c'est bien plus rare et pour ma part je n'en connais pas d'autre. Ne surtout pas louper les rééditions de Ceremony of Opposites (enrichi de l'EP Rebellion, voir la note Le mouvement perpétuel), de Amok (plus l'EP Love & Death), et de Mandylion ! Pour finir ajoutons que Sorychta est un artiste complet qui donne aussi dans l'illustration et la peinture, et qui sort ponctuellement des albums en tant que guitariste au sein du groupe de thrash Grip Inc. (éternel second couteau plutôt intéressant dont le principal titre de noblesse est de compter un certain Dave Lombardo dans ses rangs).

I just can’t get enough of Mr. Sorychta’s productions. Not surprising for a worshipper of the towering darkness of the ‘90s (Tiamat, Moonspell, Samael, Rotting Christ…), uh ? One can’t ignore the fact that all those now-classic, Sorychta-produced bands where part of the Century Media roster – where would be dark, gothic-tinged metal today without CM ? What I call “Sorychta’s magic touch” is his ability to preserve each band's personality, without ever phagocytizing it – the man respectfully stayed in the arty darkness of him while allowing bands like Moonspell to bloom the way they were meant to. As not only a gifted producer, but also a musician, Mr. Sorychta plays along Dave Lombardo in Grip Inc., a pissed-off “europamerican” thrash act !

Le site de Waldemar Sorychta.

vendredi 21 octobre 2005

Régime sec

Vous le reconnaissez ? Lui aussi c'est un survivant. Après avoir écumé une trentaine de gangs durant ses jeunes années, tous oubliés par l'histoire à part peut-être Ten Minute Warning, il devient en 1985 membre d'un des plus énormes groupes de rock qui fût. Après quantité d'excès en tous genres l'ayant quasiment tué - son pancréas explose en 1994, brûlant ses entrailles au troisième degré - le bassiste répond toujours présent. Cumulant des projets musicaux toujours au minimum intéressants (Neurotic Outsiders), au maximum excellents (Loaded), dans lesquels son amour tant pour le punk que pour le rock plus mélodique se ressent à chaque instant, notre homme n'a pas dit son dernier mot. Vieille gloire, peut-être. Mais il n'est pas prêt de rendre les armes : à quarante-et-un ans, il n'en est qu'au début de sa deuxième vie, une seconde chance octroyée par miracle et qu'il compte bien ne pas gâcher. C'est bon, vous y êtes ?

Eh oui, c'est bien lui. Duff McKagan is back for good ! Le bassiste de Guns 'N' Fuckin' Roses (et multi-instrumentiste talentueux) a bien changé depuis les années sauvages où il ingurgitait une bouteille de vodka par jour et quatre grammes de coke, le tout arrosé d'une vingtaine de bières (c'était pour faire passer ?). Désormais maigre comme un clou, sec et musclé après s'être refait une santé en pratiquant le kick-boxing à haute dose, notre grand échalas est à cent lieues du musicien bouffi et comateux qui arpentait les stades avec les gunners. Une métamorphose physique comme on en voit rarement. Actuellement dans Velvet Revolver, un efficace combo heavy rock au style étonnamment moderne, il ne prétend pas révolutionner la face du rock : ça, il l'a déjà fait. C'était en 1987, et ça s'appelait Appetite For Destruction. Amen.




Mieux vaut être une légende vivante qu'un mythe au cimetière... N'est-ce pas Duff ?

After Nikki Sixx, here’s another survivor cat – man, his pancreas blew out in 1994 out of alcohol excess ! Ok, his heyday belongs to the last century, but the man is now living his ninth life and is currently playing with punkish act Loaded and all-star-band Velvet Revolver. So ya get it ? Yep, that’s right, that’s fuckin’ Duff McKagan ! The once overbloated alcoholic shell of GNR now prefers to work out than to drink out – is that the Iggy Pop syndrome ? Don’t expect him, though, to change the world of modern music – as a true “been here, done that” character, Duff already did it in 1987 with Appetite For Destruction.

...et toujours :

With your bitch slap rappin' and your cocaine tongue / You get nuthin' done

mercredi 19 octobre 2005

Shout at the "needle" !

Frank Ferrana change son nom pour Nikki Sixx en 1980 et connaît une carrière et un succès extraordinaires avec Mötley Crüe le temps de cinq albums, de Too Fast For Love à Dr. Feelgood. Extrémiste frappadingue, fêtard invétéré, icône autodestructrice ayant ingurgité plus d'alcool et de drogues que Lemmy Kilmister et Keith Richards réunis, Sixx est la rock star absolue, anti Kurt Cobain doublé d'un trompe-la-mort qui doit bien en être aujourd'hui à sa neuvième et dernière vie... Totalement impudique, honteuse, révoltante mais encore plus drôle qu'une élection de chef de parti chez les Verts, The Dirt, l'autobiographie du Crüe, est un must-have pour qui veut savoir ce qu'est le rock n' roll way of life poussé à son paroxysme (et au delà). Nikki Sixx en est le personnage central et sélectionner des morceaux choisis s'avère difficile : chaque page contient au moins une anecdote hilarante / obscène / incroyable / dégoûtante (plusieurs réponses correctes possibles). Pot-pourri... :

«
As I shot more and more cocaine, paranoia set in and soon I hardly let anyone in the house. I would sit naked day and night. My veins were collapsing and I would scour my body to find fresh ones : on my legs, my feet, my hands, my neck, my dick. I started seeing people in trees, hearing cops on the roof, imagining helicopters outside with S.W.A.T. teams coming to get me. I had a .357 Magnum, and I'd constantly hunt for people in the closets, under the bed, and inside the washing machine. I called my home security company so often that they warned patrol men to answer my alarms with caution because I had pulled a loaded gun on so many of their employees... 
»

« We thought we had elevated animal behavior to an art form. But then we met Ozzy (...). He was a trembling, twisting mass of nerves and crazy, incomprehensible energy, who told us that when he was in Black Sabbath he took acid for an entire year to see what would happen. There was nothing Ozzy hasn't done and, as a result, there was nothing Ozzy could remember having done. We hit it off with him from day one... »

« It was so funny that everyone thought I was dead after having overdosed, that as soon as I returned home, I walked to my answering machine and changed the message. « Hey, it's Nikki. I'm not home because I'm dead ». Then I went into the bathroom and pulled a lump of heroin out of the medicine cabinet (...). I woke up the next afternoon sprawled across the bathroom floor with the needle still dangling out of my arm. The tile floor was covered with blood. I passed out again. Somewhere, far away, a phone rang. "Hey, it's Nikki. I'm not home because I'm dead" »...

Frank Ferrana became Nikki Sixx in 1980, before experiencing fame and multinational stardom with the Crüe up until Dr. Feelgood. As a true autodestructive badass, anger-and-drug-driven partying motherfucker, Sixx is THE rockstar in all its indecent splendour. So stop reading that shit, help yourself with a tequila and The Dirt, a funny-as-fuck account of our hero’s misdeeds !