Affichage des articles dont le libellé est kreator. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est kreator. Afficher tous les articles

jeudi 14 octobre 2010

Folk You ! (redux)


Je ne connais pas Hammers Of Misfortune, je sais simplement que j'en aime le patronyme et l'esthétique de leurs pochettes. Et les propos de son principal compositeur, John Cobbett, qui font écho à ceux de Martin Walkyier déjà mentionnés dans une précédente notule. En clair, il est probable que rapidement la petite intégrale de ce groupe trône sur mes états plus ou moins gérés, entre Guns N' Roses et Hand Of Doom. Lu donc, dans le dernier Terrorizer (et où d'autre, d'abord ?) : « on fait tous des jobs de merde, donc on fait du heavy metal prolétarien. Une fois qu'on en a fini avec la journée, faudra m'expliquer comment passer mille ans sur Pro-Tools, à chanter sur des sorciers cosmiques (...). Le metal c'est du folk, du folk pour le prolétariat : des gens qui se sentent bien en écoutant cette musique, qui les soulage et les aide dans le combat de tous les jours qu'est la vie, et j'en fais partie ».

Travailleuses, travailleurs, je vous exhorte maintenant à réécouter Progressive Proletarians de Kreator et à descendre dans la rue avec votre plus beau T-Shirt Répression dans l'Hexagone. Sera toléré aussi le désormais vintage We Are The Damned Of The World de Megadeth.


"I always say we play heavy metal. If I could call it something else it would be working class progressive metal because we all work at shitty jobs, shops, bars. The only time we can make music is after we're done with work, so really how can you go spend a month editing everything you play into Pro-Tools, having stellar perfected leads and sing about whizzing through the stars with some space wizard, really? It just doesn't work (...). Metal is folk music. Even if it doesn't sound like it, metal is folk music for lower working class people. The people that need this music are the people who feel powerless. It makes them feel better about themselves to listen to this incredibly powerful, grandiose music ; because the chances are, these people are struggling, and they could use this empowerment. I am no exception" (John Cobbett, from the Hammers Of Misfortune).

Le site et le Myspace de Hammers Of Misfortune.


...et toujours :
Folk You !

vendredi 27 mars 2009

Misère & cordes

Un jour morose de ma première année lycéenne, un vieil ami, D., a changé ma vie sans le savoir. Il ne m'a pas indiqué la sinistre planque du magot des Postiches (Michel l'avait déjà trouvé), ni ne m'a proposé un plan avec la milf qui lui servait de mère, et qui m'affolait. Il m'a simplement tendu une vieille K7 repiquée, sans boîtier et barrée d'un reste d'autocollant ayant jadis servi à l'identifier. « Tiens, ça te plaira peut-être comme t'aime la musique de corbeaux, je sais pas si tu connais ». Sur la bande, First And Last And Always, le premier Sisters Of Mercy. Dire que je l'ai adoré instantanément serait un euphémisme - j'ai écouté First And Last And Always plusieurs fois par jour pendant des mois, notamment dans ce sacré bus 3*. De peur d'altérer cette magie, j'ai longtemps évité de me documenter : pas de photos, pas de paroles si ce n'est celles que je croyais ou voulais entendre**, encore moins de bio à la con qui aurait dissipé la fumée nicotinique embrumant ce poster longtemps accroché au mur. Au fil des ans j'ai acheté l'intégrale de Sisters, des albums que j'aime mais dont aucun ne m'a redonné ce choc originel (et certainement pas les plus saturés - voir à ce sujet Christian Death, qui sombra en succombant à la tentation du metal). Un coup de foudre est la réunion de différents facteurs dont la convergence se nomme alchimie. Sisters m'a fait cet effet-là et j'ai fini par associer pour toujours First And Last... à une période particulière, parfois ingrate, parfois géniale, celle où « l'on erre, un peu par erreur ». Le genre d'album qui devient la bande-son d'une époque personnelle...

Sisters Of Mercy ne pouvait pas échapper à une entrée ici pour la bonne raison que j'aime ce groupe autant que Metallica ou Maiden... Pour respecter ma ligne éditoriale « industrie lourde », cela se fera sous l'angle des reprises metal, le groupe d'Eldritch ayant été fréquemment massacré par nos chevelus préférés (hormis quelques exceptions, force est de constater qu'il est plus souvent question de viol que d'hommage aux sœurs). On commencera par un de mes chouchous, Dan Swanö (Edge of Sanity), qui s'est frotté à Lucretia My Reflection. Malgré une intro bousillée par ce clavier que le bougre affectionne tant, sa version n'est pas mauvaise, proche de ce qu'un Cemetary époque Sundown aurait pu en faire. C'est donc une reprise acceptable que voici, mais préférez-lui cependant Sacrificed (sur The Spectral Sorrows) : l'un des meilleurs morceaux, dans la veine Doctor Jeep, que Sisters n'a... jamais écrit. Lucretia My Reflection étant fréquemment réinterprétée, passons à Kreator. Parue sur une obscure rétrospective, cette version dudit morceau est carrément intéressante. L'identité du Kreator aventureux d'alors (1999) imprime à Lucretia une patte industrielle du meilleur effet - je reste convaincu qu'un groupe allemand politisé ayant vécu la sinistrose berlinoise était ce qui pouvait arriver de mieux à Sisters Of Mercy. Enfin, ne nous attardons pas sur l'atroce version de Warrel Dane, le chanteur que l'on adore ou que l'on déteste : je déteste. Moins affreux que la reprise de Sound of Silence par Nevermore (« Simon & Garfunkel outragés », se serait écrié de Gaulle), ce Lucretia-là n'est vraiment pas terrible.

Passons sur In Extremo, groupe congénitalement malformé et dont il ne faut, par conséquent, rien attendre de la reprise de This Corrosion : le silence se fait devant ce clip plus gay qu'une soirée chez Michou. Si quelqu'un a eu la patience d'attendre la fin, qu'il me dise si oui ou non, Xena a fini par arriver. Après cette atrocité, il est temps de relever le niveau de manière inattendue puisque c'est au tour de Cradle Of Filth, que je ne goûte guère, de rentrer en piste. Étonnante relecture de No Time to Cry, morceau pour lequel j'ai un gros faible. Les anglais maîtrisent l'exercice, et tantôt j'adore (The Fire Still Burns, Sodomy and Lust), tantôt je hais (Hallowed Be Thy Name - remplacer les leads de Murray / Smith par un synthé devrait être puni de mort lente). Passée au mixer de Morticia Adams, la chanson conserve néanmoins sa substantifique moelle : une réussite. Comment ne pas aborder le cas Crematory ? Ce combo aura eu une importance capitale voici une quinzaine d'années, notamment avec le glauque Transmigration, avant de se perdre dans une trajectoire d'étoile fuyante, à l'instar d'Atrocity (on sauvera Awake et Illusions, pierres angulaires du death atmosphérique d'alors ayant, c'est vrai, très mal vieilli). Crematory honora les sœurs via la reprise archiconnue et pompière de Temple of Love, malheureusement dépourvue de sa pêche originale : l'occasion était belle, Temple... étant l'un des morceaux les plus énergiques de Sisters. Andre Matos, ange déchu du micro d'Angra, parlera à plus de monde que Felix Stass. C'est à More qu'il s'est attaqué avec Shaaman, et l'effort est louable : voici une réappropriation qui évite la trahison. Mais rien à faire, dès que j'entends Dédé, j'ai l'impression d'être à Recife en train de siroter une cachaça. Et ce qui sied parfaitement au heavy ensoleillé pour lequel le bougre est connu va, tout de suite, moins bien aux pâles Sisters.

On conclura cet article par l'une des meilleures reprises de Sisters Of Mercy proposée par un groupe de metal - Walk Away par Paradise Lost, trouvable sur l'EP paru à l'époque de Draconian Times. Le matériau de base, particulièrement solide, était tout indiqué pour nos ex-prochains Metallica (c'était alors ainsi que la presse parlait - mal - de Paradise Lost). A croire que Sisters l'avait écrit en pensant à eux. Ultra fidèle, s'intégrant tellement dans le répertoire des Perdus, Walk Away est ici magnifiée par le jeu sombre et acéré de Aedy et Mackintosh : les sœurs se voient traitées, enfin, avec le respect qui leur est dû. Paradise confirmera par la suite son talent pour l'exercice, voir notamment la brillante relecture de Small Town Boy (même si je lui préfère celle de Depressive Age). Si le metal se jette périodiquement sur Sisters Of Mercy comme la vérole sur le bas-clergé, ce n'est donc pas forcément avec une grande réussite... L'enfer est pavé de bonnes intentions. Je m'autorise une digression : comment ne pas citer, même si non metal, la sublime version de Alice par les étranges Celluloide ? L'electro-pop acidulée, froide mais sensuelle des français est encore ce qui va le mieux à Sisters, leur spleen originel étant trop souvent écrasé sous les power-chords de nos barbares préférés.

* L'Express A ou B m'arrangeait moins, d'autant que son plus court trajet ne permettait guère d'écouter plus qu'un Battle In The North.

** Certains comprendront - j'ai encore aujourd'hui l'impression que quelqu'un crie mon prénom, à un moment, dans Omnio (In The Woods) et je n'ai aucune envie de vérifier mon erreur sur metrolyrics.com.


Things sometimes happen that change the life of a grey teenager. Ok, having an unexpected blowjob performed in the back of the classroom by this skinny brunette you thought was a momma’s girl ranks first among said things.To be given your first Sisters Of Mercy record is also a very special moment – maybe some lucky fuckers got to experience these conjointly ! But enough bullshitting, what I’m trying to say is that First And Last And Always really did change my life : at last, another musical current entered my world, opening doors for Christian Death, Joy Division or the more commercial, yet excellent, Cure – Pornography still ranking as one of my all-time favourite records along with First And Last And Always. And I won’t change my barrel of goth for a barrel of fun (you know the fuckin’ song). So why is Sheol babbling about such non-metal, yet darkmongers, are you thinking ? Well, The Sisters Of Mercy have been regularly raped by hairy, axe-wielding motherfuckers such as Dan Swanö, Kreator, Cradle Of Filth, Atrocity, Paradise Lost, etc etc etc. See and hear for yourself by clicking on the links below, but as Pentagram would say, "be forewarned" : for better, for worst…

Lucretia My Reflection par The Sisters of Mercy, par Dan Swanö, par Kreator et par Warrel Dane (où est la basse ?).
This Corrosion par The Sisters of Mercy et par In Extremo (vais).
No Time To Cry par The Sisters of Mercy et par Cradle of Filth.
Temple of Love par The Sisters of Mercy et par Crematory (clip de Jean Rollin).
More par The Sisters of Mercy et par Shaaman.
Walk Away par The Sisters of Mercy et par Paradise Lost.
Alice par The Sisters of Mercy et par Celluloide (Naphtaline EP en libre téléchargement).

vendredi 10 octobre 2008

Deutschland über alles

« La réaction du monde métallique à Endless Pain fut extraordinaire. Nous avons joué pour la première fois sous le nom Kreator à Velbert (Allemagne), avec nos copains Violent Force qui faisaient aussi partie du HMFCV (Velbert Heavy Metal Fan Club). Ensuite, nous avons été invités à faire des premières parties en Belgique, au Danemark et en Bavière, ce qui était un truc énorme pour nous. L'underground se manifestait via des lettres venant du Brésil, du Chili, de l'Amérique du Nord et même de l'Europe de l'Est - mon cercle de correspondants s'élargissait rapidement... Nous savions que le deuxième album que Walterbach nous avait commandé, dont la sortie était programmée dix mois après le premier, se devait d'être encore plus violent et intense que tout ce qui s'était fait jusque là.

Walterbach avait embauché aux manettes Harris John, qui avait travaillé avec Helloween et Slime. L'enregistrement de Pleasure to Kill fut un peu plus discipliné que celui de Endless Pain, malgré la présence de nos copains Stoney et Grave Violator venus nous accompagner à Berlin (histoire de s'amuser un peu après les sessions). Finalement, on avait un peu l'impression de partir en voyage en famille ! L'album fut bouclé en deux semaines et le mixage final dépassa toutes nos espérances, jamais nous n'aurions imaginé avoir un tel son. Après la parution de l'album, on a fait quelques concerts, notamment avec nos héros de Celtic Frost. La presse spécialisée soutenait Pleasure to Kill et, chose bien plus importante, les fans l'ont adoré ! Le jour où j'ai appris qu'une tournée se montait avec Rage et Destruction fut un vrai choc, mais là où j'ai presque eu une attaque, c'est quand j'ai appris que VoiVod comptait nous amener aux États-Unis. »

Mille Petrozza, commentaire intégré à la réédition de Pleasure to Kill / Flag of Hate (Noise, 2000).

After Endless Pain had been released the response in the metal world was pretty amazing. We played our first concert under the name kreator in Velbert, Germany, with our HMFCV friends of Violent Force and were invited to play shows in Belgium, Denmark and Bavaria which was very exciting for us. The underground scene reacted with letters from Brazil, Chile, North America and even Eastern Europe as my circle of penpals was growing rapidly.... We knew that the second album Walterbach had asked for ten months after the release of the first one had to be even more brutal and intense than anything there was in metal up to that point. Walterbach hired Harris Johns who had worked with Helloween and Slime and the production was a little more disciplined than our first one, even though our old friends Stoney and Grave Violator came to Berlin with us just to hang out and party after the sessions - so the whole thing turned out to be a little bit like a family trip. After two weeks the album was done, and when we heard the final mixes for the first time we were more than happy since the sound was even better than we thought it could ever be. After the release we played shows with our faves Celtic Frost and the press seemed to be really into Pleasure To Kill. But way more important - the fans loved it! On the day I heard that there is gonna be a real tour with Destruction and Rage I almost freaked out, but when I heard that VoiVod were planning to take us out in the United States I almost had a heart attack (Mille Petrozza, Pleasure To Kill re-release liner notes).

...et toujours :

Kreator : des croches accrocheuses qui caracolent dans mon crâne...
Stream of (social) Consciousness
Heureusement qu'on se faisait ch**r dans les centres de jeunesse allemands !

jeudi 24 janvier 2008

To Protect And To Slay

On a tous, dans cet immense chaos néanmoins systémique, constitué des différentes écoles métallurgiques, nos petits chouchous. Ces groupes un peu moins connus, un peu moins cités et donc synonymes, dans nos petites caboches, d'injustice du siècle. Oui, celui-là par exemple, qui est aussi important pour toi qu'anecdotique pour moi. Vous voyez l'idée. J'en ai plusieurs, mais me contenterai aujourd'hui de mettre sur la table de dissection le cadavre - refroidi depuis quelques éons - de Protector. Un combo né, comme tous ses confrères allemands, dans une MJC vert-de-gris (merveilleux pays) et qui frappe fort dès son patronyme. Protector ; il faut reconnaître que ça claque comme doit claquer celui de tout bon défenseur de la foi. Probablement trouvé pendant le cours d'anglais, il va sans dire - après tout, le logo a bien été dessiné pendant le cours de maths. L'école allemande ? Un vrai bienfait pour le metal (tu trouves le nom de ton groupe le matin et t'enregistres ta première démo l'après-midi dans la MJC sus-citée. Le jeu ? On verra ensuite, on a dit qu'on faisait du metal) !

Plusieurs raisons alimentent mon amour pour Protector, mais ce qui demeure pour moi son principal attrait et son unicité, c'est l'inexorable dévastation de son thrash-death slayerien, et surtout cette mise en place complètement américaine à partir de Golem. Oui, Protector est éminemment brutal, oui, Protector bastonne avec une efficacité toute germanique, et oui, mille fois oui, Protector est crade et roots comme tout brûlot de thrash européen de l'époque qui se respectait. Oui, mais Protector demeure carré et plus précis que n'importe lequel de ses frères d'armes, à l'exception notable du Kreator post-Coma. Et à l'inverse de la bande à Mille, Protector n'a pas perdu, en contrepartie de cette mécanique de haute précision, sa part la moins avouable : celle du diable. Bien sûr j'adore Sodom, Kreator plus que tout, Destruction, Assassin et tous les grands noms du thrash teuton (qui a aussi ses moins grands, qui se souvient des horribles Poltergeist ?), mais Protector demeure mon petit... protégé. Plus de densité, plus d'embardées vers le death, un penchant notable et pas encore si courant pour truffer ses morceaux de passages mid-tempo ravageurs, et donc ce côté « horlogerie suisse » qui n'était pas, loin s'en faut quand on parle du thrash ultra-rhénan des années 80, une option standardisée... Il faudra en effet attendre des influences aussi énormes que celle d'un Morbid Angel ou d'un Cannibal Corpse pour que quelques tours de clé soient donnés aux charmantes approximations procédant des Possessed, Hellhammer et autres Venom.

A Shedding of Skin, tuerie à la bestialité inégalée sur laquelle tous les démons de la terre semblent rugir par le gosier de Wiebel, reste pour moi l'album le plus marquant. Une fois terminée son intro arpèges/bruitages bucoliques très tiamatesque, déboule une quarantaine de minutes de folie furieuse, flirtant régulièrement avec le black metal lorsque tous les potards sont à onze... Whom Gods Destroy (c'est pas metal ça comme titre ?), Mortuary Nightmare et Retribution In Darkness demeureront les hymnes les plus puissants du Protectorat mais tout le reste est à l'avenant. L'incontournable instrumental, passage obligé de tout grand disque thrash, est présent sous le nom de Necropolis. Un album « no fillers, just killers ». La production âpre et crunchy de Harris John (quelle surprise...) et la pochette du futur célèbre Joachim Luetke parachèvent un chef-d'œuvre... qui ne doit cependant pas éclipser le reste de la discographie du groupe - en particulier le très misanthropique premier mini. Cependant le talent ne fait pas tout et A Shedding of Skin, prétendant au trône obsédé par la cruauté musicale, ne parvînt pas à s'imposer commercialement en cette année 1991 déjà surchargée en la matière. Rien n'avait commencé... que tout était déjà fini !


Que retenir du groupe aujourd'hui ? Simplement que l'extrême agression du blackened-thrash teuton (abreuvé directement à la source du Styx, à l'instar de son frérot sud-américain), la précision virtuose du death metal made in Tampa (confere les faux airs canniboulesques du morceau A Shedding...) et l'énergie des thrasheurs de la Bay Area, à l'instar de Calgon 3 en 1, ça existait... et ça se trouvait chez Protector. Aujourd'hui Hansi Müller et Olly Wiebel sont retirés de la scène et travaillent dans l'usine locale des Voitures du Peuple (ou comment le metal peut changer votre destin... ou pas !), Michael Hasse ne risque pas de revenir de là où il est, et seul le sympathique Martin Missy maintient une timide flamme au moyen d'un groupe-hommage, The Protectors, et d'une page web très documentée qui n'intéresse que les pelés dans mon genre. Le golem est inerte, mais ses enfants sont légion : Urm est toujours fou et hurle sa superbe schizophrénie thrash / death au détour des riffs d'un Blood Red Throne, pour n'en citer qu'un. Sa campagne est terminée depuis bien longtemps, alors que le Protectorat repose en paix sans sombrer dans un bien irrespectueux oubli.

Wow, man, do I love fuckin’ Protector. I can’t believe how this metallic german war machine is forgotten by all nowadays – fuck it, they were true defenders of the faith, absolutely flawless throughout their career, and yet we’re still talkin’ about fuckin’ Tankard. Go figure ! So yeah, I wholeheartedly confess my unconditional love for the Protectorate’ slayerian thrash death metal attack. Brutal as fuck and as mercilessly nailed as Jesus was on the cross, deadly precise (the american way !) while retaining the savageness of the German thrash metal acts, what more can you wish for ? Inexorable devastation, yup, that’s what Protector had to offer and be sure that two decades later it will still blow you far, far away. I’m particularly fond of A Shedding of Skin, a nasty motherfucker released in Holy Metal Year 1991, A.D. Olly Wiebel really screams his guts out on this one ! Just listen to Whom Gods Destroy (can a song’s name get more metal than that for fuck’s sake ?), Mortuary Nightmare or Retribution In Darkness, then suffer and obey your new masters… Unfortunately A Shedding of Skin failed to reach its audience and the mighty Protector began to fall from metal grace. A real letdown for these talented musicians – please keep the oriflamme of the once powerful Protectorate burning high and bright : their doing shall not be buried by time and dust !

A Shedding Of Skin (Major Records, 1991)

01 Intro
02 Mortuary Nightmare
03 A Shedding of Skin
04 Face Fear
05 Retribution In Darkness
06 Doomed To Failure
07 Thy Will Be Done
08 Whom Gods Destroy
09 Necropolis
10 Tantalus
11 Death Comes Soon
12 Unleashed Terror
13 Toward Destruction

Le
mausolée-Myspace (malheureusement aucun morceau de A Shedding of Skin, album déjà hors-canal historique suite au départ, pour cause d'agoraphobie, de Martin Missy) de Protector.


Le
Myspace de The Protectors, groupe-hommage emmené par ledit Missy.

mardi 30 janvier 2007

Kreator : des croches accrocheuses qui caracolent dans mon crâne...

Ils ne seront certainement jamais au courant de cet honneur... Mais aujourd'hui je remets deux prix (super...), dont le premier va à Kreator ! Une sorte de catchiness price récompensant Phobia comme étant l'un des morceaux les plus accrocheurs de la planète metal, en particulier grâce à sa rythmique principale juste diabolique d'efficacité. Du genre « bang that head that doesn't bang », si vous voyez ce que je veux dire - je suis sûr que oui. Tout en zéro syncopé sur la grosse corde, quoi.

Morceau d'une rare qualité, Phobia synthétise en quelques trois minutes le savoir-faire de Kreator et de Mille Petrozza, songwriter immense et véritable personnage du metal teuton, capable de tenir la seconde guitare pour Celtic Frost le temps d'une tournée, de jouer au sein de Voodoocult avec Schuldiner, Sorychta et Lombardo, et d'apparaître dans un programme TV pour minots afin de leur expliquer ce qu'est le thrash metal (je n'ai pas encore réussi à déterminer ce qui me laisse le plus rêveur...).

Le second prix ? Ah oui, il est pour moi (ça fait pas de mal de temps en temps un peu d’auto-congratulation), et c'est celui de la brièveté : cela faisait longtemps que je voulais écrire quelque chose d'aussi court ! Sans plus attendre passons à l'intérêt principal de cette notule : Phobia dans sa magistrale version du Live Kreation. Ein, Zwei, Drei... Is there something after yooouuu ?

Kreator’s Phobia really is a killer tune. I love it so much, man. Seriously if I wasn’t French, I’d like to be German. Fuck, it almost happened in ’44 isn’t it ? Ok enough bullshitting – back to Phobia. Truth be told, dont' you find it incredibly powerful and catchy ? Kandy for your eyes and ears. Here it is in its Live Kreation rendition. And better bang that head that doesn’t bang, ‘cause mine is already banging.

Phobia sur Youtube.

...et toujours :
Stream of (social) Consciousness
Heureusement qu'on se faisait ch**r dans les centres de jeunesse allemands !

vendredi 8 décembre 2006

Stream of (social) Consciousness

Hormis sur ses deux premiers albums, consacrés aux sempiternels démons censés venir nous botter le cul pendant notre sommeil (toujours pas arrivés), Kreator a toujours pris soin de fignoler des textes coup-de-poing, au fil anarcho-gauchiste aussi tranchant que les riffs les portant. Enemy of God, dernière livraison en date, ne fait pas exception à la règle malgré un titre qui induirait en erreur quiconque n'y regarderait à deux fois. Mille Petrozza, toujours aussi révolté, continue d'inscrire son groupe dans le gros thrash social qui tâche, laissant bouchers éventreurs et autres démons cacochymes à ses compatriotes Destruction et Sodom. Ne parlons pas du nectar houblonneux, sujet d'inspiration infinie creusé avec bonheur - pour certains - et exclusivité par les poètes éthyliques de Tankard (au secours). Alors certes, d'aucuns diront que ça ne va pas pisser bien loin, et que ce n'est pas l'étude géopolitico-sociale la plus pertinente qu'il nous ait été donné de lire. Et c'est vrai ! Mais enfin, le but n'a jamais été d'écrire une thèse et cela reste de la musique, du thrash d'excellent niveau et hypermoderne pour un groupe de cet âge - notons même une coloration Gothenburg qui vient teinter la fin de l'album de sonorités rougeoyantes d'habitude plus scandinaves que germaniques.

Kreator n'a jamais prétendu faire d'essais politiques mais préfère, avec peut-être un peu plus de talent que de succès depuis la fracture Renewal, donner dans le pamphlet contestataire et descriptif. Enemy of God est donc un état des lieux, un constat d'urgence dressé par un Mille Petrozza consterné de se voir, chaque soir à vingt heures devant son poste, imposer une telle dose d'impossible brutalité. Sans rivaliser avec la force parolière d'albums tels que Cause For Conflict (eux-mêmes), ...And Justice For All (Metallica) ou encore Beneath the Remains (Sepultura), Enemy of God est cependant un grand disque que nous offrent ces punks allemands déguisés en thrasheurs, une sorte de BO idéale à cette ultraviolence incontrôlable et ascendante, alimentée pernicieusement par un inexorable système de vases communicants : les idéologies fondatrices s'effritant, ne reste désormais plus que la sauvagerie humaine toujours plus dénuée de règles. Fussent-elles critiquables elles-aussi. Une thèse assénée sur douze terribles morceaux !

Putting aside its first two releases, Kreator was always about politics and social awareness (and kick-ass thrash metal). Enemy of God is no exception and, despite its title suggesting some kind of church-burning black metal content, is another fist in the face of god (errr, of society, sorry) ! Sure it ain’t a postgraduate thesis but hey, we don’t need no more brains to understand it’s total social shit all over and everywhere right fuckin’ now. Got it ? I have to say that Cause For Conflict is maybe my favourite Kreator album as far as these topics are concerned – this release is criminally underrated : to say it is a major body of work is an understatement. However Enemy of God is a strong CD, almost punkish under its guise of barbaric thrash metal, and denouncing whatever there’s to denounce right here, right now. Man, I really do feel like a fuckin’ progressive proletarian writing these lines.

Enemy of God (SPV, 2005)

01 Enemy Of God
02 Impossible Brutality
03 Sucide Terrorist
04 World Anarchy
05 Dystopia
06 Voices Of The Dead
07 Murder Fantasies
08 When Death Takes It's Dominion
09 One Evil Comes - A Million Follow
10 Dying Race Apocalypse
11 Under A Total Blackened Sky
12 The Ancient Plague

Le site et le Myspace de Kreator.

...et toujours :
Heureusement qu'on se faisait ch**r dans les centres de jeunesse allemands !

dimanche 20 novembre 2005

Heureusement qu'on se faisait ch**r dans les centres de jeunesse allemands !

« Le groupe a commencé en 1982 comme un simple hobby. C'était ça ou passer notre temps à traîner dans les MJC. Aucun d'entre nous n'avait jamais eu l'ambition de réaliser un jour un album, et quand nous ne jouions pas nos chansons aux titres fameux comme Shoot them in the head, Shellshock ou Heavy Metal Fight, nous reprenions du Priest, Venom ou Twisted Sister. A un moment, nous faisions même Born To Be Wild de Steppenwolf. Notre version était atroce, mais je me souviens de ce biker qui l'avait vraiment appréciée lorsque nous avions joué à Velbert en première partie de Living Death, en 1984 - le premier concert officiel de Tormentor. Nous écoutions tous Mercyful Fate, et Ventor était ouvertement sous l'influence du King dans le morceau Armies of Hell extrait de notre première démo - End of the World (en fait, c'était plus précisément notre seconde démo, si vous comptez comme telle la Blitzkrieg tape enregistrée sur un transistor Woolworth dans la salle de répétition).

Le tape-trading était alors un vrai phénomène dans l'underground metal, et j'avais envoyé quelques démos à mes correspondants en échange d'un nouveau bootleg live de Raven et de quelques démos de black metal sud-américain. Stoney, qui a toujours été un peu un membre officieux du groupe, avait beaucoup aimé la démo de Tormentor et décida d'en faire deux copies pour les envoyer à SPV et à Noise Records. Étant perfectionniste et prompt à l'autocritique, je n'avais pas vraiment apprécié cette initiative car je pensais que nous devrions attendre d'avoir de meilleurs morceaux... Mais Stoney se ramena un jour avec une lettre de Karl Walterbach, le président de Noise Records, qui disait vouloir entendre plus de matériel car il pensait nous signer. Quelques-uns de mes groupes favoris comme Slime, Hellhammer et Celtic Frost étaient sur Noise/AGR, j'étais donc très excité à l'idée d'enregistrer un album pour cette compagnie (même si nous n'avions que six morceaux). Après quelques intenses séances de composition, une organisation digne d'un casse-tête chinois (aucun d'entre nous n'avait dix-huit ans, donc pas de permis, et le studio était à Berlin - j'ai dû demander au mari d'une cousine de nous emmener là-bas, entassés avec nos instruments dans son van), et d'interminables discussions avec les profs visant à leur expliquer qu'enregistrer un album était plus important qu'une interro d'histoire, nous sommes finalement arrivés aux CAT studios sans la moindre foutue idée de ce qui nous attendait... mais avec dix morceaux.

Durant la session, Walterbach nous dît qu'il fallait que nous changions notre nom : il existait déjà un autre Tormentor. Nous finîmes par choisir Kreator. Pour nous, être en studio et enregistrer un album, c'était totalement hallucinant et génial... Nous ne pensions même pas à l'éventualité d'un second album. Mais Endless Pain fut particulièrement bien reçu par la planète metal, et Walterbach nous rappela huit mois plus tard pour faire un autre album. Mais ceci est une autre histoire... »


Mille Petrozza, commentaire intégré à la réédition de Endless Pain (Noise, 2000).


"The band started as some kind of spare time fun in 82 as an alternative to hang out in youth centers all the time. None of us ever had the ambition to ever do an album whatsoever and when we didn't play our own songs with famous titles like Shoot Them in the Head, Shellshock or Heavy Metal Fight we would do Priest, Venom or Twisted Sister covers. We even did Steppenwolf's Born to Be Wild at one point in time which sounded awful, but the biker guy in the audience at our first official Tormentor gig in 84, supporting Velbert's Living Death, got really into it. We were all listening to Mercyful Fate, and Ventor was obviously influenced by the King on the song Armies of Hell from the first demo End of the World (well actually, it was already the second one, if you do count the Blitzkrieg tape which we had recorded on a Woolworth boombox in our rehearsal room). Tape trading was big in the metal underground back then and I had sent out some demos to my penpals in trade of the new Raven live tape or recordings of South American black metal bands : Stoney, who has always been a somewhat unofficial member of the band, liked the Tormentor demo very much and decided to make two copies and send them out to SPV and Noise Records. I - being very self-critical - did not like this idea too much thinking that we should wait until we have better songs, until Stoney showed up with a letter saying that Karl Walterbach, head of Noise Records, was interested in hearing more material because he wants to sign us. Some of my favourite bands like Slime, Hellhammer and Celtic Frost were on Noise/AGR, so I was pretty excited about the fact that we were going to make an album for them (even though we only had around six songs). After some heavy songwriting, complicated organisation (none of us was eighteen, so nobody had a driver's license and the studio was in Berlin - so I had to ask my cousin's husband to drive us as well as our equipment in his van) and discussions with our school teachers about the recording of an album being more important than history tests, we arrived at CAT studios with no fuckin' idea and 10 songs. During the session Walterbach told us that we had to change our name since there was another Tormentor somewhere - so we came up with the name Kreator. For us being in a studio, doing an album was so amazing and mind blowing... we didn't even think about the possibility of doing a second album. But Endless Pain was very well received by the metal world, and Walterbach called us again eight months later to do another album. But that's a different story..." (Mille Petrozza, Endless Pain re-release liner notes).