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mardi 29 décembre 2015

Lemmy Kilmister 1945 - 2015 : born to lose, live to win

J'aime éviter le pathos et espère ne pas sombrer dans cet écueil mais le décès de Lemmy - inutile de revenir sur le personnage et ses soixante-dix années atteintes on ne sait trop comment - m'a touché. La  disparition d'un personnage inconnu personnellement, seulement vu de loin en concert dans un Zénith, mais qui fait partie de ma vie depuis si longtemps. Forcément il emporte quelque chose de moi-même. Gamin, à 12 ans, 1916 fut avec Let There Be Rock et Hysteria le premier album que j'empruntais à la bibliothèque municipale pour le copier sur support cassette.

J'ai toujours cette vieille BASF sur laquelle figure l'album d'AC/DC en face A, celui de Motörhead en face B. Ce 1916 que je tiens pour l'un des chefs-d'œuvre des Anglais. Nul en sport, bon à l'école sans me fouler et toujours fourré dans un bouquin, j'ai passé comme beaucoup quelques vrais mauvais moments sur les bancs du collège. Le hard rock - comme on disait - est une musique de marginal, et le metal extrême, a fortiori le black metal, est celle des vilains petits canards : on y vient car on a été poussé vers la frange qu'on s'est trouvé - je me comprends. Mais suffit de la digression. Mon intérêt pour le « hard rock » se répandit vite dans la classe et me rendit « cool »... l'espace de quelques mois. 1916 fut ainsi prêté, écouté, repiqué plus qu'à son tour. Un petit camarade se procura une image de tête de mort, sur le blanc du front de laquelle nous écrivîmes en lettres attachées : « AC/DC : Let There Be Rock / Motörhead : 1916 ». Pas assez réceptif à l'album des Australiens, je regrettais vite mon erreur d’ordonnancement et passais mon temps à accélérer la face A pour arriver plus vite à 1916. Mon père mit à contribution la photocopieuse de son bureau et nous réinventions, sans le savoir, cette charte graphique si chère aux démos black / death metal de l'époque : la sempiternelle photocop' monochrome lo-fi de chez lo-fi (plus tard, mon côté rain man me poussera à abattre un travail de titan en recréant, « chartant », standardisant toutes mes vieilles jaquettes via WordArt). Nous n'avions pas encore de lecteur CD à la maison... Lorsque cet appareil révolutionnaire intégra enfin le foyer familial, je possédais déjà mon premier « compact-disc » : A Real Dead One d'Iron Maiden, acheté plus tôt en prévision de cette acquisition que je savais voulue par mon père (mais ce fut Rust In Piece, sorti de la même bibliothèque, qui étrenna l'appareil). Concernant 1916, j'appréciais tout l'album et notamment l'étrange piste Nightmare / The Dreamtime. Quelques nappes de synthé à la sourde mélancolie et une ambiance aussi éthérée que menaçante au milieu du chaos habituel. Dans un genre très différent et toutes proportions gardées, c'est bien certains de ces éléments qui me firent succomber plus tard au black metal symphonique...

Quelques mois après la découverte de 1916, un oncle lyonnais d'un âge assez avancé me fit un magnifique cadeau qui trône actuellement sur ma bibliothèque : le vinyl original de Bomber, ayant appartenu à son fils cadre quarantenaire. Dire que je n'imaginais pas que ce vieil appartement modeste abrite en son sein un tel artéfact est un euphémisme et ma surprise n'eût d'égale que ma joie (je récupérais aussi Born Again de Sabbath, sur lequel Gillan vocifère magistralement Neon Knights et Digital Bitch entre autres perles). Il faut relire White Line Fever (l'expression d'une sagesse rabelaisienne et désabusée qui émergea de cette vie de dingue), écouter aussi Head Cat qui complète tellement Motörhead. Lemmy est un personnage important dans ma mythologie personnelle : j'ai bu quelques whiskies à sa mémoire, en matant des vidéos sur YouTube, et en regrettant le temps qui passe.

So sad to have learned about Lemmy's "untimely" (?) passing. The man was a wise, adventure-ridden old rock n' roller and lived true to his famous motto "Born to lose, live to win". My first encounter with the gentleman and his motley crew was through 1916, a great release and personnal masterpiece. Eversince that day, Lemmy was a prominent figure in my personnal pantheon, and I do not have powerful enough words to pay him the tribute he deserves. You don't know me man, but I love you. May the earth rest lightly upon you. So sad. So sad.

...et toujours :

dimanche 16 novembre 2014

Antilife

Difficile de ne pas voir, dans la mort du jeune Selim Lemouchi, une conclusion parallèle à celle choisie par Jon Nödtveidt... Car quoi qu’inspirant de très grands albums de metal plus ou moins extrême (Reinkaos...), liés dans les ténèbres par l'adoration morbide d'un bien mystérieux culte rappelant plus qu'à son tour les sectes millénaristes, ce « gnosticisme anticosmique »  est percutant dans sa définition et vertigineux dans sa vision. Le grand chaos ; tout en vient et tout y retourne ; ce qui voudrait exister par la chair (trivial véhicule de notre passage) entre ces alpha et omega n'a pas de raison d'être. Voilà en tout cas comment je perçois les fumeuses théories de ce qui n'est pas plus qu'une mystérieuse congrégation, essentiellement numérique, mais peut-être plus puissante que l'on pense. Une vision dérangeante car dérangée de la vie. Arckanum, Disiplin, Dissection, Watain pour les plus connus sont le « sonic commando » de cette obédience noire exerçant une évidente emprise intellectuelle sur ses musiciens-instruments.

Car la libération de la chair, c'est un arrachement définitif qui s'appelle la mort ; l'arrêt dysfonctionnel et terminal d'un système biologique bipède. Certain d'avoir achevé son grand-oeuvre via The Devil's Blood au point de clouer cette bouche de Satan par un communiqué laconique et définitif, envisageant sa mort comme point d'orgue de sa vie, Lemouchi aura eu une trajectoire d'étoile filante à la Jon Nödtveidt (même si celui-ci aura expérimenté la mort de diverses façons) bien regrettable au vu de l'excellence de sa musique. A tout le moins, le metal et plus largement le hard rock occulte - devant autant à Blue Öyster Cult et à Coven qu'à Mercyful Fate ou à Watain - a perdu un héraut de grande valeur ! Il est dommage que The Devil's Blood, une aventure fraternelle rarement vue dans le style, trouve sa fin artistique dans Tabula Rasa, compilation quasi post mortem au goût de fond de tiroir qui succède difficilement à The Time Of No Time Evermore et The Thousandfold Epicenter. A ré-écouter aussi, sa divine intervention sur Waters Of Ain des petits crassoux de Watain... Only Death Is Real, merde, c'était pour déconner ! Il semble qu'une frange de musiciens prennent actuellement l'assertion frostienne bien trop au premier degré.

What a pity... I'm talkin' about Selim Lemouchi's untimely passing here. The man chose to end all things after having completed a short but wondrous body of work through the mortal vehicle known as The Devil's Blood. A very, very gifted musician whose death can't be questioned but only mourned. Maybe some dark claws claimed his soul. Do not judge, lest be judged yourself. I will not know death until my time comes. Fuck it anyway, 'cause I'm half drunk, tryin' to type these lines on a fuckin' smartphone after several shots of Knockando graciously poured down my parched throat by a good friend of mine. This one is for you Selim, for this is the time of no time evermore.

mercredi 30 octobre 2013

Departure From The Mortals / RIP

Partir en octobre, ç'aura été l'anti-choix d'une musicienne talentueuse dont je n'étais pas fan de toutes les productions / participations, mais dont le CV est un éloquent témoignage de la scène française true black metal (triumvirat Antaeus, Vorkreist, Hell Militia) - un terme clair et précis que je préfère à l'abusif et inutilement élitiste « orthodox ». Un black metal de haute volée, invoqué-canalisé-délivré dans les règles de l'art véritable, mais auquel je préfère finalement l'autre grande référence présente sur les états de service de LSK ; les vêpres lépreuses célébrées par Secrets Of The Moon sur Privilegivm. RIP.


French bassist LSK played with and alongside many important black metal-affiliated bands, including french activists Antaeus, Vorkreist and Hell Militia, and German liturgists Secrets Of The Moon. To take one's own life shall not be judged nor commented, for it is not a choice but a call.

vendredi 3 mai 2013

Au sud du paradis / Jeff Hanneman RIP

Bien qu'écoutant déjà du metal depuis quelques petites années à ce moment-là, c'est vraiment avec Divine Intervention (1994) que je suis devenu dingue de Slayer, ce quarteron sinistre et alcoolique, vrai-faux groupe de punk comme tant de combo thrash ou black metal. Divine Intervention le bien-nommé (époque où seuls Biohazard, Machine Head, Dearly Beheaded et Fear Factory étaient épargnés par l'ostracisation américaine - donc toute puissante - du metal) est ce fabuleux premier album post-Lombardo, contempteur de l'american way of life, s'en faisant légiste méticuleux, exhumant la vilaine tête de l'autre Amérique (derrière les naïades californiennes, Kemper, Ramirez, Dahmer...) tout en abandonnant définitivement l'exclusivité satanique.

Son grain ténébreux, presque lo-fi par moment, et son iconographie légendaire (le fan scarifié sur le live concomitant) lui conserve une aura maléfique que peu sauront convoquer par la suite dans le genre thrash. Un des sommets de Slayer, avec bien sûr Decade Of Agression qui reste la meilleure introduction possible au thrash metal (Hell Awaits, ou le meilleur build-up de tous les temps !).

Divine Intervention est signé Jeff Hanneman sur cinq des dix morceaux et bien que semble-t-il mal-aimé aujourd'hui (j'ai du rater un épisode) j'en reste un fervent défenseur... Il faut le réécouter en hommage à Jeff ! Salut l'artiste.

Hey ! Jeff Hanneman is gone, seemingly for a very long time. Despite his tragic demise, extended on three long and painful years, I will remember him as the axe-wielding demon of Slayer's heyday. Not the first in charge (Hi Mr. King), nevertheless second to none !

Le site et le Myspace de Slayer.

...et toujours :
Tontons flingueurs

jeudi 1 juillet 2010

Tous les matins du monde sont sans retour


Hormis le premier album*, je n'ai jamais vraiment aimé Machine Head. The Blackening n'a pas fait exception à la règle : des bouts thrashouillards super efficaces noyés dans des breaks hardcore qui viennent tout ruiner - il en va du thrash comme du reste et trop de mélange, ça tue les couleurs. Ceci étant, Robb Flynn est un personnage que j'ai toujours apprécié, une grande gueule à la Anselmo ou à la Zakk Wylde et parfois en proie à la même « clochardisation » physique (ce mec porte les mêmes t-shirts depuis quinze ans ; celui orné d'un as de pique/tête de mort doit, à mon avis, tenir tout seul une fois posé dans un coin), qui se ressent aussi dans son metal.

Objet de cette notule et grand moment d'exhibitionnisme artistique, le touchant hommage rendu par Flynn à Debbie Abono, brièvement mentionnée dans une notule précédente. Personnage étonnant que cette vieille dame de quatre-vingts ans, ancienne institutrice, qui connaissait de près ou de loin tous les thrashers de la baie - et pour cause, puisqu'elle avait été notamment manager de Forbidden, Vio-Lence, et plus ou moins découvreuse de Possessed. Décédée récemment, c'est pour elle, peut-être plus encore que pour Dio, que Flynn a enregistré cette reprise magnifique et dépouillée de Die Young (Black Sabbath).

* Où en serait aujourd'hui le metal américain sans Far Beyond Driven, Burn My Eyes et Demanufacture, qui ont, contre toutes modes, contre tout diktat, permis au genre de continuer à exister médiatiquement durant les années quatre-vingt dix ?

Ok, we all know Die Young, one of the many Dio-era Black Sab' classics. So here's an oblique, soulful take on it, as performed by Robb Flynn in his new garden (that's right - he said so in the 'Ead official website). Sure we can have a laugh at pretty much everything, and that home video sometimes looks like a shampoo ad. But hey, come on, apart from bullshitting, this homage to both Debbie Abono and Dio is a truly sincere and moving one - and besides, I've always liked Robb Flynn. Way more than Machine Head.

...et toujours :Vio-lence : du bon thrash qui tâche (pistache)

vendredi 21 mai 2010

Sicut Cadaver

The Apotheosis of War (Vasily Vereshchagin, 1871)

En 2010, malgré le marasme socio-économico-professionnel que nous connaissons, il en est une qui ne connaît pas la crise : si je la rencontre, ce ne sera pas, c'est sûr, dans le cadre de mon boulot. Elle fauche la scène, comme la grêle les blés. Après Peter Steele et notre vieux Ronnie (qui a connu les honneurs du canard local), après Debbie Abono (soutière du metal qui choisit, à l'âge où une dame prend censément sa retraite, de manager Exodus, Possessed et Vio-Lence) et quelques autres, voici que c'est Juhani Palomäki qui casse sa pipe (pas une news sur ce torche-cul qu'est Blabbermouth). Trente-deux ans, c'est jeune, c'est moins de moitié moins que Ronnie et je ne parle pas de l'âge canonique de Madame Abono. Cause non révélée (entre le suicide, le sida et la combustion spontanée, j'opte raisonnablement pour la première), mais effet déjà connu : un énorme coup de vieux dans les dents. Voici bien plus d'une bonne dizaine d'années que j'avais eu la chance de voir Yearning en concert avec Nightfall et SUP, et l'occasion de baragouiner quelques instants avec l'alors très jeune - mais moins que moi - chanteur-guitariste.

Yearning a sorti plusieurs albums et marcha plutôt bien en France, malgré le profil bas que s'est toujours imposé ce projet musical - difficile de parler de groupe. Parmi desdits albums, je recommande humblement With Tragedies Adorned, qui fait partie de la bande-son de mon adolescence, mais surtout Plaintive Scenes. Un album important dans la (re)construction de mes goûts, lorsque je suis passé du tout-américain aux genres et groupes plus confidentiels et « exotiques », fussent-ils du sud (Moonspell) ou du nord (Emperor). Et un disque que j'ai associé pour toujours, de façon incongrue vu son origine, à une traversée nocturne de l'Espagne. Seul éveillé dans un bus tout entier endormi filant vers Porto, mon amie d'alors calée à côté de moi, j'avais écouté en boucle ce chef-d'œuvre qui répondait à tout ce romantisme adolescent que j'avais au fond de moi. Je ne suis peut-être plus ni l'un, ni l'autre... mais amateur de Yearning, toujours. Salut l'artiste, tu es mort jeune, mais tu as fait beaucoup.

Naïveté de Yearning, le seul groupe finlandais qui savait utiliser les trémas et accents aigus dans son français.

What a sad year 2010 is – and a busy one for the reaper. Pete Steele, Ronnie Dio, Debbie Abono (an almost unknown figure whose role in the rise of American west coast thrash metal was an important one), the ‘Knot Paul Gray and other lesser-known people… It seems that wasn’t fuckin’ enough ‘cause now it’s young Juhani Palomäki’s turn to be swallowed into the void. What a pity – Yearning was a talented band criminally underrated ! Despite having never “made it” on the American market, Yearning did pretty well in Europe and especially France. I highly recommend Plaintive Scenes, the second release, which sums up everything that Yearning was : melodic yet heavy as fuck, while retaining an atmospheric and romantic touch which I call the “Finland style”. Sadly, the death of its founding member and mastermind is also the demise of Yearning.

mardi 11 mai 2010

October Dust

Pas forcément dingue de sa musique tout en reconnaissant largement ce qu'elle a apporté à notre scène (beaucoup), mais inconditionnel du bonhomme en lui-même : tel était mon rapport avec Peter Steele, qui a décidé non pas de claquer par un mois d'octobre un peu rouillé mais plutôt un bête jour d'avril 2010. La vie est conne, il le savait, nous le savons, vous le savez. La multiplication des hommages par des musiciens de tout horizon fut aussi impressionnante que celle des pains par le Christ et Peter Steele se serait contrefiché du mien autant que des autres. J'ai donc décidé, après concertation avec moi-même (nous sommes souvent d'accord), que le mieux était de lui laisser la parole une dernière fois. La sagesse de cet homme, féministe de la première heure qui disputa la guerre des « gaules » à César, était biblique - ainsi en attestent ses fulgurances post-sartriennes et autres considérations situationnistes (notamment sur la Femme et sa place - à Brooklin comme ailleurs, y'a une cuisine dans chaque maison). Enjoy, comme ils disent... :

« - You say I'm a pussy - Well I say you're what you eat

- I used to try to run five miles every other day, but I was subjected to my own thoughts for forty minutes and I couldn't stand what I thought

- I'm a big fan of the effects of alcohol

- I don't cry anymore, I just beat people up. It's a lot more fun

- Words as slut, cunt, whore, are not directed to the entire female populus : there is no better person in this world than my mother

- I don't hate women ; I hate all people equally ».


Enfin, profitons de ce billet pour une exhumation (pas celle de Peter - ça a déjà du être assez compliqué comme ça pour le mettre en boîte). Fallout, c'était le premier groupe de l'escogriffe, et il est amusant de remarquer que la plupart des choses qui allaient être développées dans Type O Negative étaient déjà là : l'humour noir, ce côté punk esthétisant assaisonné de claviers léthargiques, et cette prestance déglinguée qui devait autant au doom de Black Sabbath qu'aux substances du dealer d'en face. Josh "Taupe au Guichet" Silver jouait déjà dans ce groupe mais l'histoire ne dit pas s'il était déjà constipé (avez-vous vu ce mec essayer désespérément de chier dans un champ, dans une home video plus tordante qu'un Seinfeld ?). Pour un bête groupe de heavy metal (pléonasme), Fallout devait être plus intéressant qu'il n'y paraissait et, passée la parenthèse ignominieuse - c'est un compliment - Carnivore, Type O en fut la directe continuation. Où la preuve, une fois de plus, que rien ne pousse bien sans bonnes racines. Sur ce, laissons Peter à celles des pissenlits...

Batteries Not Included et Rock Hard, enregistrées en 1981 par Fallout.

Not wanting to sound like a pussy, but I have to admit that Pete Steele’s passing did affect me a bit – it just saddened me, really. Typo O really never was my thing but Steele was a bigger-than-life character blessed with a twisted, metal Woody Allen kind of humor – and it makes each one of his interviews absolutely priceless. As I know you like to learn things here, you can say Pete was a “pince-sans-rire” (a French idiomatic expression). One day his quotes will be compiled in a compendium and our children would have to learn it. Wouldn’t that be überkult ? By the way, Fallout is not only a video-game. It is also Pete’s pre-Carnivore band, foreshadowing in many ways the TON stuff. Give it a try instead of listening to Christian Woman for the hundredth time !!!

vendredi 20 février 2009

Miika Tenkula 1974-2009

C'est officiel : Sentenced ne se reformera jamais. Miika Tenkula a passé l'arme à gauche hier 19 février 2009. Trente-cinq ans, c'est jeune, mais ce fut suffisant néanmoins pour lui permettre de composer une bonne partie des huit albums (plus quelques EP) des northernmost killers. Le guitariste joufflu aux faux airs de Sean Astin aurait vraisemblablement payé le prix du culte qu'il vouait à l'un des seuls démons véritablement dangereux dans le metal - la bouteille. Miika Tenkula avait formé Sentenced en 1989 à l'âge de quinze ans avec ses compères Sami (aujourd'hui dans le conseillé KYPCK) et Vesa, et orienta le death metal primaire de son groupe vers quelque chose de plus mélodique et mélancolique à partir du mini Love & Death. Cette sortie importante et concomitante à celle d'un autre EP fondateur (Black Winter Day d'Amorphis) donna le La à la scène finlandaise actuelle, alors en formation : impossible d'ignorer l'influence de Sentenced lorsque l'on écoute des formations telles que Yearning, Nightwish, Ensiferum ou les trop méconnus Searing Meadow.

Sentenced fait aussi partie de l'école des surdoués Century Media des années 1994-1998, aux côtés de Moonspell, Samael, The Gathering, Rotting Christ ou encore Tiamat - tous de nationalités différentes mais s'invitant fréquemment sur leurs albums respectifs, infusés d'une magie peu commune dont j'ai déjà assez parlé en ces pages - la patte « Woodhouse Studios », celle qui nous faisait encore acheter Metallian lorsque l'un de ces groupes se trouvait sur le sampler Metal Explosion. Miika Tenkula laisse une belle discographie truffée de pépites d'humour noir (Excuse Me While I Kill Myself, un titre qui me laisse toujours - c'est de circonstance - mort de rire), et notamment Amok, un des cinq albums que j'emmènerais sur l'île de la tentation (ça ferait au moins un truc de sexy). Salut l'artiste - mais cette fois, on ne t'excuse pas. Il s'en est fallu de peu pour que cette entrée ne soit classée dans les coups de gueule plutôt que dans la rubrique Memorial. Lâcheur !

Well what a brutal and unexpected bad news – Miika Tenkula from Sentenced is officially cooking for the Kennedys since yesterday, February 19, 2009. As he was the main composer of the Northernmost killers, I unfortunately believe it’s safe to say Sentenced will never rise from the void. I urge yourself to dig (sorry) the band’s material : you can’t miss Amok nor Down. So long Miika, “the spirit of the dead outlives memories of the mortal & the final cross you bore is nothing now but ashes”.

Le site et le Myspace de Sentenced.

New Age Messiah , troisième morceau de l'album Amok.

...et toujours :
Sentence de mort

mardi 23 septembre 2008

Killed by death !

Dix ans de bons et loyaux services au sein de Sodom. Voilà ce que le monde du metal retiendra de la vie de Chris Witchhunter ! En cette époque lointaine où les productions thrash ultra-rhénanes étaient si approximatives et cacophoniques qu'elles en préfiguraient, longtemps à l'avance, le raw black metal, Sodom faisait figure de fer de lance - notamment grâce à ce brûlot satanique qu'est Obsessed By Cruelty et que je vois un peu, toutes proportions gardées, comme le Seven Churches européen - une relecture, plus crue encore, du célèbre Black Metal craché par Venom quatre ans auparavant. Une imagerie remplaçant la précédente, c'est le visage « militaire » de Sodom qui marqua cependant son époque : le diptyque formé par Persecution Mania et Agent Orange, aux pochettes griffées Andreas Marschall (le Ed Repka local), demeure pour votre serviteur l'apogée du bon goût à la teutonne (après la saucisse au râpé de patates).

N'écoutez pas les mauvaises langues persiflant que Chris Witchhunter aurait été victime de la boisson - il a été tué par la mort, comme vous dirait le père (à double-titre, concernant Sodom) Lemmy. Il parait même, figurez-vous, qu'il est mort de son vivant ! Bon, c'est vrai, une passion immodérée pour la bouteille lui vaudra de se faire expulser du groupe manu militari au début des années quatre-vingt dix... Au rayon Spinal Tap, Sodom se débrouille d'ailleurs pas mal question batteurs (mais précisons qu'Herman Rarebell ne fut jamais pressenti pour s'asseoir sur le tabouret). Une petite curiosité, plutôt méconnue me semble-t-il : Witchhunter joignit durant une courte période Quorthon au sein de Bathory. Selon la légende, volontiers racontée par l'inénarrable Tom Angelripper (des poètes, je vous dis), il réintégra Sodom avec pour seule explication : « pas assez de bières, là-bas » !

Quoi de mieux, pour découvrir un batteur, qu'un album live ? Le meilleur hommage que l'on puisse rendre à Witchhunter, c'est peut-être de réveiller les morts avec un bon vieux Mortal Way of Live de derrière les fagots (préférez à l'odieux cd officiel un pressage pirate reprenant l'excellente pochette du vinyle original). Un enregistrement public (sic) quelque peu précoce, c'est vrai, mais pas si mal enregistré cependant, et possédant un charme que l'on peinerait à retrouver aujourd'hui (et chez qui, d'abord ?). Alors certes, on notera quelques flottements au niveau du jeu de Witchhunter, mais on remarquera aussi qu'il l'infusait d'une bonne dose d'inventivité - des plans simples, mais auxquels fallait-il encore penser, en quelque sorte. Auf Wiedersehen, vieux poivrot !

Chris Witchhunter, or ten years of raising hell with Sodom… You can hear the guy on the groundbreaking record Obsessed By Cruelty, a true masterpiece when it comes to early, European thrashing black metal (yup, I just said thrashing black metal. You can use it if you feel like to). Witchhunter has just been promoted to Subterranean Truffle Inspector – or killed by death, put it the way you like it. It is a shame and he knows it. I believe the best way to honour his final hangover is to put your old Mortal Way of Live cd on your stereo while staring at its perverted cover. Auf Wiedersehen Chris, you old fart ! I really liked you (even if you were German – nobody’s perfect).

lundi 21 août 2006

R.I.H.

Jon Nödtveidt s'est donné la mort par arme à feu entre le quatorze et le quinze août 2006, faisant définitivement entrer Dissection au panthéon des légendes du metal extrême nordique. Entre le gamin rigolard de quinze piges visible sur une vieille vidéo de Therion (eux-mêmes pas vraiment plus âgés) et l'ex-taulard ombrageux et dérangé - car ayant la cervelle polluée par quelque secte millénariste - de la fin de sa jeune vie, difficile de cerner le bonhomme... La vérité se trouve certainement quelque part entre ces deux extrêmes.

Après avoir joué comme il se doit dans quelques combos thrash sans avenir (Siren's Yell et Rabbit's Carrot), Nödtveidt fonde Dissection et tutoie l'excellence dès la démo The Grief Prophecy, facilement trouvable aujourd'hui sur le digipack The Past Is Alive édité il y a une dizaine d'années chez Necropolis. Malgré quelques participations à divers projets (notamment Ophtalamia, The Black et le délire « starwaresque » Vondur) et une fausse note (De Infernali, une tentative techno-épico-sataniste aussi fumeuse qu'embarrassante), l'histoire ne retient aujourd'hui que Dissection, qui sur trois albums aura au moins commis deux chefs-d'œuvre.

Le death-black metal occulte et obscur, à envisager comme un véritable sortilège sonique et sonore, est tout entier contenu dans un morceau comme Unhallowed (Storm of the Light's Bane), et Dissection, avec son inimitable touche heavy et son goût pour les sombres arpèges acoustiques, en est définitivement le seul et unique dépositaire malgré quelques bons succédanés (Necrophobic, les pilleurs de Setherial, Sacramentum, Swordmaster, Naglfar, Lord Belial dont l'histoire est fortement liée à celle de Dissection...). Fermez le banc, l'histoire s'achève ici.

Jon Nödtveidt took his own life some days ago - little more did Dissection need to become a legend in its own right. Watching him the other day at age 15 in the Therion DVD “Celebrators of Becoming”, and knowing what he had done, become and been through, is kind of a weird feeling. Musically speaking I love everything Dissection ever did since hearing Storm of the Light’s Bane. Its brand of poisoned, beautifully morbid thrashin’ blackened metal is now a big niche in metal’s subgenres, but none of its impersonators has ever created such kaotic, frozen musical storms as the ones expelled by Dissection. May the ground rest easy on his soul !

samedi 11 février 2006

Un triste anniversaire...

Roger Patterson, en bermuda militaire et au second plan.

Quinze ans ! Quinze ans déjà que l'un des plus talentueux bassistes metal a quitté ce monde. Atheist ne se remettra jamais totalement de la perte de Roger Patterson, qui eut la mauvaise idée, en ce 12 février 1991, d'imiter Cliff Burton : éjecté du tour-bus lors d'un accident, il meurt écrasé par le véhicule. A vingt-deux ans seulement, ce maître-musicien avait instauré un tel niveau d'excellence et d'inventivité pour son instrument qu'Atheist ne retrouva tout simplement jamais un remplaçant capable de rendre justice à ses lignes de basse, même si l'illusion fut entretenue avec Tony Choy de Cynic. Comme quoi, la valeur n'attend pas le nombre des années.

C'est en 1987 que R.A.V.A.G.E., ex-Oblivion, décide de changer une nouvelle fois de patronyme pour devenir Atheist. Le groupe change dans le même temps d'orientation musicale et passe d'un thrash-death classique à une formule alors inconnue et novatrice, mêlant riffs jazzy alambiqués, structures progressives et sonorités extrêmes tout en conservant une attitude et une agressivité aiguë venant directement du thrash. Atheist reste le seigneur incontesté du technodeath à l'américaine, qu'il a façonné avec l'intemporel Piece of Time et pérennisé avec Unquestionable Presence, chef-d'œuvre posthume de Roger Patterson. Reste que certains élèves ont ponctuellement égalé le maître : Cynic avec Focus, Pestilence et le magistral Testimony of the Ancients, Thresholds de Nocturnus (extraordinaires Climate Controller et Subterannean Infiltrator...) ou encore Sadist avec Tribe, un album littéralement ensorcelé. Sans parler de Death qui sans l'avènement de cette scène n'aurait jamais effectué le virage technique amorcé avec Human, à l'occasion duquel Schuldiner s'entoure des musiciens de... Cynic !

Pour l'anecdote, les brésiliens de Sepultura, fraîchement débarqués aux USA en 1989 en baragouinant tout au plus un très mauvais anglais, se virent aider dans l'élaboration des paroles de Beneath the Remains - leur meilleur album ? - par les membres d'Atheist « mandatés » par Roadrunner. Kelly Shaefer est d'ailleurs l'auteur de Stronger Than Hate, grand morceau du genre. Enfin bref, RIP Roger, il fallait bien te rendre un petit hommage, si minime soit-il, pour bienfaits et services rendus au metal... Il est probable que plus jamais un groupe affilié au death ne composera un morceau comme Samba Briza ! Atheist le bien-nommé, fort de son nom en forme de profession de foi, ne croyait en aucune règle musicale si ce n'était la sienne et ouvrait une nouvelle galaxie avec chacun de ses albums. Ni plus, ni moins.

Holy shit, it’s already been 15 years Roger Patterson passed away. As essential to Atheist as Cliff was to ‘tallica, the boy died in the same twisted way, crushed under the band’s tour bus. RIP man, I still do listen to fuckin’ Samba Briza at least once every summer. Hailing of course from bloody Florida, Atheist was born as R.A.V.A.G.E. and implemented jazz-inspired breaks-and-riffs into its music, while retaining its rawer, thrashier side. Along with Nocturnus, Cynic, Pestilence and early Sadist, here were the true masters of, well, not only brutality, but also technical, progressive death metal of yore. Bow down ! Just for the record, it was singer Kelly Shaefer, under the command of Roadrunner, who supervised the lyrics of newly-arrived Sepultura’s Beneath the Remains.

Le site et le Myspace d'Atheist.

mardi 27 décembre 2005

In memoriam

Il y a exactement un an et un jour le guitariste-vocaliste de Nasum Mieszko Talarczyk mourrait, ainsi que plusieurs centaines de milliers de personnes en Thaïlande.

Ce décès mit fin à Nasum dont il n'était pas le fondateur mais néanmoins le membre le plus emblématique au point d'en devenir le frontman. La discographie de Nasum se compose de Inhale / Exhale (1998), Human 2.0 (2000), Helvete (2003) et Shift (2004), sans oublier la double compilation testamentaire Grind Finale (2005) et toute une tripotée de splits et EP en tout genre - grindcore oblige.

Nasum est né en 1992 dans l'ombre du groupe de death metal Necrony avant de devenir le projet principal de ses membres, et pratiquait son art dans sa plus pure tradition ; c'est-à-dire en exécutant un grindcore politisé et contestataire dans la « droite » filiation gauchisante d'un Napalm Death.

nota bene : le site de Nasum propose une pelletée de morceaux en libre téléchargement.

It’s been one year day-to-day that Nasum’s Mieszko T. died in Thailand, carried away by "the" tsunami. His band did not survive his death. Nasum’s discography is mainly composed of four albums, as well as many splits and EP - we’re talkin’ grindcore here - and a mammoth-sized compilation (Grind Finale). Born under the Necrony moniker and true to the genre’s commandments, Nasum did provide us with left-wing radical grindcore, à la Napalm Death with whom they shared many stages. Unlike flesh, art is immortal : find a shitload of Nasum' songs here.