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dimanche 16 novembre 2014

Antilife

Difficile de ne pas voir, dans la mort du jeune Selim Lemouchi, une conclusion parallèle à celle choisie par Jon Nödtveidt... Car quoi qu’inspirant de très grands albums de metal plus ou moins extrême (Reinkaos...), liés dans les ténèbres par l'adoration morbide d'un bien mystérieux culte rappelant plus qu'à son tour les sectes millénaristes, ce « gnosticisme anticosmique »  est percutant dans sa définition et vertigineux dans sa vision. Le grand chaos ; tout en vient et tout y retourne ; ce qui voudrait exister par la chair (trivial véhicule de notre passage) entre ces alpha et omega n'a pas de raison d'être. Voilà en tout cas comment je perçois les fumeuses théories de ce qui n'est pas plus qu'une mystérieuse congrégation, essentiellement numérique, mais peut-être plus puissante que l'on pense. Une vision dérangeante car dérangée de la vie. Arckanum, Disiplin, Dissection, Watain pour les plus connus sont le « sonic commando » de cette obédience noire exerçant une évidente emprise intellectuelle sur ses musiciens-instruments.

Car la libération de la chair, c'est un arrachement définitif qui s'appelle la mort ; l'arrêt dysfonctionnel et terminal d'un système biologique bipède. Certain d'avoir achevé son grand-oeuvre via The Devil's Blood au point de clouer cette bouche de Satan par un communiqué laconique et définitif, envisageant sa mort comme point d'orgue de sa vie, Lemouchi aura eu une trajectoire d'étoile filante à la Jon Nödtveidt (même si celui-ci aura expérimenté la mort de diverses façons) bien regrettable au vu de l'excellence de sa musique. A tout le moins, le metal et plus largement le hard rock occulte - devant autant à Blue Öyster Cult et à Coven qu'à Mercyful Fate ou à Watain - a perdu un héraut de grande valeur ! Il est dommage que The Devil's Blood, une aventure fraternelle rarement vue dans le style, trouve sa fin artistique dans Tabula Rasa, compilation quasi post mortem au goût de fond de tiroir qui succède difficilement à The Time Of No Time Evermore et The Thousandfold Epicenter. A ré-écouter aussi, sa divine intervention sur Waters Of Ain des petits crassoux de Watain... Only Death Is Real, merde, c'était pour déconner ! Il semble qu'une frange de musiciens prennent actuellement l'assertion frostienne bien trop au premier degré.

What a pity... I'm talkin' about Selim Lemouchi's untimely passing here. The man chose to end all things after having completed a short but wondrous body of work through the mortal vehicle known as The Devil's Blood. A very, very gifted musician whose death can't be questioned but only mourned. Maybe some dark claws claimed his soul. Do not judge, lest be judged yourself. I will not know death until my time comes. Fuck it anyway, 'cause I'm half drunk, tryin' to type these lines on a fuckin' smartphone after several shots of Knockando graciously poured down my parched throat by a good friend of mine. This one is for you Selim, for this is the time of no time evermore.

mardi 31 août 2010

Pensées pour moi-même


Bien... Les Notules sont peu actualisées en ce moment : mer d'huile, telle est la météo plus ou moins constante sur cet océan binaire. Ce qui signifie a contrario que je suis fort occupé actuellement - d'ailleurs cette notule voit le jour depuis une chambre d'hôtel et ma Nintendo DS ! Mais assez avec la vie privée, la seule et unique ligne éditoriale des Notules étant la musique et rien d'autre. Vous savez que le vieux Sheol mange, bois, dors metal - c'est bien suffisant et c'est tout ce qui compte ici (-bas ?).

En bref, quelques news, vite fait mal fait : le dernier Maiden est sorti, et il est mokkori - un très bon album donc, allant, comme d'habitude depuis Brave New World, de son train de sénateur que l'on ne bouscule plus. Les morceaux sont très, sinon trop longs, et Bruce s'époumone sur ces refrains rachitiques répétés jusqu'à plus soif... mais The Final Frontier parvient à rester plus « frais » que nombre de premiers albums à l'affiche actuellement. Un comble pour nos papys anglais ! Moins bon que cette cinquième évangile qu'était AMOLAD, que j'écoute religieusement avant chaque repas (c'est long, d'ailleurs ; je fais peine à voir), mais enfin, c'est un Maiden : le premier qui n'aime pas peut sortir car il a tort, de toute éternité et pour toujours. Amen, up the irons et ne parlons plus de la Guerre de Cent Ans.

Lue, la bio de Dave Mustaine (Mustaine : A Life In Metal). Sympa, écrite avec le cul mais on s'en fout, et bourrée d'anecdotes qui raviront tous ceux qui, comme moi, sont des fidèles du bonhomme et de son œuvre - car moins que jamais, on a envie de dire « groupe » après avoir fermé ce bouquin. J'ai notamment retenu le passage croustillant concernant l'épisode Rotting Christ / Dissection, raconté par le menu par Dave... L'histoire du 'Deth est tumultueuse et dessine une fois de plus en filigrane cette terrible fêlure que fut l'éjection d'un Metallica à la veille de sa gloire - un traumatisme ayant généré, je le crois, un immense symptôme abandonnique qui peut éclairer tout autrement l'histoire de Mustaine et notamment sa relation avec « ses » musiciens ! Pas sûr cependant que Dave sorte grandi de ces pages qui souffrent d'une autosuffisance mal camouflée par un excès de fausse modestie. Tom G. Warrior, au moins, n'essaie même pas... Ceci n'empêche pas Megadeth d'être suprême dans sa partie, ni Hangar 18 d'être régulièrement ma chanson de chevet depuis - déjà - 19 ans. A bientôt, ou à plus tard.

OK – if you want it, you’ll bloody get it ! First and foremost, let me start with fuckin’ Maiden : The Final Frontier is out, and worth your money. Up the hammers, etc etc etc. Ok, let me be an asshole : I may not be such a huge fan as I used to be, and I’m particularly tired of one of Maiden’s trademarks : the singable choruses where one sentence (usually the song’s title) is repeated ad nauseam – but still, the guys can deliver the goods. Not nearly as good as AMOLAD though. Alright, let’s proceed with Mustaine’s newly released autobiography (Mustaine : A Life In Metal). Every deth’ead should give it a try – but if not a fan, don’t even think about it. I am, and I have to say that Dave’s account of you-know-what is honestly told. But hey, the guy is a bit too egotistical for my tastes and it really transpires at every chapter – love him though. So Mustaine : A Life In Metal may not be a real pageturner such as the gunners’ bios (already read Slash’s and Steven’s, eagerly waiting for Duff’s) but I appreciated it. Too bad the blowjobs weren’t included.

...et toujours :
Considérations théologiques
Sick & Destroyed
United Abominations : Return to "Anger"

samedi 19 juin 2010

Watain, what else ?


Sworn to the Dark avait fait son effet en 2007 : la sainte-trinité cradoque et peinturlurée d'Uppsala, outre un don certain pour les travaux pratiques (voir l'attirail scénique), avait su policer son metal noir via une profondeur mélodique inédite et l'éloignant, c'est vrai, des cryptes et autres transis parfois monodimensionnels du black metal. Et malgré le fracas des chroniques positives, le consensus n'était pas au rendez-vous. Principal reproche (que je ne partage pas) : un côté Dissection trop prononcé. Et c'est vrai que Watain était alors, comme la femme de Cassavetes, sous influence : difficile de ne pas voir son metal teinté par le négativisme de Jon Nödtveidt lorsque l'on a ouvert pour la tournée Reinkaos et que l'on a, dans le cas de E, tenu la basse et réalisé des artworks pour Dissection.

Arrive Lawless Darkness, et quelle tarte tatin avec lui ! Fin dans sa brutalité, chaotique mais compréhensible, glacial tout en exhalant cette poussière cryptique garantie par le Necromorbus Studio, cet album est à mon avis le vrai tournant de leur carrière. Où se loge sa magie ? Dans cette mélopée constante et bruitiste, contrastée par ses accents heavy metal ? Dans le sempiternel de ses fondations rythmiques, artifice classique du style, agrémentées d'un riffing acéré comme jamais et décliné en de longs mouvements ? De Reaping Death, tuerie norvégienne commise par ces suédois et agrémentée d'un solo slayerien, à Total Death, berceuse dont on doit la prose primesautière à Helmkamp (Angelcorpse), en passant par l'égotique Wolves Curse, Lawless Darkness fait en tout cas ce qu'on lui demande : il ravage l'auditeur comme la syphilis ravageait la peau des femmes d'Henry VIII. Reste à mentionner la dernière piste (j'omets la reprise de Death SS qui jure avec le reste) : Waters of Ain et son ambiance « océan de mercure extraterrestre », distillant une furie peu à peu entamée par l'Entropie dont nous parle Watain depuis son premier album. Ou quinze minutes d'une habile montée en puissance, ponctuée par Carl McCoy de Fields of the Nephilim. On atteint le Beau sans le vouloir, paraît-il : Waters of Ain est le fermoir idéal de l'œuvre - peut-être pas un nouvel Inno A Satana, mais celui de Watain, c'est certain ! J'hésite à émettre un reproche qui concernerait la longueur de l'album, car Lawless Darkness a besoin de prendre son temps pour étendre ses ailes noires et décharnées. Est-il utile de rappeler qu'il s'écoute, comme tout grand album de black metal, au casque et loin du monde ?

Je ne vois pas par quelle magie noire les suédois pourraient pousser cette formule plus loin : Lawless Darkness est l'alpha et l'omega du black metal, en 2010 et pour quelques années à venir. Il faudra faire autre chose, et Watain est assez intelligent pour l'avoir compris au moment où il gravait ce requiem dans la granit du Necromorbus. La couronne de meilleur album black metal de l'année vient d'être ravie (presque) sans effort au nez et à la barbe d'Arckanum, que j'avais pourtant adoubé dans une notule dithyrambique. Enfin, et qualité non négligeable du groupe, Watain a le don comique de faire sortir du bois, à chaque sortie, tous les trous du kulte numériques de France et de Navarre : les forums des « gens qui savent » sont, actuellement, un délice à parcourir.

Sworn to the Dark did sell well, but the Watain guys stand by their old wardrobes and did not change anything as far as their appearance is concerned. Meaning, they still attach dead fuckin’ rats around their skinny necks. Rad, isn’t it ? Fuck, I want one, too. Music-wise, this is a whole other story, and I’m not sure I want to tell it here. Yeah, I’m afraid you’ll have to buy it. What I can say though, ‘cause I hear you insisting on here, is that Watain lost its Dissection-coloured edge characterizing the last album. More accurately, Watain did trade it for its own blades, rediscovering and, well, refining its identity along the way. Sure, they're not dwelling anymore underneath the underground. Sure, this is a bit more harmless, a bit less dirty and dusty. But still it reeks of rotten carrion and still it will blow your ass up ! So although more melodic and thrashier, Lawless Darkness is, I really do believe it, an instant classic. Energized with fist-pumping, heavy metal-inspired chorus and riffage, adorned in a stunning (not shitting you) digipack enhanced with over-the-top sinister artwork – not your classic fuckin’ Gustave Doré rip-off -, Lawless Darkness is a monstrous killing machine, ravaging and destroying everything with its melodic yet hyper-violent brand of black metal. As always, do not believe what you can read everywhere on the net – Watain is making it, without faking it. Now fetch all the rats saying otherwise, tie ‘em by their tails, sing Mütiilation’s “Rattenkönig”, and just eat ‘em up. This is my version of our French “La Souris Verte” song.

Lawless Darkness (Season Of Mist, 2010)

01 Death's Cold Dark

02 Malfeitor
03 Reaping Death
04 Four Thrones
05 Wolves Curse
06 Lawless Darkness
07 Total Funeral
08 Hymn to Qayin
09 Kiss of Death
10 Waters of Ain
11 Chains of Death

Le site et le Myspace de Watain.

vendredi 4 septembre 2009

Sous la lune exactement

J'avais quitté Arckanum voici bien longtemps, le dernier album connu de mes sévices étant Kostogher. A la faveur de plusieurs chroniques dithyrambiques, je renoue avec le troll Shamaatae, non sans surprise : ÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞ est un disque terriblement efficace et étonnamment « compact », quand on connait Fran Marder - que je vénère, réécoutez Trulmælder - et Kostogher, deux œuvres quelque peu foutraques (et donc charmantes). Shamaatae me donne l'impression d'avoir « concentré » son art, pour un résultat plus dense et percutant que jamais. Sur l'autel de l'efficacité on a sacrifié cependant un peu de l'atmosphère Nature & Découvertes : plus de bruitages dans la forêt, ni de chouettes et autres hiboux en guest-star (mieux traités chez Arckanum que chez Satyricon), encore moins de violoniste perdue au pied d'un chêne solitaire, mais un bon sang de déluge de vrai black metal, cette bête furieuse et désespérée.

Un black metal, comme toujours, éminemment « nocturne » - les amateurs du musicien me comprendront. Les riffs sont gorgés de feeling, restent cradingues en évitant le côté nécro désormais un peu factice, et savent « thrashouiller » quand il le faut (Shamaatae a découvert le palm muting). Toujours un bon point pour moi, quand ça thrashouille... Autre point en faveur de ÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞ : sa production puissante et massive, lorgnant un peu sur le son tout en contrastes de chaud et de froid à la Necromorbus (on notera d'ailleurs une petite coloration Watain, voire Dissection sur certains passages), et qui finit d'asséner le propos like a fist in the face of... Le masque du troll est tombé : ce qui se cachait derrière est encore plus laid, encore meilleur. Sans hésitation l'album black metal du moment, un gribouillis musical monochrome, craché à la gueule de qui voudra bien l'avaler. J'ouvre grand.

I do love Arckanum’s first works since a long fucking time. In fact, when a teenager, I was especially crazy with Fran Marder, an obscure and obdurate black metal record blessed with a wooden, mysterious atmosphere – fuck, listening to it is like smelling some rotten mushrooms, or eating an old, soaked piece of bark fallen from a gnarly oak. Well, believe it or not, but current release ÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞ is such a motherfuckin’ killer of an album ! Although a bit less atmospheric, ÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞ is a sonic blitzkrieg more sharpened and lethal than ever before – to put it simply, more metal ! Man, Shamaatae even discovered what palm-muting is on that one. Blast it on a boombox on a hot summer afternoon and you’ll see what were Dark Angel meaning with the title of their second album.

ÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞ (Debemur Morti Productions, 2009)

01 Þórhati
02 Þann Svartís
03 Þyrpas Ulfar
04 Þursvitnir
05 Þyrstr
06 Þjóbaugvittr
07 Þjazagaldr
08 Þá Kómu Niflstormum
09 Þrúðkyn
10 Þríandi
11 Þyteitr

Le site et le Myspace d'Arckanum.

mardi 21 novembre 2006

Le requiem incompris

Quelques mois après sa sortie, il est temps d'opérer un petit retour en arrière afin de réhabiliter cette merveille musicale qu'est Reinkaos, testament de Dissection et lettre d'adieu hargneuse adressée au monde des vivants par un Jon Nödtveidt au paroxysme de sa folie. Assassiné avant même sa parution par une horde de prétendus spécialistes de Dissection, massacré sur l'autel de la bêtise à sa sortie par le lobby internaute des soi-disant puristes incapables de se faire à l'idée que le metal n'avait pas besoin d'un Storm of the Light's Bane II, Reinkaos n'a en réalité jamais eu sa chance, ou plutôt lui a-t-elle été d'emblée refusée. Un second Storm of... ? Allons, allons... Si fabuleux que soit cet album, après tout il n'est lui-même qu'un The Somberlain II ! Reinkaos est différent, restera unique - et pour cause -, mais est clairement plus proche d'un aboutissement personnel que d'une trahison. Et pour couper court à un débat qui n'a pas lieu d'être... c'est du pur Dissection garanti à cent pour cent, à tel point qu'il était inutile de mettre le nom du groupe sur la jaquette !

Dès le premier arpège toujours aussi élégamment ténébreux, dès la première attaque de cordes si caractéristiquement vicieuse, Dissection réaffirme son identité ; il est dès lors évident qu'aucune des notes jouées pendant les ¾ d'heure à venir n'auraient pu être émises par un autre groupe. Évident aussi le fait que Dissection était Jon Nödtveidt et personne d'autre : malgré un line up remanié de fond en comble autour du charismatique leader, l'identité du combo n'a pas muté d'un iota. En revanche, le changement notable concerne le style ! Reinkaos, ce n'est plus du black-death, ce n'est même plus du metal extrême. Non, c'est du heavy metal pur et dur, mais plus noir encore que le cœur d'une pierre d'onyx, plus froid que de l'acier cryogénisé et plus virulent que jamais. Rétrospectivement, la haine crachée par Jon Nödtveidt à l'encontre de la Vie, de la Construction et de la Chair apparaît pour ce qu'elle était vraiment : non feinte et annonciatrice de son suicide, envisagé par le musicien comme point d'orgue de sa carrière artistique.

Ceci étant dit, la musique prime et il est fortement conseillé de se foutre du reste. Le phrasé si particulier (unique) de Nödtveidt participe directement à la qualité de l'ensemble : ses élucubrations venimeuses vouant l'Univers aux gémonies sont éructées via cette voix typée black metal mais si bien articulée que l'on saisit sans peine chaque mot, chaque phrase. Il me semble ici devoir établir un parallèle entre Dissection et Metallica afin de rendre immédiatement compréhensible ce qui a tant choqué : les titres de Reinkaos sont à ceux de Storm of... ce que Enter Sandman est à Battery. Nödtveidt propose ici une musique raffinée et épurée, ni meilleure ni moins bonne, simplement différente et reposant sur un canevas bien plus rock 'n' roll que thrash. La vitesse a ainsi été sacrifiée au bénéfice exclusif de l'efficacité : le puissant mid tempo qui règne majestueusement sur Reinkaos est absolument implacable et convoie sans discontinuer des riffs monstrueusement mélodieux, ne cessant de surprendre l'auditeur à chacune de leurs interventions. Si Dissection a toujours été soucieux de cet aspect de pure musicalité, Reinkaos enfonce sur ce point ses prédécesseurs. Quoi de plus étonnant ? Nödtveidt, surdoué de la guitare et rejeton obscur des Maiden, Priest et autre King Diamond, se montre plus que jamais digne de cette filiation et laisse exploser son sens de la mélodie dans cet ultime travail. Reinkaos est transcendé par cette multitude de lacis enchevêtrés de motifs lead, brodés à l'infini autour de géniales rythmiques heavy metal qui donneraient des complexes à beaucoup.

Un tel talent laisse une impression de malaise quand on connaît la fin : comment en arriver là, comment tout foutre en l'air à ce point alors que l'on est assis sur un tas d'or... Ou plutôt, en l'occurrence, que l'on a de l'or en barre dans les doigts ? Quoi qu'il en soit, Reinkaos doit être instamment réhabilité et il faut faire fi de toutes les énormités lues ici où là et proférées par des no life ayant découvert l'option « commentaires » de Vs Webzine juste après Limp Bizkit. Sans même l'avoir entendu dans son intégralité, il va sans dire. Le troupeau de Panurge est infini... Petit conseil : commencer éventuellement par l'écoute de Dark Mother Divine, hymne posthume évident et représentatif des richesses de Reinkaos avec ses lead sublimes et sa rythmique hetfieldienne en diable. Que ce soit bien clair : non, le dernier Necrophobic (au demeurant plutôt bon) n'est pas l'album qu'aurait dû sortir Dissection (rires). Reinkaos, en sus d'être la seule option artistiquement valide (pourquoi refaire ce qui a déjà été fait ?) et digne de son illustre grand frère, doit être écouté pour ce qui reste la meilleure des bonnes raisons : c'est un putain d'album de metal à des années-lumières de l'actualité. On peut ne pas l'aimer, mais dire qu'il s'agit d'une trahison (un bien grand mot) est ridicule : inutile de se racheter une paire d'oreille, c'est le cerveau qui doit être changé.

Reinkaos never got a chance in the first place : dumbass motherfuckers all over the web destroyed it even before it was released. Man, there’re so many fucktards on this rocky debris roaming this universe… I can’t believe it. Reinkaos’ musical orientation, which makes it the “Black Album” of Dissection, was the right one and there’s no point arguing about that. Whoever the fuckin’ fuck would need another Storm of the Light’s Bane ? There’re enough copycats already doin’ it, don’t ya think ? So what we have here is pure frozen swedish heavy metal, a la Dissection (‘cause it IS Dissection, remember ?), still pissed-off as fuck against whatever you want – well, mainly life, it seems. Sure it ain’t a bullet-speeding record, but what we got here is total metal efficiency, complete with state-of-the-art songwriting and musicianship and rounded by killer melodies reminding of Maiden, Mercyful Fate or Priest. Heavy fuckin’ metal at its finest and darkest, like I love it to be. Do not listen to your friends : I know better (or else you won’t be here instead of trolling on Blabbermouth).

Reinkaos (Black Horizon Music, 2006)

01 Nexion 218
02 Beyond the horizon
03 Starlessaeon
04 Black dragon
05 Dark mother divine
06 Xeper-I-set
07 Chaosophia
08 God of forbidden light
09 Reinkaos
10 Internal fire
11 Maha kali


Le site et le Myspace de Dissection.

...et toujours :
R.I.H.

lundi 21 août 2006

R.I.H.

Jon Nödtveidt s'est donné la mort par arme à feu entre le quatorze et le quinze août 2006, faisant définitivement entrer Dissection au panthéon des légendes du metal extrême nordique. Entre le gamin rigolard de quinze piges visible sur une vieille vidéo de Therion (eux-mêmes pas vraiment plus âgés) et l'ex-taulard ombrageux et dérangé - car ayant la cervelle polluée par quelque secte millénariste - de la fin de sa jeune vie, difficile de cerner le bonhomme... La vérité se trouve certainement quelque part entre ces deux extrêmes.

Après avoir joué comme il se doit dans quelques combos thrash sans avenir (Siren's Yell et Rabbit's Carrot), Nödtveidt fonde Dissection et tutoie l'excellence dès la démo The Grief Prophecy, facilement trouvable aujourd'hui sur le digipack The Past Is Alive édité il y a une dizaine d'années chez Necropolis. Malgré quelques participations à divers projets (notamment Ophtalamia, The Black et le délire « starwaresque » Vondur) et une fausse note (De Infernali, une tentative techno-épico-sataniste aussi fumeuse qu'embarrassante), l'histoire ne retient aujourd'hui que Dissection, qui sur trois albums aura au moins commis deux chefs-d'œuvre.

Le death-black metal occulte et obscur, à envisager comme un véritable sortilège sonique et sonore, est tout entier contenu dans un morceau comme Unhallowed (Storm of the Light's Bane), et Dissection, avec son inimitable touche heavy et son goût pour les sombres arpèges acoustiques, en est définitivement le seul et unique dépositaire malgré quelques bons succédanés (Necrophobic, les pilleurs de Setherial, Sacramentum, Swordmaster, Naglfar, Lord Belial dont l'histoire est fortement liée à celle de Dissection...). Fermez le banc, l'histoire s'achève ici.

Jon Nödtveidt took his own life some days ago - little more did Dissection need to become a legend in its own right. Watching him the other day at age 15 in the Therion DVD “Celebrators of Becoming”, and knowing what he had done, become and been through, is kind of a weird feeling. Musically speaking I love everything Dissection ever did since hearing Storm of the Light’s Bane. Its brand of poisoned, beautifully morbid thrashin’ blackened metal is now a big niche in metal’s subgenres, but none of its impersonators has ever created such kaotic, frozen musical storms as the ones expelled by Dissection. May the ground rest easy on his soul !