vendredi 17 mars 2006

X-Japan ou le Sturm und Drang à la nippone

Sortons un peu des sentiers battus aujourd'hui ! Et pourtant, il y aurait matière à faire dans le classique : le dernier Darkthrone vient de sortir, Guns N' Roses passe prochainement en France, Satyricon vient de laisser filtrer un morceau augurant du meilleur quant à l'attendu Now, Diabolical, et bien sûr, on trouverait toujours prétexte à bavasser sur nos thrashouilleurs préférés sachant qu'ils sont actuellement en plein travail avec Rick Rubin. Mais faisons fi de tout cela : place à l'exotisme oriental et consacrons cette petite notule aux nippons de X-Japan. Le groupe de hard rock (oui) le plus mythique de l'archipel du Soleil Levant (mais pas le plus culte : cette place est occupée par Loudness) mérite bien un petit coup d'œil dans le rétroviseur ! Pour une fois, préférons la démonstration visuelle et sonore aux longues palabres : voici un lien offrant, dans une qualité disons acceptable, le morceau de bravoure du groupe : Art of Life. Cette composition de plus de trente minutes, d'excellente facture et ici brillamment exécutée au légendaire Tokyo Dome, peut être qualifiée de heavy metal lyrico-romantique dans lequel il y aurait un peu trop de tout... ce qui reste préférable à pas assez de rien. Mention spéciale aux parties de piano inspirées, baroques et fiévreuses, jouant habilement d'une certaine disharmonie (anecdote personnelle, mais j'ai toujours une pensée pour les géants Forbidden Site en écoutant Art of Life !), ainsi qu'aux guitares maidennienes en diable.

Parfois (souvent ?) surestimé par des fans énamourés séduits autant, voire plus, par l'imagerie bariolée que par sa musique, et méconnaissant souvent l'indiscutable suprématie du heavy metal occidental (c'est un constat, mon adresse est à droite), X-Japan reste un bon groupe qui mérite d'être (re)découvert, et pas simplement connu à cause du décès d'un de ses membres... Mentionnons qu'Anorexia Nervosa (pourquoi ne suis-je pas surpris ?) a eu l'audace, l'idée et l'envie de reprendre I'll Kill You sur un récent mini ! A vous donc de visionner, malheureusement saucissonnée en quatre liens, la vidéo complète de X-Japan dans ce qui reste l'unique interprétation live de Art of Life. La patience est de mise, mais l'attente en vaut la peine. Tout se mérite ! Et que personne ne vienne me parler de visual key ou d'autres conneries de ce genre au sujet de ce groupe - let the music do the talking. Et non pas les modes étriquées et articides. Par l'Art et par le Sang, nom de Zeus !

Art of Life is a more than thirty-minutes long epic song by X-Japan, a famous colourful, motley crew of a band whose heydays are now long gone. Here are links to behold the theatrical interpretation of said song, packed-in with full-throttle heavy metal twin-guitars harmonies and over-the-top, baroque piano parts. Is this the way of Japanese sturm und drang ? Well, maybe. Or maybe not. For all of you French artists lovers, you'll wanna hear gallic decadent black metal masters Anorexia Nervosa's take on the more punkish side of X-Japan by listening to their rendition of I'll Kill You !

Art of Life, live au Tokyo Dome, parties 1, 2, 3 et 4.

Le site et le Myspace de X-Japan.

jeudi 2 mars 2006

Amorphis emmerde Darwin...

...en cela que le dernier album des finlandais est un véritable bras d'honneur fait à la théorie de l'évolution. Eclipse, le lumineux opus qui vient de paraître, aurait pu sortir en 1997 tant il se serait bien inséré entre Elegy et Tuonela ! Enfanté à cette époque, il aurait ainsi fait office de véritable transition, cette charnière oubliée par Amorphis qui préféra passer abruptement d'un post-death metal mélancolique à un psyché-rock seventies. Mais Eclipse est bel et bien la dernière œuvre en date des Amorphes et il est évident que cette galette est supérieure aux immédiates précédentes. La recette par laquelle est venu le succès est de retour : mélodies folk en veux-tu en voilà, textes inspirés par les contes du Kalevala, vocaux clairs et growling death metal hargneux, souffle épique en provenance directe du Grand Nord... Il serait inélégant de ma part de ne pas souligner l'impressionnant travail vocal : Tomi Joutsen est le nouveau chanteur d'Amorphis, et qu'on se le dise, c'est bien le digne successeur de Pasi Koskinen - pourtant pas les pompes les plus simples à chausser. Bien que possédant un timbre un peu plus classique, Joutsen (aussi dans Sinisthra) fait merveille à tous les niveaux et l'on a hâte de l'entendre interpréter les classiques du groupe.

En un mot, l'efficacité a été privilégiée, peut-être au détriment de l'audace... mais diantre ! On s'en fout. L'évolution (stylistique j'entends), ce bouclier vertueux brandi par des groupes expliquant - excusant - parfois ainsi leurs œuvres les plus décevantes, n'est décidément pas le maître-mot qui a présidé à la conception d'Eclipse ! Et c'est tant mieux : non seulement s'agissait-il probablement d'une question de vie ou de mort pour Amorphis dont le passé doré s'éloignait à vitesse grand V, mais c'est aussi une preuve d'intelligence de la part de la bande, qui a compris que si elle perdait peu à peu une bonne partie de son public, elle n'en gagnait pas pour autant un autre. N'est pas The Gathering, ou Anathema dans une moindre mesure, qui veut ! La démarche est ici assez similaire à celle adoptée par Dave Mustaine sur l'excellent The System Has Failed, un album à rebrousse-temps sur l'échelle évolutive, mais qui permit à Megadeth de renouer avec le succès critique et artistique. A écouter avant d'acheter car Amorphis reste unique et ne sera jamais mainstream, mais assurément, un très bon millésime. Puissant, racé, mélodique, agressif... et simplement beau. Une raison de plus de laisser Far From the Sun s'empoussiérer sur l'étagère !

Man, I can put my fears to rest, as Eclipse is a quality-surprising album, far beyond my initial expectations. Not only is it introducing the new boy (Tomi Joutsen, offering a mind-blowing performance all the way down), but it is also harking back to the band’s glorious past – truth be told, Amorphis did not have so many artistic choices except returning to its quality-proven formula. So here we go : death grunts, Kalevala-based lyrics, moody and folkish powerful compositions – I would even dare to say Eclipse is the righteous heir to Elegy ! So an evolutionary leap, Eclipse is certainly not, but I don’t give a flying fuck as long as I have my dose of worthy metal… ‘cause a dose of metal you need !

Eclipse (Nuclear Blast, 2006)

01 Two Moons
02 House of Sleep
03 Leaves Scar
04 Born From Fire
05 Under A Soil and Black Stone
06 Perkele (The God of Fire)
07 The Smoke
08 Same Flesh
09 Brother Moon
10 Empty Opening
11 Stone Woman (bonus track)


Le site et le Myspace d'Amorphis.

...et toujours :
La fin de l'éclipse ?

jeudi 23 février 2006

Shag it up, it's only rock n' roll...

C'était un matin d'hiver. Il faisait froid, il faisait gris, et notre père Shagrath gambergeait intensément devant son nesquik (le café, croit-il, lui irrite la gorge, mais ne seraient-ce pas plutôt les vocalises de Dimmu Borgir les responsables, ou bien ce vieux chat matagot au coin du feu ?). Bref ! Notre chérubin, mal remis qui plus est d'une réaction allergique au corpsepaint - Nattefrost lui a pourtant conseillé mille fois de changer de marque pour tester Goathorns Special Care, « tu verras, l'essayer c'est l'adopter, en plus tu peux te mettre le stick dans le cul » - se fit la réflexion suivante : « enough of black fuckin' metal ! Let's fuckin' wock n' woll ! » La journée avait mal commencé, soit, mais un bon nesquik et une envie de rock binaire bien graisseux avaient considérablement ragaillardi notre pépère. Rebaptisé au terme d'un épuisant brainstorming « Shag », notre bougre décida par la même occasion d'aller chercher au grenier la guitare du grand-père Harald, ce vieux truc poussiéreux qui pétait quand il avait trop bu (le grand-père).

Le reste ? Il appartiendra bientôt à l'histoire. Ou pas. Quelques coups de fil passés à ses petits copains et Shag venait de monter un line-up en béton armé. Spécialité : terrorisme sonore. Nom : Chrome Division. Signes particuliers : ça sent la bière, les patches et les perfectos. Ça s'écoute en cinq titres vomis sur le site officiel de la horde, et ça fait pour l'instant très mal ! En un mot comme en cent : réussite sur toute la ligne - en espérant que l'album qui suivra logiquement tienne la durée. A prendre comme il se doit : c'est-à-dire comme un hommage à tous les grands groupes sans qui notre style chéri n'aurait pas ce visage. Le premier morceau est un énorme clin d'œil à Motörhead, le deuxième convoque directement l'esprit WASP - on pense furieusement à Hellion, le troisième est le digne rejeton d'un accouplement contre-nature entre AC/DC et Thin Lizzy... and so on, and so on. Ils n'ont rien inventé, c'est sûr. Mais ils n'ont rien oublié non plus, pas même le rot post-houblon qui clôt de la meilleure des façons l'assaut musical. Bravo les gars, merci papi, merci Groquik.

“There’s not only corporate, blockbusting black metal in life”, muttered Shagrath while preparing his coffee on this grey, cold winter morning. “No, there has to be something else, and that something else may well be greasy fuckin’' rock ‘n’ roll !” And so was born Chrome Division, a sonic terrorist unit specialized in blitzkrieg, Motörhead-type blistering songs - an infernal offspring of hellish (mis)conception. You can’t miss it if you like Lemmy, WASP, and whatever rectal-born bastard-spawns of troublemakers such as AC/DC and Thin Lizzy. An inspiring coffee indeed, wasn’t it ?

Le site et le Myspace de Chrome Division.

mardi 21 février 2006

Vingt ans déjà !

Master Of Puppets est sorti voici vingt ans - no comment !

Personnel : James Hetfield - guitares et voix / Lars Ulrich - batterie / Cliff Burton - basse / Kirk Hammet - guitares
Production : Metallica & Flemming Rassmussen
Enregistré aux Sweet Silence Studios, Copenhague, DK (déc. 1985 - jan. 1986)
Parution : 21 février 1986 chez Elektra



01 Battery
02 Master of Puppets
03 The Thing That Should Not Be
04 Welcome Home (Sanitarium)
05 Disposable Heroes
06 Leper Messiah
07 Orion
08 Damage Inc.


What the fuckin’ fuck do you expect me to say about fuckin’ MOP, except it’s the best ever ‘tallica record ever made ?!? Well, thinking about it, I’m not so sure. Maybe it’s Justice. Well, whatever, happy birthday to MOP and hail to all of you metallibashers !

...et toujours :
SKOM : un divan pour le monstre

samedi 11 février 2006

Un triste anniversaire...

Roger Patterson, en bermuda militaire et au second plan.

Quinze ans ! Quinze ans déjà que l'un des plus talentueux bassistes metal a quitté ce monde. Atheist ne se remettra jamais totalement de la perte de Roger Patterson, qui eut la mauvaise idée, en ce 12 février 1991, d'imiter Cliff Burton : éjecté du tour-bus lors d'un accident, il meurt écrasé par le véhicule. A vingt-deux ans seulement, ce maître-musicien avait instauré un tel niveau d'excellence et d'inventivité pour son instrument qu'Atheist ne retrouva tout simplement jamais un remplaçant capable de rendre justice à ses lignes de basse, même si l'illusion fut entretenue avec Tony Choy de Cynic. Comme quoi, la valeur n'attend pas le nombre des années.

C'est en 1987 que R.A.V.A.G.E., ex-Oblivion, décide de changer une nouvelle fois de patronyme pour devenir Atheist. Le groupe change dans le même temps d'orientation musicale et passe d'un thrash-death classique à une formule alors inconnue et novatrice, mêlant riffs jazzy alambiqués, structures progressives et sonorités extrêmes tout en conservant une attitude et une agressivité aiguë venant directement du thrash. Atheist reste le seigneur incontesté du technodeath à l'américaine, qu'il a façonné avec l'intemporel Piece of Time et pérennisé avec Unquestionable Presence, chef-d'œuvre posthume de Roger Patterson. Reste que certains élèves ont ponctuellement égalé le maître : Cynic avec Focus, Pestilence et le magistral Testimony of the Ancients, Thresholds de Nocturnus (extraordinaires Climate Controller et Subterannean Infiltrator...) ou encore Sadist avec Tribe, un album littéralement ensorcelé. Sans parler de Death qui sans l'avènement de cette scène n'aurait jamais effectué le virage technique amorcé avec Human, à l'occasion duquel Schuldiner s'entoure des musiciens de... Cynic !

Pour l'anecdote, les brésiliens de Sepultura, fraîchement débarqués aux USA en 1989 en baragouinant tout au plus un très mauvais anglais, se virent aider dans l'élaboration des paroles de Beneath the Remains - leur meilleur album ? - par les membres d'Atheist « mandatés » par Roadrunner. Kelly Shaefer est d'ailleurs l'auteur de Stronger Than Hate, grand morceau du genre. Enfin bref, RIP Roger, il fallait bien te rendre un petit hommage, si minime soit-il, pour bienfaits et services rendus au metal... Il est probable que plus jamais un groupe affilié au death ne composera un morceau comme Samba Briza ! Atheist le bien-nommé, fort de son nom en forme de profession de foi, ne croyait en aucune règle musicale si ce n'était la sienne et ouvrait une nouvelle galaxie avec chacun de ses albums. Ni plus, ni moins.

Holy shit, it’s already been 15 years Roger Patterson passed away. As essential to Atheist as Cliff was to ‘tallica, the boy died in the same twisted way, crushed under the band’s tour bus. RIP man, I still do listen to fuckin’ Samba Briza at least once every summer. Hailing of course from bloody Florida, Atheist was born as R.A.V.A.G.E. and implemented jazz-inspired breaks-and-riffs into its music, while retaining its rawer, thrashier side. Along with Nocturnus, Cynic, Pestilence and early Sadist, here were the true masters of, well, not only brutality, but also technical, progressive death metal of yore. Bow down ! Just for the record, it was singer Kelly Shaefer, under the command of Roadrunner, who supervised the lyrics of newly-arrived Sepultura’s Beneath the Remains.

Le site et le Myspace d'Atheist.

jeudi 9 février 2006

Officially endorsed by Duracell

La donne heavy speed mélodique plus chanteur au lyrisme exacerbé plus tendance à l'onanisme narcissico-virtuose a toujours constitué pour moi une addition salée que je ne me résous que rarement à payer... surtout dans le cas des combos teutons, volontiers insupportables (appréciation qui ne s'applique pas, bien sûr, à la scène thrash du pays). Bref, à première vue, Inhuman Rampage semble aussi digeste qu'un kouglof au béton. Soulagement : Dragonforce est loin de n'être qu'allemand (désolé...) mais s'avère résolument cosmopolite. Etre basé à Londres n'empêche pas ses membres de venir des quatre coins du monde, un peu comme les Saints de Kurumada. Pour le reste, nous sommes bien en présence d'un pur-sang dévoué corps et âme à la cause heavy speed, tendance mélodique option la-vie-est-belle. Ce qui différencie Dragonforce de ses coreligionnaires ? Cette poignée d'amphets qu'il se goinfre tous les matins, arrosé d'une généreuse rasade de caféine pure (régime Tetsuo) ! 

L'énergie déployée est effectivement monstrueuse, et le terme speed relève parfois de l'euphémisme le plus doux. Personnellement je diagnostique un syndrôme « lapin Duracell », celui qui continue à frapper ses cymbales comme un sourd alors que les copains ont épuisé leur réserve d'alcaline depuis trois plombes ! Inhuman Rampage est complètement échevelé, si j'ose dire, vu les arguments capillaires de nos amis. Rifferie azimutée, clavier frénétique, cogneur fou semblant se tromper de style tant il aime les blast beats et les patterns brutal death à base de tou-pah tou-pah (on rappelle que Dragonforce a émergé, tel Ikki, des cendres de Demoniac)... Rhapsody passe pour une bande de grabataires en goguette, et même les survoltés Children of Bodom, qui doivent tant au speed des eighties, sont complètement aux fraises. La première moitié de l'album est très inspirée, le middle-track est excellent (Body Breakdown) et la lassitude ne s'installe pas trop vite. A noter de surcroît, une grosse influence oldschool videogames revendiquée haut et fort par nos amis. Difficile à expliquer, le mieux serait encore d'écouter. Le groupe a-t-il sorti un chef-d'œuvre pour autant ? Que nenni.

Ce qui fâche, comme souvent dans ce créneau, c'est qu'aucun des écueils habituels n'est évité : tantôt démonstratif au point de friser la prétention, tantôt ridiculement pompeux, Dragonforce (ce nom de shoot 'em up PC Engine...) peut aussi irriter par son chant, les compositions abusant sans vergogne de chœurs heavy metal lénifiants et tristement proches de beuglantes de supporters. Autre point agaçant, subjectif car relevant d'une conception personnelle du genre, Dragonforce fait partie de ces groupes, pardon de le dire, qui sont trop optimistes. Oui ! Si pleins de bons et grands sentiments qu'ils pataugent parfois dans la niaiserie - rien à faire, je préférerai toujours le metal obscur au life metal candide et naïf (à l'exception d'Helloween dont je ne me lasse pas tout à fait du trademark happy metal). Cela dit, cette volée de bois vert ne doit pas faire oublier la force du groupe : Dragonforce est une mécanique de précision, de la belle ouvrage taillée pour la performance et diablement efficace à l'occasion. Plus rare, réelle est sa personnalité, amenée par cette fougue et ces œillades aux sonorités vidéoludiques.

Typiquement le genre d'album qui ne tournera pas souvent, mais que je pourrais écouter de loin en loin. Dernière chose : ne pas oublier d'interrompre la lecture du CD avant l'atroce fin d'album, lestée d'un titre affreusement dégoulinant. Qu'on se le dise, le metal est soluble dans le sucre, et tant de bons sentiments, ça me dégoûte.

nota bene : l'illustration n'est pas la pochette de l'album mais, une fois n'est pas coutume, un fanart réussi dispo sur le site officiel du groupe.

Man, I can’t believe I really bought that shit. Fuck, I won’t even mind translating the piece of shit I wrote here. Shame on me, don’t know what the fuck I was on the day I came back home with this friggin’, smokin’ turd. You won’t believe I love fuckin’ Hellhammer after that one, don't you ?


Inhuman Rampage (Roadrunner / Noise, 2006

01 Through the Fire and Flames
02 Revolution Deathsquad
03 Storming the Burning Fields
04 Operation Ground and Pound
05 Body Breakdown
06 Cry For Eternity
07 The Flame of Youth
08 Trail of Broken Hearts

Le site et le Myspace de Dragonforce.

vendredi 27 janvier 2006

La fin de l'éclipse ?


Amorphis fait définitivement partie des groupes qui ont le plus compté pour moi, et les voir revenir avec un nouveau chanteur chargé de succéder au grand Pasi Koskinen est aussi excitant que... flippant. Après un Far From the Sun en demi-teinte, pour ne pas dire médiocre, la prochaine fournée des finlandais (quelle surprise n'est-ce pas ?) nommée Eclipse se doit de relever le niveau, et je dois dire que le single House of Sleep est plutôt engageant malgré l'absence de vocaux death. Amorphis a cependant annoncé leur retour sur cet album, et j'imagine qu'un single - par essence censé appâter le chaland - blindé de growls n'aurait pas été une idée des plus judicieuses (sauf pour moi). Quoi qu'il en soit, l'attente est aussi cruelle que les espérances sont grandes ! Qui aime bien châtie bien, et Amorphis s'est embourbé dans une seconde partie de carrière décevante pour qui se souvient des débuts extraordinaires du groupe. Le sieur Koskinen ayant décidé de voguer vers des cieux commercialement moins cléments, mais artistiquement plus gratifiants pour lui (Ajattara et Shape of Despair au sein duquel il évolue avec sa moitié), le groupe doit impérativement retrouver un deuxième souffle et transformer ce changement de line up en transition salvatrice. Le potentiel est là, Eclipse arrive le 17 février, et il sera alors temps de juger le nouveau Amorphis sur pièce. Les gaillards ont d'ores-et-déjà toute ma confiance !

Pour rappel, Amorphis déboula en fanfare au début des années 90 avec un album et un mini tout à fait honorables (Karelian Isthmus et Privilege of Evil) avant de casser la baraque avec Tales From the Thousand Lakes, un album unique en cela que je le jurerais composé pour moi (oui j'ose) tant il se conforme à mes goûts en la matière. Vous savez, cette sensation que l'on a en écoutant un truc qui nous parle tellement qu'on se dit « c'est pas possible, c'est quelque chose qui m'est tellement proche que j'aurais pu / voulu le faire moi-même »... Gorgé de mélodies traditionnelles électrifiées dans les graves et transcendé par un toucher guitaristique magique, puissamment produit, naviguant entre heavy doom et death metal nordique, Tales From the Thousand Lakes reste un joyau qui ne souffre aucune comparaison, bercé par les mythes et légendes du Kalevala (corne d'abondance des textes mélancoliques des Amorphes). Un album qui restera à jamais dans l'histoire du genre ! Tous les éléments faisant l'originalité de ce disque furent poussés à leur paroxysme dans le successeur Elegy, un pur chef-d'œuvre lui aussi même s'il demeure à mon humble avis un ton en-dessous de Tales...

Consacrant l'éloignement des rivages death metal en faveur d'un heavy rock multipliant les clins d'œil aux seventies, Elegy fut lui-même suivi par d'autres disques qui ne virent jamais Amorphis revenir à son meilleur niveau. Dernière précision : à l'instar du fondateur Like An Everflowing Stream de Dismember, Tales... fut composé par des gamins d'à peine seize ans... Au mieux ça laisse rêveur, au pire ça donne envie de faire du petit bois avec sa guitare !

I’m in love with Amorphis since forever – so there’s a bit of anguish in seeing ’em coming back with a new singer (Koskinen’s raspy yet melodic vocals are truly unique). That being said, Far From the Sun, however, was not a very good album by Amorphis’ standards. Eclipse shall be better and we're already forwarned the death growls are back – yummy-yummy, isn’t it ? Go for it ye Amorphous Ones ! I don’t feel like adding much more to my appreciation of Tales From the Thousand Lakes – fuck, I already did in French, a beautiful language that you shall learn in order to apprehend all of this weblog’s wondrous wonders. All you have to know is you need Tales From The Thousand Lakes. Yeah, sure, you need it – you just don't knew it yet.

Le clip de House of Sleep.

Le site et le Myspace d'Amorphis.

dimanche 15 janvier 2006

Scream for me John Lennon !


Eh bien ! Tout n'était pas gagné d'avance. De longue date, pourtant, le samedi 14 janvier 2006 égalait « grande soirée metal » dans mon esprit, le moins que l'on puisse dire d'une prestation commune de ces deux monstres sacrés que sont Samael et Obituary. Mais les mathématiques n'ont jamais été mon fort et une charmante inconnue xx vint délicieusement troubler cette fragile équation. Bref, le samedi risquait fort d'être une grande soirée (sic), mais pas forcément metal. Et c'est ainsi que je me résignais - sans trop de tristesse, j'avais la meilleure des excuses - à annuler ce concert. Tout aurait dû finir là, et cette note ne jamais voir le jour... Mais le destin en décida autrement. Il emprunta la forme d'un coup de fil sucré me proposant d'avancer d'un soir le programme du samedi. Et c'est ainsi que tout rentra dans l'ordre in extremis : j'allais pouvoir travailler les relations humaines le vendredi, ce qui me permettrait finalement d'assister au concert le lendemain... c'est à dire hier soir ! Deux cent trente bornes aller, autant au retour, rien de bien méchant en somme pour aller voir ce gig en terre limousine. La salle John Lennon est vraiment un chouette endroit pour ce genre de concert, encore une fois je tire mon chapeau au travail de passionnés que fait Execution Management depuis des années : un jour où l'autre, ces mecs arriveront à faire venir Metallica. Façon de parler, mais bravo. Après avoir déjà vu là-bas Cannibal Corpse, Immolation, Sup, Loudblast, Therion, Tristania, Scarve, Cathedral, Septic Flesh, j'en passe et des meilleures, la scène accueillait hier donc Samael et Obituary, soutenus en première partie par Maroon. Procédons par ordre...

Maroon m'avait été présenté comme un combo typé hardcore, ce qui dans ma tête est synonyme de « tous à la buvette ». Eh bien, ce fut plutôt une bonne surprise. Sur album, je ne sais pas ce que ça donne (et je m'en fous), mais en live on a plus affaire à un bon groupe de melodeath qu'autre chose. Certes, un petit côté core était présent, mais pour que je le supporte il fallait qu'il soit bien discret. Pas besoin de Sherlock Holmes pour déduire que ces mecs connaissent leur petit At The Gates / In Flames illustré sur le bout des doigts. Sympa comme tout, bonne attitude, un frontman efficace, un set énervé mais bon enfant, bref, sympathique. Puis vint Samael ! Comme souvent, le groupe désarçonna une partie du public de par son côté très synthétique, martial mais désormais très light. Eh oui, il faut bien se dire que le Samael d'il y a dix ans est mort et enterré. Étant plus que client de la bande, j'ai trouvé le show excellent à tous niveaux, le groupe impérial, l'interprétation magistrale. La grosse tarte ! Le tout servi par un son très bon et indispensable à nos petits suisses. Xy reste l'une des principales attractions scéniques de Samael : ce mec est un vrai performer qui jongle perpétuellement entre synthés, samples et percus ! Sportif... Son frérot Vorph est toujours aussi impressionnant : il n'a pas bougé d'un mètre pendant le concert mais a paradoxalement occupé l'espace à lui tout seul. Penser à mettre « Vorph » dans le dictionnaire des synonymes, au mot « charisme ». Seul regret, un seul extrait de Ceremony of Opposites, en l'occurrence Baphomet's Throne. Moment fort et représentatif du nouveau Samael : On Earth et ses paroles constituées de l'énumération rythmique des les grandes capitales du monde. Magique !

Les maîtres de cérémonie, Obituary, sont de véritables légendes vivantes et n'ont absolument pas déçu. Leur (nouveau) come back est réussi, et scéniquement ils sont au top niveau... hormis le fluet Allen West (par comparaison aux gabarits impressionnants - et insoupçonnables en photo - des autres membres). West est au bout du rouleau, on sait qu'il a de sérieux soucis avec la bouteille... et ça se voit. M'enfin, ses soli restent excellents. Pour le reste, ce fut bien le cassage de tête en règle attendu... Des extraits de tous les albums, le mythique Slowly We Rot en rappel, un son bien gras, bien roots, des intermèdes instrumentaux très réussis (hormis un solo de batterie chiant comme un solo de batterie), la présence monstrueuse (vraiment !) d'un John Tardy éminemment sympathique et fidèle à sa réputation... Quand Obituary quitte la scène, on se dit que ces vétérans maîtrisent tellement leur sujet qu'ils ne le dominent même plus, ils le survolent. Dans le domaine mid-tempo, leur spécialité, incontestablement le meilleur groupe de death metal du monde avec Autopsy. Petite ombre au tableau néanmoins : le set des floridiens était beaucoup trop haché entre les morceaux (soucis techniques ?) et malgré l'exécution imparable, la dynamique générale du concert manquait de pêche. Au final, concert à la hauteur de l'affiche ! Vendredi soir, la belle, samedi soir, les bêtes, j'ai connu pire fin de semaine.

It is a great metal evening that took place on the 14th of January : Samael and Obituary wreaking havoc not so far from my place. In fact, living in France, nothing is really too far away anyway. Hey, you know, we’re not in the fuckin’ States in here, we’re in fuckin’ old Europe. The John Lennon club is a pretty decent one, graced with overall great acoustics and ideal for a beer-laden heavy fuckin’ metal gig. Big names regularly perform here, id est Sup, Loudblast, Scarve, The Old Dead Tree, Destinity, Beauty of Desolation, Misanthrope... Ya don’t know these acts ? Come on, I’m sure you’re kiddin’ me. So let’s get back to Samael and Obituary destroying the place – what else could I say except it went like, wow, total fuckin’ destruction ? Albeit putting out a sometimes too-synthetically driven show, Samael totally ruled, as always, but performed only one song from Ceremony which was kind of a disappointment for me. Obituary was next and blew away the whole audience with an almost crusty show, harking back to their Celtic Frost’s roots in every aspect. Supreme mid-tempo death metal – too bad you weren’t there. Slowly we came back.

Le site et le Myspace d'Obituary.
Le site et le Myspace de Samael.
Le site et le Myspace de Maroon.
Le Myspace d'Execution Management.


...et toujours :
Le mouvement perpétuel

mardi 3 janvier 2006

La connerie n'a pas de limite

Judas is rising (à nouveau)... mais le Prêtre n'a pas toujours été intouchable et il lui est arrivé de vaciller dangereusement sur ses fondations. En 1985, un fait divers effroyable plonge le groupe dans un enfer qui durera cinq longues années : deux adolescents fans du groupe se tirent une balle dans la tête après avoir écouté en boucle un album de leurs idoles. Le carnage est complet, l'arme utilisée étant un fusil à pompe à canon scié (douce Amérique...). Le premier meurt sur le coup, la tête volatilisée. Le second, malheureusement, survit trois longues années avec la moitié du visage soufflée comme un pop-corn avant de décéder d'une overdose médicamenteuse très certainement suicidaire. Les familles des deux morts attaquent Judas Priest en justice : il est si tentant de faire porter le chapeau à un groupe de heavy metal. Bref, l'album Stained Class - excellent au demeurant - dissimulerait des messages subliminaux incitant ses auditeurs à en finir avec l'existence. Messages subliminaux que l'on entendrait en faisant passer le disque à l'envers. Bon sang, mais c'est bien sûr, il est notoirement connu que les amateurs de musique aiment à écouter leurs galettes préférées... à rebours !

C'est un groupe uni, solidaire mais surtout dévasté par ce drame qui se présente au procès où il impressionnera la cour de par sa grande humilité et sa volonté de faire la lumière sur les véritables causes de cette tragédie. James Vance et Ray Belknap provenaient tous deux de foyers brisés, ruinés par la bêtise crasse, l'alcool, le chômage et au sein desquels ils étaient au mieux ignorés et méprisés, au pire maltraités. Halford se fendit d'un laconique « si nous avions mis un message subliminal dans notre album, il aurait incité nos auditeurs à acheter plus de disques de Judas Priest ; un message comme "Do it, Do it" étant pour le moins contre-productif ». Et le Metal God de rendre un vibrant hommage aux suicidés tout en stigmatisant les véritables coupables. « Ces deux jeunes gens ont perdu la vie en raison de leur engagement sur les chemins de la drogue et de l'alcool, vraisemblablement induit par les dysfonctionnements de l'unité familiale dans laquelle on ne leur réservait ni place ni attention. Ce procès n'est qu'une tentative de déplacer les responsabilités. Les victimes menaient une vie triste, pathétique, au moins leur avons-nous donné un peu de plaisir avec notre musique et j'en suis fier ».

Judas Priest gagna ce honteux procès en août 1990, lavé de toute accusation. Halford déclara « c'est un grand jour pour Judas Priest - plus encore, un grand jour pour les artistes de toute l'Amérique. Il était important que nous soyons là pour nous battre pour nous et notre musique, et dans une certaine mesure, pour les valeurs de la Constitution Américaine, ce qui est un peu ironique pour quatre anglais ». Le jugement, favorable à 100% au groupe, a désormais force juridique et c'est ainsi qu'il existe aux USA une « jurisprudence Judas Priest » relative au fameux et sacro-saint Premier Amendement. Un documentaire remarquable a été réalisé sur cette affaire, intitulé Dream Deceivers. Cette terrible épreuve reste le pire moment de la carrière du groupe, et plantera les graines d'une discorde qui aboutira au départ de Rob Halford, particulièrement affecté. On comprend mieux pourquoi l'album Painkiller, sorti à l'issu de cette histoire sordide, est aussi violent, vindicatif et énervé. De la rage, le groupe en avait accumulé, en cinq ans. Le slogan publicitaire accompagnant la parution de ce fameux « Tueur des Souffrances » ? Je vous le donne en mille : « A L'ENDROIT OU A L'ENVERS, PAINKILLER TUE ! »

What a horrendous case is the Vance Vs. Priest one. Everyone by now knows the facts related to young lads James Vance and Ray Belknap – their suicide pact, their love of the mighty Priest, and their broken houses’ background. Following the suicide of Belknap and the gorish, attempted one of Vance, Priest was taken to court and had to defend itself, heavy metal and its right of expression against what I would call the worst part of America. In a pathetic alla cappella attempt by Rob Halford to demonstrate the ridiculousness of pursuing a case that has no existing evidence (alleged reverse subliminal messages contained in Stained Class), the court finally settled in favor of Priest. I still can’t believe, to this day, how far it went – man, I do feel like Judas was the musical scapegoat of "moral" America (remember PMRC ?). Please do you a favour : watch the high-profile documentary Dream Deceivers, an account of these events praised by The New Yorker ("Dream Deceivers provides a nightmare glimpse into America's spiritual drought and the way people fill that void with diametrically opposed faiths... It is ghoulish Americana that makes fictions such as Blue Velvet and Wild At Heart seem like Mother care ads"). Ok now, here comes the best part : when Painkiller was released, its original tagline was "backwards or forwards, Painkiller kills" – which is absolutely fuckin’ true. Now, rewind !

mardi 27 décembre 2005

In memoriam

Il y a exactement un an et un jour le guitariste-vocaliste de Nasum Mieszko Talarczyk mourrait, ainsi que plusieurs centaines de milliers de personnes en Thaïlande.

Ce décès mit fin à Nasum dont il n'était pas le fondateur mais néanmoins le membre le plus emblématique au point d'en devenir le frontman. La discographie de Nasum se compose de Inhale / Exhale (1998), Human 2.0 (2000), Helvete (2003) et Shift (2004), sans oublier la double compilation testamentaire Grind Finale (2005) et toute une tripotée de splits et EP en tout genre - grindcore oblige.

Nasum est né en 1992 dans l'ombre du groupe de death metal Necrony avant de devenir le projet principal de ses membres, et pratiquait son art dans sa plus pure tradition ; c'est-à-dire en exécutant un grindcore politisé et contestataire dans la « droite » filiation gauchisante d'un Napalm Death.

nota bene : le site de Nasum propose une pelletée de morceaux en libre téléchargement.

It’s been one year day-to-day that Nasum’s Mieszko T. died in Thailand, carried away by "the" tsunami. His band did not survive his death. Nasum’s discography is mainly composed of four albums, as well as many splits and EP - we’re talkin’ grindcore here - and a mammoth-sized compilation (Grind Finale). Born under the Necrony moniker and true to the genre’s commandments, Nasum did provide us with left-wing radical grindcore, à la Napalm Death with whom they shared many stages. Unlike flesh, art is immortal : find a shitload of Nasum' songs here.