
Les frères Cavalera, c'est un peu comme les frères Karamazof : une belle histoire de famille qui tourne au vinaigre - coucher avec son manager, c'est un peu comme baiser la maîtresse de son père : ça ne donne, en général, rien de bon. Après plus d'une dizaine d'années artistiquement catastrophiques pour l'un comme pour l'autre (Soulfly... sérieusement, Soulfly, quoi...), pas mal d'énormités proférées par Max sur son background d'origine, voici donc la réunion tellement inattendue qui ne dit pas son nom. Comment être de dans de bonnes dispositions pour accueillir ce projet au nom stupide ? Une pochette médiocre et quelques interviews assez scandaleuses plus tard (il faut voir Igor, à la mention du certes piteux Dante XXI, tirer cruellement sur l'ambulance qu'est devenu Sepultura après avoir participé au disque susnommé), les conditions n'étaient pas plus réunies pour que j'accorde une seule chance à ce pur produit marketing. Bref, en un mot comme en cent, je flairais la bonne arnaque : rien de tel qu'un coup médiatique comme celui-ci pour remettre en selle deux carrières battant de l'aile.
Et j'ai écouté cinq titres de la chose, un peu par hasard et par erreur : rien de tel que de laisser tourner le sampler Terrorizer pendant le ménage, tiens. Et je me suis traité de con. Oh, n'exagérons rien : Inflikted, l'album de Cavalera Conspiracy, ne restera pas dans les annales comme un chef-d'œuvre impérissable. Mais il est néanmoins pas si mauvais, et surtout sacrément inattendu vu le profil de la bestiole : du bon vieux thrash-death payant un lourd tribut à la vieille école si longtemps reniée par Max Cavalera, et blindé de grosses cavalcades rythmiques plus entendues depuis Arise. Saupoudré d'une attitude DIY qui relie souvent le metal extrême au punk, stylistiquement bien plus proche d'un Beneath the Remains que des tam-tams bobos de Soulfly, Inflikted fera plaisir à tous les vieux connards dans mon genre - ceux qui n'aiment pas les baggies et les dreadlocks, et qui continuent de penser que Schizophrenia est le sommet artistique des brésiliens. Igor tabasse son kit comme Khaled sa femme (c'est dire), Marc Rizzo - inconnu au bataillon - joue très bien le rôle d'Andreas Bisous au point de lui repomper quelques plans "nostalgie", et cet éternel (cr)ado dépenaillé de Maxou braille les mêmes âneries qu'il y a douze ans, vaguement contestataires surtout de loin la nuit (y'a plus de « fuck » dans un morceau comme Inflikted que dans un film de Scorsese).
Concluons en précisant que l'on trouvera dans Inflikted des références à Hellhammer (Maxou cite Apocalyptic Raids) et une reprise de Possessed, c'est dire si l'on est surpris ! De là à acheter l'album, il y a un pas que je n'ai pas encore franchi, d'autant qu'est paradoxalement présent un côté « modern metal » que je ne prise que très peu (comprendre : que je conchie)... Mais je dois reconnaître que racheter un produit estampillé Cavalera Bros. est une pensée qui m'amuse sans me déplaire totalement. A voir, le clip de Sanctuary mettant en scène le troisième et méconnu frère Cavalera, furieux d'avoir été oublié, une fois de plus, de cette nouvelle aventure musicale et familiale.
Remember the first line of Holy Wars ? “Brother will kill brother, spilling blood across the land”… Well, if the Cavalera Bros did not soak earth in blood, they sure fucked up Sepultura big time – well, forever would be more accurate. On the left (far left…), Max and his mediocre Soulfly. On the right, Igor, finally leaving that cold corpse formerly known as Sepultura. Bad blood and bitter words, blah blah blah. Well, all of that shit seems to belong to the past as the two formed Cavalera Conspiracy (talking about a dumb name…). Yeah I know : this is seriously stinking, that’s what you’re thinking right now. Well you know what ? The whole thing is actually listenable. Not twice a day, for sure – we’re not talking about quality levels such as those reached on Arise or Schizophrenia. But this isn’t that bad : thrashing death metal reeking of punked-up attitude, without any of these annoying ethnic shits (fuck me) polluting Sep’ as well as Soulfly. Inflikted is for all of you old farts clever enough not hoping for another classic – ‘cause it won’t happen – and indulgent enough to bear with the teenage, hopelessly dumb lyrics screamed out by Max. Not really good, not really bad, just the Cavalera Bros trying to reconnect while baggin’ in some cash. Why not – as Pentagram would say, you’ve been forewarned.
Le site et le Myspace de Cavalera Conspiracy.

On a tous, dans cet immense chaos néanmoins systémique, constitué des différentes écoles métallurgiques, nos petits chouchous. Ces groupes un peu moins connus, un peu moins cités et donc synonymes, dans nos petites caboches, d'injustice du siècle. Oui, celui-là par exemple, qui est aussi important pour toi qu'anecdotique pour moi. Vous voyez l'idée. J'en ai plusieurs, mais me contenterai aujourd'hui de mettre sur la table de dissection le cadavre - refroidi depuis quelques éons - de Protector. Un combo né, comme tous ses confrères allemands, dans une MJC vert-de-gris (merveilleux pays) et qui frappe fort dès son patronyme. Protector ; il faut reconnaître que ça claque comme doit claquer celui de tout bon défenseur de la foi. Probablement trouvé pendant le cours d'anglais, il va sans dire - après tout, le logo a bien été dessiné pendant le cours de maths. L'école allemande ? Un vrai bienfait pour le metal (tu trouves le nom de ton groupe le matin et t'enregistres ta première démo l'après-midi dans la MJC sus-citée. Le jeu ? On verra ensuite, on a dit qu'on faisait du metal) !
Plusieurs raisons alimentent mon amour pour Protector, mais ce qui demeure pour moi son principal attrait et son unicité, c'est l'inexorable dévastation de son thrash-death slayerien, et surtout cette mise en place complètement américaine à partir de Golem. Oui, Protector est éminemment brutal, oui, Protector bastonne avec une efficacité toute germanique, et oui, mille fois oui, Protector est crade et roots comme tout brûlot de thrash européen de l'époque qui se respectait. Oui, mais Protector demeure carré et plus précis que n'importe lequel de ses frères d'armes, à l'exception notable du Kreator post-Coma. Et à l'inverse de la bande à Mille, Protector n'a pas perdu, en contrepartie de cette mécanique de haute précision, sa part la moins avouable : celle du diable. Bien sûr j'adore Sodom, Kreator plus que tout, Destruction, Assassin et tous les grands noms du thrash teuton (qui a aussi ses moins grands, qui se souvient des horribles Poltergeist ?), mais Protector demeure mon petit... protégé. Plus de densité, plus d'embardées vers le death, un penchant notable et pas encore si courant pour truffer ses morceaux de passages mid-tempo ravageurs, et donc ce côté « horlogerie suisse » qui n'était pas, loin s'en faut quand on parle du thrash ultra-rhénan des années 80, une option standardisée... Il faudra en effet attendre des influences aussi énormes que celle d'un Morbid Angel ou d'un Cannibal Corpse pour que quelques tours de clé soient donnés aux charmantes approximations procédant des Possessed, Hellhammer et autres Venom.
A Shedding of Skin, tuerie à la bestialité inégalée sur laquelle tous les démons de la terre semblent rugir par le gosier de Wiebel, reste pour moi l'album le plus marquant. Une fois terminée son intro arpèges/bruitages bucoliques très tiamatesque, déboule une quarantaine de minutes de folie furieuse, flirtant régulièrement avec le black metal lorsque tous les potards sont à onze... Whom Gods Destroy (c'est pas metal ça comme titre ?), Mortuary Nightmare et Retribution In Darkness demeureront les hymnes les plus puissants du Protectorat mais tout le reste est à l'avenant. L'incontournable instrumental, passage obligé de tout grand disque thrash, est présent sous le nom de Necropolis. Un album « no fillers, just killers ». La production âpre et crunchy de Harris John (quelle surprise...) et la pochette du futur célèbre Joachim Luetke parachèvent un chef-d'œuvre... qui ne doit cependant pas éclipser le reste de la discographie du groupe - en particulier le très misanthropique premier mini. Cependant le talent ne fait pas tout et A Shedding of Skin, prétendant au trône obsédé par la cruauté musicale, ne parvînt pas à s'imposer commercialement en cette année 1991 déjà surchargée en la matière. Rien n'avait commencé... que tout était déjà fini !
Que retenir du groupe aujourd'hui ? Simplement que l'extrême agression du blackened-thrash teuton (abreuvé directement à la source du Styx, à l'instar de son frérot sud-américain), la précision virtuose du death metal made in Tampa (confere les faux airs canniboulesques du morceau A Shedding...) et l'énergie des thrasheurs de la Bay Area, à l'instar de Calgon 3 en 1, ça existait... et ça se trouvait chez Protector. Aujourd'hui Hansi Müller et Olly Wiebel sont retirés de la scène et travaillent dans l'usine locale des Voitures du Peuple (ou comment le metal peut changer votre destin... ou pas !), Michael Hasse ne risque pas de revenir de là où il est, et seul le sympathique Martin Missy maintient une timide flamme au moyen d'un groupe-hommage, The Protectors, et d'une page web très documentée qui n'intéresse que les pelés dans mon genre. Le golem est inerte, mais ses enfants sont légion : Urm est toujours fou et hurle sa superbe schizophrénie thrash / death au détour des riffs d'un Blood Red Throne, pour n'en citer qu'un. Sa campagne est terminée depuis bien longtemps, alors que le Protectorat repose en paix sans sombrer dans un bien irrespectueux oubli.
Wow, man, do I love fuckin’ Protector. I can’t believe how this metallic german war machine is forgotten by all nowadays – fuck it, they were true defenders of the faith, absolutely flawless throughout their career, and yet we’re still talkin’ about fuckin’ Tankard. Go figure ! So yeah, I wholeheartedly confess my unconditional love for the Protectorate’ slayerian thrash death metal attack. Brutal as fuck and as mercilessly nailed as Jesus was on the cross, deadly precise (the american way !) while retaining the savageness of the German thrash metal acts, what more can you wish for ? Inexorable devastation, yup, that’s what Protector had to offer and be sure that two decades later it will still blow you far, far away. I’m particularly fond of A Shedding of Skin, a nasty motherfucker released in Holy Metal Year 1991, A.D. Olly Wiebel really screams his guts out on this one ! Just listen to Whom Gods Destroy (can a song’s name get more metal than that for fuck’s sake ?), Mortuary Nightmare or Retribution In Darkness, then suffer and obey your new masters… Unfortunately A Shedding of Skin failed to reach its audience and the mighty Protector began to fall from metal grace. A real letdown for these talented musicians – please keep the oriflamme of the once powerful Protectorate burning high and bright : their doing shall not be buried by time and dust !
A Shedding Of Skin (Major Records, 1991)
01 Intro
02 Mortuary Nightmare
03 A Shedding of Skin
04 Face Fear
05 Retribution In Darkness
06 Doomed To Failure
07 Thy Will Be Done
08 Whom Gods Destroy
09 Necropolis
10 Tantalus
11 Death Comes Soon
12 Unleashed Terror
13 Toward Destruction
Le mausolée-Myspace (malheureusement aucun morceau de A Shedding of Skin, album déjà hors-canal historique suite au départ, pour cause d'agoraphobie, de Martin Missy) de Protector.
Le Myspace de The Protectors, groupe-hommage emmené par ledit Missy.
Cela faisait un moment que je l'avais dans le collimateur. Bref, n'achetez pas, n'ouvrez pas, ne regardez pas même ce pseudo bouquin écrit avec des moufles et relu par... relu par qui au fait ? Personne, évidemment. Hard Rock, du très parisiano-parisianiste Christian Eudeline, est d'une absolue bêtise dont la vacuité stylistique, indigente au point d'atteindre l'indicible*, n'a d'égale que l'immense, la cyclopéenne, l'étourdissante méconnaissance de son sujet. Cher Christian, retourne écrire pour la bible musicale des bobos-gauchos-intellos (à moins que ce ne soit Patrick), mais par pitié, putain, laisse notre chapelle tranquille. Merci.
Je n'ai pas envie d'argumenter, et je vous renvoie seulement à cette exécution signée Shreut et parue dans l'excellent 80's French Heavy Metal. Ok, chacun est libre d'écrire ce qu'il veut, et si Eudeline nous assène que Vulcain n'a sorti qu'un seul album, nommé L'agression, et nous explique que Slayer est un groupe de fafs qui ont décidé un soir de biture de se raser la tête (bientôt à la Star Rac ?), c'est son droit. Je suis très américain en ce qui concerne la liberté d'expression... Mais là où ça ne passe plus, c'est que cet « ouvrage », torché à point nommé avant les fêtes, n'a pour très claire vocation première que de ramasser le pognon sur le dos de grand-mères larguées (mais certainement moins que l'auteur) qui pensent faire plaisir à leur petite-progéniture chevelue. Arnaque éhontée, à chier et en conséquence de quoi... aux chiottes !
Je reprends l'un des commentaires de la chronique sus-citée pour conclure : « Une véritable m**de hautaine, qui ne s'intéresse qu'aux morts, aux suicides, aux accidents et aux chambres d'hôtel dévastées ». Et dont « l'auteur » ne s'encombre ni de vérité à l'endroit des faits, ni de dignité envers lui-même, rajouterai-je.
* « les guitares de Slash déchirent leurs races ». Ouais super, retourne apprendre à écrire, tâcheron inculte, on n'est pas dans le 9-3 ni à Canal ici...
Man, there’re so many ignorant fucktards writing ‘bout heavy metal lately. Ya can’t read heavy metal – ya just can live it and hear it. This does not apply to biographies, especially when written by Nikki Sixx.

Comme tout véritable artiste Quorthon était multiple - et ses différents visages musicaux ont d'ailleurs réussi à estomper l'homme : le fils prodigue de Black Mark - peut-être pas qu'au figuré - reste mystérieux et la mort qu'il n'eut de cesse de célébrer (en occultiste dans ses premiers albums ; en viking tombé au champ d'honneur dans les derniers) l'aura pris au mot avec beaucoup d'avance. Et nul ne lira donc jamais son projet de livre sur Bathory. C'est peut-être pas plus mal - qui a envie de savoir que le Heavenshore Studio n'était qu'un garage perdu dans une friche industrielle de Stockholm, ou que les vocaux d'un des plus influents volumes du metal extrême ont été enregistrés dans des toilettes entre deux vrombissements de tondeuse à gazon ? Quorthon n'était pas moins fan de hockey sur glace que de mythologie scandinave (où l'on apprendra que le titre Blood On Ice revêt un tout autre sens que celui communément supposé), et savait se détacher, pour ne pas en être prisonnier, de son principal travail musical pour embrasser d'autres horizons.
Album, sorti en 1994 sous la bannière Quorthon, est un disque moyen car malheureusement alourdi d'une médiocre et redondante seconde moitié. C'est dommage : les cinq premiers morceaux sont excellents et dépaysent franchement le fan de Bathory... sans jamais le perdre totalement en route. C'est ainsi qu'après les très pop-punk No More and Never Again et Oh No No, l'auditeur se voit rattrapé in extremis par le fond de sa peau d'ours par un très atmosphérique Boy, l'un des points d'orgue du disque. Quorthon, certainement très marqué par ce qu'il se passait dans cette première moitié des années quatre-vingt dix, laisse plus qu'entrevoir ses multiples influences : dire que les ombres d'Alice In Chains, de Stone Temple Pilots et même de Soundgarden planent sur Album est doux euphémisme... L'auditeur moyennement averti, peu familier du timbre de voix d'un Jerry Cantrell ou (surtout !) d'un Layne Staley, tomberait presque dans le panneau. Ce heavy-rock lascif et terreux, mieux produit que n'importe quel Bathory (ce qui ne signifie pas bien produit) garde pourtant l'énergie punk qui n'a jamais quitté Quorthon (One-Eyed Old Man, du viking metal, vous êtes vraiment sûr ?). Attention cependant : pas de cavalcades effrénées ici, le mid tempo est roi et Album ne contient aucun morceau rapide - pas un seul.
Album n'est pas un très bon disque de Quorthon, il n'est pas, non plus, un très bon disque tout court. Mais l'indéniable patte de son illustre géniteur fait qu'il revêt un intérêt pour certains - et sa très honorable première partie (c'était plus simple de dire face A !) vaut amplement le prix dérisoire, presque insultant, auquel on peut le trouver aujourd'hui. Sans oublier le fait qu'au royaume des aveugles (pour faire, si j'osais, un « clin d'œil » au One-Eyed Old Man sus-cité), les borgnes sont rois : Album vaut, malgré tout, mieux que la majorité de la merde même plus réchauffée qu'on nous sert aujourd'hui en guise de « rock ».
Quorthon was a man of many faces, and not only a musician – death reaped him while he was penning Bathory’s biography. I don’t really mind never reading it ‘cause who wants to dispel Bathory’s lore by learning about lawnmowers noises in its oeuvre ? What I do know though is that Album, released under the moniker Quorthon, is an interesting disc for any true Bathory lover. Sure this is not a great work by Bathory’ standards, and this is not “muscular” enough to appeal your typical pagan-viking metal fan. However, you’ll find here good tracks such as No More and Never Again, Oh No No (yup, just like a fuckin’ lemming about to explode – if you get that one you’re the man !), and you’ll be struck by the extreme Bathory mood of Boy, a sad, beautiful song about being a lonely boy having a hard time in school and childhood (or whatever the fuck you want ‘cause this is just my interpretation). Album is atmospheric, displaying a once-modern blend of heavy rock sometimes leaning on a droning Alice In Chains. Not a classic by all means, but one to know. Or so I think, and so you shall : this is way better than the average catshit called “rock music” we’re currently force-fed with on the radio or the TV.
Album (Black Mark Production, 1994)
01 No More and Never Again
02 Oh No No
03 Boy
04 Major Snooze
05 Too Little Much Too Late
06 Crack in My Mirror
07 Rain
08 Feather
09 Relief
10 Head Over Heels
Le Myspace de Bathory.
Je n'ai pas l'habitude, dans ces colonnes, de rédiger des comptes-rendus de concerts. Primo, je n'ai jamais été fan de l'exercice. Une hérésie pour certains qui ne conçoivent, ne consomment le metal que comme une musique live avant tout - une vision quelque peu limitative à mon sens. Rajoutons à ce peu de motivation le fait que je ne goûte que très peu au public dit « metal » de base (on n'est pas prêt de me voir à un festival par exemple, synonyme pour moi d'enfer sur terre), et l'enfer est dans le sac. Néanmoins ce manque d'intérêt n'est pas une règle : j'en « fais » tout de même régulièrement quelques-uns, et la récente et classieuse date d'Anathema à laquelle j'ai eu l'honneur d'assister (et de vexer Jamie Cavanagh, mais ceci est une autre histoire) aurait méritée quelques lignes ici - une notule qui restera finalement lettre-morte.
Mais... Mais j'ai vu Mayhem il y a quelques jours, en pleine Gaule Centrale, pour cette tournée Ordo Ad Chao placée sous le signe de l'outrance costumière. Une expérience. Comme d'habitude, je n'ai pas eu une envie folle de raconter la soirée ici : après tout quoi de plus éloigné qu'un concert et son bête et méchant compte-rendu « papier » ? Cependant que je digérais le choc, ma volonté de ne rien en faire vacillait. J'attendais un signe : et pourquoi pas, pour une fois ? Après tout, seuls Obituary et Samael ont eu droit à un article live dans ces colonnes. Pourquoi pas Mayhem, qui représente tant de choses pour votre serviteur ? Ce signe arriva par deux fois. Premièrement, j'ai rencontré le Père Noël en ville - c'était une femme. Tout se perd. « Avec de gros seins, en plus », fis-je remarquer d'un air porcin à ma copine. Je me suis dit, « c'est bon, la mère Noëlle et / ou sa poitrine lollobrigidienne - c'était ça ton signe. Fais-le ce report ». Un second signe, absolument évident, me fut envoyé un peu plus tard dans la journée : fouillant dans le bric-à-bacs d'un disquaire qui se prétend agitateur kulturel (passez-moi mon revolver), je tombe sur le dernier Mütiilation (à la FNUCK, véridique !). Association d'idées, chaise roulante de Meyhna'ch sur Black Millenium, chaise roulante d'Attila sur quelques dates de cette tournée Deconsecrate Europe... Je n'avais plus le choix. Seulement un devoir : celui de servir le lecteur. Et tel Charles Dexter Ward, je prends maintenant mon stylo d'une main tremblante, pour livrer les mystérieux et sataniques secrets déflorés en cette funeste soirée. On passera vite sur l'insipide Pantheon I (ou plutôt, Pantheon aie aie aie, pour la brunette violoniste qui rejoindra Mayhem sur deux morceaux).
Je m'attendais à tout au niveau visuel, ayant eu vent des facéties de Monsieur Csihar. Je m'attendais à tout.... sauf à ça ! Attila s'est pointé déguisé en putain de sapin de Noël ! Avec des guirlandes électriques et tout le toutim ! C'était bien fait et l'on ne voyait rien de lui, que ce roi des forêts probablement scié par Blasphemer un peu plus tôt au bord de la route. Ça clignotait, c'était enguirlandé, je suis sûr qu'un petit renne devait être suspendu quelque part - la totale. Jusqu'à son sommet, occupé par une boule plus grosse que les autres (on croit rêver). Effet garanti de l'apparition : les trois compères assénaient déjà le premier titre depuis un moment lorsque l'on vît le conifère se mouvoir lentement vers le centre de la scène et entamer une sinistre mélopée, rehaussée d'un écho avec encore plus de réverb' qu'un chorus de Def Leppard en 1987. Surréaliste, et après menue réflexion (n'allons pas nous faire mal), j'oserais même dire « dadaïste ». Alors qu'en dire ? Eh bien... passé la surprise, c'était « glauque » de voir ce végétal, traditionnellement associé à un moment festif, éructer les morceaux du dernier album et expectorer sans hargne, mais avec une colère froide et terrifiante, les infernales litanies mayhemiques (truth ?). Ordo Ad Chao fut transfiguré par son interprétation, si bien que j'ai redécouvert cet album étrange - et au sujet duquel je n'ai point changé mon avis d'un iota. Le son du groupe était très correct, avec une prédominance de la rythmique au détriment des mélodies peu gênante vu la physionomie de la dernière œuvre. De toutes façons le père fouettard de Budapest était l'attraction principale - sa présence capte, magnétise, accroche. Je n'avais jamais vu Attila auparavant (ni Mayhem), mais une chose est sûre, c'est qu'au niveau vocal il est unique et, c'est vrai, assez effrayant. C'est aussi simple que cela... Et pourtant, le public n'aura rien « vu » de lui : seulement ce déguisement forestier. La voix, caractérisée par ce timbre effroyable et séculaire, est conforme à sa légende - sans équivalent ou en tout cas pas dans le black metal. Bien sûr, la réverb' parachevait son impact et l'effet, mais quel malaise tout de même...
Le coup du sapin de Noël aura ses détracteurs, c'est certain, car la frontière entre le « bon » effet et le ridicule est ténue - on touche là du doigt l'un des problèmes majeurs du metal, tous styles confondus, celui qui pousse à répondre par un laconique « du rock » quand on se voit demander ce que l'on écoute. Reste que j'ai adoré (quelle gageure que de maintenir une telle présence dans cet accoutrement), et cela pour plusieurs raisons que je ne détaillerai pas - il serait question de contre-pied, d'attitude, de recul, du privilège de l'âge, et d'un sens de l'autodérision rafraîchissant dans une scène ou rangers, ceinturons cloutés et bras croisés résument trop souvent, justement, « l'attitude ». Et dire que certains autoproclamés experts à la petite semaine voudraient donner, à l'heure du goûter, des leçons de black metal à Mayhem, Satyricon ou Darkthrone... Le black metal n'a jamais été défini par sa musique, mais par son esprit d'opposition. Une opposition à ce qui se trouve en face, fût-ce des ados se donnant un air trop sérieux avec... rangers, ceinturons cloutés et bras croisés. En l'occurrence, le black metal, ramené depuis quelques années par ses parangons les plus célèbres à ses racines punk et rock n' roll (vous reprendrez bien un peu de Motörhead et de Bathory ?), a retrouvé son essence et peut-être sa vocation première : l'entertainment nihiliste. Être black metal en 2007 - et Mayhem est le black metal -, c'est peut-être, effectivement, se ramener sur scène accoutré en gros lapin rose (rabbit death's curse ?) ou en proxo « bling-bling » entouré de pétasses. Une substantifique moelle que certains ont su isoler et extraire plus tôt que les autres - on pense très fort à Impaled Nazarene, à l'oublié Demoniac ou à Deströyer 666 ! Et on remarque au passage que le patronyme complet de la horde, The True Mayhem, fait aussi et malicieusement office de doigt d'honneur adressé aux esprits étroits.
J'en reviens à cette soirée du 22 décembre après cette digression : beaucoup ont du rater Mayhem sur cette date... Censés tenir le haut de l'affiche après quatre premières parties (Pantheon I, Aabsinthe, Kronos et The Old Dead Tree), les norvégiens ont finalement joué en deuxième position pour regagner leurs pénates durant la nuit. En pâtira la set-list, abrégée pour ne durer qu'une heure durant laquelle furent moulinés Ordo Ad Chao et quelques classiques (dont Freezing Moon bien sûr, annoncée superbement et agrémentée d'un solo simpliste et bien vu). Les morceaux de l'ère Maniac y gagnent au change : une répugnante version de To Daimonion fut délivrée par le sapin chantant. Un concert trop court mais intense, ponctué de morceaux de bravoure (ce monstrueux et impromptu break qui laisse Attila psalmodier d'une voix blanche « odium humani generis »), et pas forcément brutal mais tellement... black metal. Moins sauvage que lorsque mené par Maniac, Mayhem est (re)devenu plus vicieux, plus finaud et à nouveau dérangeant. Pas mal pour un groupe passé à la postérité pour toutes les mauvaises raisons du monde, et englué dans une caricaturale légende depuis trop d'années ! Une chose est sûre : la frange dérangée ( infinitésimale) du public de Mayhem semble ne goûter que très peu aux fantaisies esthétiques du moment, et Attila prend bien plus de risques, devant les puristes-true-du-kvlt, à jouer en gros lapin qu'en dictateur chaplinesque (déguisement auquel je suis content d'avoir échappé, pas pour de stupides raisons, mais simplement parce que ce qui a déjà été fait par d'autres n'est plus à faire). Je renvoie le lecteur intéressé à une passionnante interview donnée pour le Terrorizer d'avril 2007, dans laquelle Necrobutcher expliquait que la mort de Dimebag Darrell avait vraiment eue une résonance dans le camp Mayhem (« on joue devant un public et dans une scène qui rend cela possible, c'est un fait, je cherche des yeux le canon d'un éventuel flingue sur certaines dates américaines »).
...Mais ce sapin, putain, ce sapin qui vouait Noël aux gémonies pendant tous les morceaux avec cette voix de ténor décomposé... « I would like to dedicate that show to all the trees that we human scum cut down for fuckin' christmas... fuck him... fuck christmas... fuck him... ». Je rappelle que c'était le traditionnel festival de Noël de Execution Management - au fait on ne le dira jamais assez mais... bravo les gars. Et je signale aussi que Mayhem ne s'en prend pas forcément au christianisme sur scène (vous parlez d'une ambulance... ça n'est plus subversif depuis longtemps, mais est-ce même encore drôle ?), mais à chacune des grandes religions révélées. Et y'a pas à dire, dans l'état actuel des choses, c'est plus dangereux de brûler certains symboles que d'autres - je n'avancerai pas plus sur ce terrain miné. Reste le plus important pour conclure : la musique de Mayhem exhale réellement quelque chose, et quand Attila souffle, dans un murmure d'infrabasses, « dedicated to the trees », on fait comme les interlocuteurs de Lino Ventura dans ses films : on ferme sa gueule, on écoute. Et on se dit qu'en effet, les arbres de la forêt voisine doivent l'entendre.
Well I am not what you can call a gig-addict. But attending a Mayhem’s performance is always an event, isn’ it ? So here I was and man, total mindfucking madness it was. The boys were headlining some Christmas Fest (wtf ?!?), or supposed to (the running order was modified on the last minute). Musically Mayhem ripped the place apart but hey, for fuck’s sake, fuckin’ Attila was dressed as a Christmas tree for the whole gig !!! Well, it would be more accurate to say he was entangled, more than disguised, in a fuckin’ firtree ! Of course the thingy was complete, adorned with fairy lights and coloured bulbs and, therefore, powered by electricity. Fuck me ! I swear on your sister’s chastity this is absolutely fuckin’ true ! I was more expecting a pink rabbit or a greasy pimp, like on the rest of the tour, but hey, Christmas it was, wasn’t it ? The assistance was divided, pros and cons – what I do know is that what Attila did that night was truly black metal in the most twisted kind of way – isn’t this music about shocking people off and breaking every rule ? That bein’ said, I wish all of you sickfucks a merry Christmas and a happy Mayhem.
Le site et le Myspace de Mayhem.
...et toujours :Un nouveau suicide chez Mayhem
Oh p***** ! Collector, que je me suis dit en tombant sur cette vieille pub pour mes petits chouchous du sleaze. Là, j'avoue que c'est le top du bottom - moi-même, d'une outrageante mauvaise foi plus qu'à mon tour, j'aurais du mal à les défendre sur ce cliché « cheapissime ». Comment dire ? J'adore. Ça pue le spray et la sueur, et on sent dans les regards de la meute l'envie d'en découdre sévère - ce que L.A. Guns a toujours fait. Notez le tatouage de Tracii sur le bras, jumeau de celui de Duff. L'album « défendu » par la pub est le premier, daté de 1988 et franchement sympa (bien que mes préférences aillent à Vicious Circle et à Cocked and Loaded).
C'était au siècle dernier, et les prétentions de la horde n'avaient pas encore été totalement matées par le plus grand succès de beaucoup de ses confrères. Les parutions, coup sur coup, de Dr Feelgood, des Use Your Illusions et dans un autre genre, de Metallica, auront raison, au fil des ans, des aspirations de ces autres gunners - le carton commercial n'a jamais été pour eux, tout au plus un très joli succès d'estime principalement dû à une ballade comme je les hais (The Ballad of Jayne). C'est ainsi : il n'y aura jamais eu de place pour un autre Appetite For Destruction. et si L.A. Guns est un groupe phare de Los Angeles, il n'en franchira, au cours de sa trajectoire « bille de flipper », jamais les frontières.
Les vampires d'Hollywood continuent une bien étrange carrière, puisqu'à l'instar d'un Gorgoroth, ils nomment désormais tous leurs albums en latin. Non, je déconne... mais comme Gorgo, deux formations écument actuellement les clubs (encore) enfumés sous le nom L.A. Guns. Difficile de choisir son camp : l'une est emmenée par le guitariste « canal historique » Tracii Guns (celui qui est resté au lit avec une brune le jour où Axl avait besoin de lui, et qui fut remplacé au pied levé par un certain Saul Hudson), et l'autre par la voix de L.A. Guns, Phil Lewis. Pour la peine, je mets les sites des deux combos. Allez, passez-moi les ray-ban Aviator, un bandana à têtes de mort et un bourbon. Et un peu de farine, que je me fasse une fausse ligne sur mon ampli 10 watts. L'imagination, tout ça...
nota bene : depuis ma dernière notule consacrée à ce groupe, je suis en mesure d'affirmer la véracité de cette rumeur : Kelly Nickels est bien le neveu de Pierre Perret. Concernant le zizi, tout ce qu'on peut dire est que si l'un l'a beaucoup chanté, l'autre l'a beaucoup... montré ! Pour finir, Nickels n'est pas qu'un bon bassiste, c'est aussi un chanteur terrible, à écouter sur le morceau Nothing Better to Do (Vicious Circle).
Well, this is what I call a truly campy ad. However and as you could have guessed if you were reading these pages more often (you s.o.b.), I just love that kind of cocky, campy, cracked-up pics. Forget the make up and perms, these guys were ready to take over our bright lights & big cities (and to fuck our bright wives & big mothers). Fuck, this just looks like old Konami ads for Jackal or fuckin’ Contra back in the day, when games were as badass as fuckin” L.A. Guns. By the way, and as usual when I’m talkin’ ‘bout these guys, you ought to get a hold of Vicious Circle – this record is just as essential as Appetite For Destruction, the only difference being you don’t know it. I can’t believe these fuckers can’t stand each other now : fuck it, maybe we got two L.A. Guns now, but both of them suck big fuckin’ time compared to that bunch o’ magnificent bastards of 1989.
Le site et le Myspace du L.A. Guns « canal historique ».
Le site et le Myspace de la nouvelle mouture emmenée par Tracii Guns.
...et toujours :
Pure Surprise !!!
Saviez-vous que Kelly Shaefer (Neurotica, mais surtout Atheist) avait auditionné pour le poste de chanteur au sein de Velvet Revolver ? Loin d'être anecdotique, sa candidature s'est avérée être des plus solides : le mythique vocaliste de Unquestionable Presence s'est en effet retrouvé propulsé dans le quartet des finalistes au côté de Sebastian Bach. Plutôt incongru et sympathique non ? On connaît la suite, pour moi peu intéressante : c'est le fade Scott Weiland qui hérita finalement du poste. Et même si l'option Bach était certainement un écueil à éviter, il semble que ce soit décidément les chanteurs des formations satellites aux GN'R qui me posent problème : le Snakepit était déjà une tuerie (et particulièrement le second album) mais... sans frontman digne de ce nom.
Shaefer aura enregistré au moins quelques titres avec la (contre)bande - à mon avis scellés pour toujours dans les tréfonds de la jeune histoire de Velvet Revolver. Quelques investigations nous apprendront qu'un mythe peut aussi avoir les siens : le bonhomme, doté d'une aura certaine dans le monde du death metal, n'en menait pas forcément large à l'idée de mener un groupe comprenant trois ex-Guns N' Roses - tu m'étonnes. Mais il aura cependant apprécié l'expérience et retenu que les pères Slash et McKagan sont aussi friendly que down to earth. Et que recevoir un coup de fil de Slash pour s'entendre dire, toute légende du death que l'on soit, « tu t'envoles pour venir jouer à LA avec nous », ça fait tout drôle. On le croit sur parole !
On notera deux choses, pour finir. La première, histoire de souligner que les connexions inattendues comme celles-ci peuvent fonctionner dans les deux sens : l'ami Sebastian Bach a joué - et joue peut-être encore - fréquemment avec Steve DiGiorgio (Sadus, Death). La seconde, c'est que Kelly Shaefer a évolué physiquement de façon flagrante jusqu'à devenir un mix entre... Axl Rose et Matt Sorum !
Wow… Just learned Kelly Shaefer, of the mighty Atheist fame, auditioned for the singer slot in Velvet Revolver. I just can’t believe it – the man was in line with fuckin’ Baz ! Thrillin' isn't it ? What a pity the band finally chose Scott Weiland. Yeah you heard it right. And I can’t stand STP either, you heard that one right too. It seems Shaefer had recorded at least some bits of music with the contraband, but I doubt this will ever see the light of day. But whatever… according to Shaefer, hearing Slash over the phone inviting you for a rehearsal is a mind-blowing experience - one that I’ll never get to live !
Le site et le Myspace de Velvet Revolver.
Le site et le Myspace d'Atheist.
...et toujours :
Un triste anniversaire
Difficile de vivre de son art lorsque l'on est musicien, et plus encore quand on officie dans un groupe de metal pas forcément très inspiré. Et mexicain, qui plus est : donnez un coup de pied dans une haie en Amérique latine, et au minimum trois combos thrash en sortiront (ou black metal, si ladite opération a lieu de nuit). Blasés par cet état de fait, Rodrigo Sánchez et Gabriela Quintero ont préféré quitter Tierra Acida voici quelques années et mettre les bouts vers l'Eldorado qui, ironiquement, n'a jamais été du même côté selon que l'on soit européen ou sud-américain.
Désormais basés à Dublin et connaissant un franc succès après une période de vaches maigres à écumer les clubs interlopes, le duo commence à faire parler de lui un peu partout... et on comprend pourquoi. La technique est assez ahurissante, purement rythmique ; il faut voir la douce percuter sa guitare sans coup férir tandis que Rodrigo essore les soli d'Orion. Une chance pour nous, l'écueil « musique pour musicien » est évité et l'on ne s'ennuie pas à l'écoute de ce cocktail accoustico-percussif empruntant ses techniques de jeu au metal et au flamenco (bien qu'ils s'en défendent concernant ce dernier) - je ne parlerais en revanche pas de jazz à l'inverse de certaines chroniques, car il n'y a aucune impro chez Rodrigo Y Gabriela (« nous ce qu'on aime dans Orion, c'est le jeu d'Hetfield et de Burton, on ne va pas réécrire des putain de soli qu'on écoute depuis qu'on est gamins » - au moins c'est clair, ndSheol).
Outre l'exécution, quelques reprises joliment réinventées de standards hard rock ou metal justifient donc la présence des deux guitaristes dans ces colonnes, mais même leurs compos originales trahissent leurs origines hyper-oxydées : Diablo Rojo pour ne citer que lui pourrait être au départ un morceau heavy metal que cela ne surprendrait personne. Bref, un excellent duo de musiciens, aujourd'hui loin du metal mais conservant un style trempé dans l'acier des sidérurgies de leur passé. Et bêtes de scène, qui plus est ! Pour les petits curieux, l'histoire ne nous dit pas s'ils sont liés par Cupidon autant que par Abbadon.
Tierra Acida, c'était ça.
Orion par le duo, c'est ici. Pour une leçon de « strumming », tendez l'oreille à 00'56 !
Leur publicité pour les pansements Urgo, c'est là.
Isn’t it hard to make a living from metal music when you’re in a not-so-good Mexican combo ? When they had had enough of it all, Rodrigo and Gabriela left Tierra Acida as well as their country, tryin’ to make it in Europe even if that meant begging their bread on the streets. That’s all over now too, ‘cause Rod y Gab have reach superstardom, sharing stages with fuckin’ Rob Trujillo and fuckin’ Alex Skolnick. Fuck, isn’t it mindblowing ? These two guitarists whip up storms wherever they play, running through their own energetic, metal-inspired acoustic stuff, while also performing stunning renditions of Orion, Holy Wars or whatever the fuck you want. Man, you really ought to see Gabriela tearing Orion’s rythmics apart while Rodrigo is storming into its solo ! What is it I just hear you saying ? No, I don’t know about, well, hum, if they play another game together. I’m just interested into music ya know.
Le site et le Myspace de Rodrigo Y Gabriela.

L'observateur non-initié aurait tôt fait de cataloguer Black Sabbath comme un grand groupe de heavy metal, mais rien de plus. Il participerait ainsi de cette formidable injustice que connaît le groupe depuis ses débuts - et entretenue depuis toujours par l'ignorante presse musicale généraliste. Heavy metal, Black Sabbath devra revenir une première fois d'entre les morts pour le devenir réellement : difficile de placer sous cette bannière galvaudée et restrictive le fabuleux Sabbath époque Osbourne - cette affiliation ne deviendra véritablement légitime qu'avec l'arrivée de Dio. C'est ainsi : la seconde face quasiment blues du premier album, les fréquents accents soul d'Ozzy et bien d'autres éléments constitutifs du Sab' originel passent trop souvent à la trappe, ne laissant voir qu'une caricature certes tutélaire et monumentale - mais tellement incomplète ! Accepter et colporter l'image clichesque et erronée que se coltine Black Sabbath, ce groupe si forcément monolithique, ténébreux et satanique, c'est plus qu'un arrangement avec la Réalité (dont le Maître, pour le coup, semble absent) : c'est une erreur factuelle énorme.
Et ce serait notamment passer par pertes et profits l'autre facette du groupe, occupant parfois la quasi-moitié des sept premiers albums ! Sleeping Village, Planet Caravan, Electric Funeral, Embryo, Orchid, Solitude, Laguna Sunrise, A National Acrobat, Fluff, Spiral Architect... Autant de noms exhalant une poésie étrange, tant morbide que psychédélique : après tout Black Sabbath s'est construit en détournant le flower power de l'époque pour en faire son horror power. Des morceaux composant une part essentielle de son répertoire et qui cachent cet autre visage : une veine acoustique classisante, folk ou médiévale et au mieux sous-estimée, sinon totalement méconnue.
On sait pourtant combien aura compté un Planet Caravan (en particulier sur le marché américain : à écouter, la chouette version de Pantera). On subodore qu'Orchid a traumatisée des wagons entiers de doomsters atmosphériques - au point que certains des plus célèbres ont nommé ainsi un de leurs albums. Enfin, on croirait presque qu'un Cathedral concocte le nom de ses chansons à partir d'un générateur automatique intégrant les mots cosmic, voyage, funeral, caravan, wizard ou electric... Une anecdote sur Solitude, délicat sommet de Master of Reality : au-delà de sa beauté feutrée, son aura mystérieuse reste entière puisque Iommi semble décidé à ne jamais révéler sa vérité... Cette complainte ouatée, chantée tellement « juste » et donc si loin des charmantes approximations dont Ozzy pouvait avoir le secret, serait l'œuvre vocale non créditée d'un Bill Ward (et ce ne serait pas la seule). Quant à Who Are You, l'un des morceaux les plus étranges d'un Iommi tributaire des inclinaisons prog de l'époque, il risque de donner une syncope aux nostalgiques des Mystérieuses Cités d'Or : choc assuré !
L'esprit original de Black Sabbath, fragile symptôme de l'univers, s'en est allé après Technical Ecstasy (si ce n'est après Sabbath Bloody Sabbath) : ce n'est pas un avis, c'est un fait. Les anglais ne sauront jamais se dépêtrer d'une légende souvent ternie, et demeurent à mon avis le groupe le plus handicapé par son propre legs (talonné par Metallica). Et bien que grand amateur de la période Dio / Martin, voire même ne craignant pas le mouton noir Born Again injustement crucifié par ceux qui ne l'ont pas écouté, je dois reconnaître que l'erreur fatale fut de ne pas avoir changé de nom après Never Say Die - quel ironie dans ce titre... L'époque Ozzy reste un parcours unique et forcément inscrit dans les seventies, plus directement influente encore que ce que l'on croit (que tous ceux qui sont marqués par la première partie de For Whom The Bell Tolls écoutent la conclusion de Fairies Wear Boots), mais trop souvent amputée de son autre visage. Acoustique et intimiste, volontiers instrumental sans être prise de tête (un écueil que les racines éminemment prolo du Sab' lui éviteront toujours), il est pourtant aussi important qualitativement que quantitativement. Et quand on omet la moitié de Black Sabbath, ça donne black : trop facile de ne retenir que le noir de cette histoire !
You just can’t limit Black Sabbath to its heavier and doomier side – you just can’t do it, it would not be fair. See, there was always something else behind this classic act’s ineffable darkness. Sadly, something often overlooked by medias and listeners. To begin with, you just can’t classify the ‘Sab as a strictly heavy metal band up until Dio’s arrival – don’t you remember the bluesy B side and soulful vocal performances on the band’s stunning first album ? No, there’s really more than meet the eyes in there. Granted, with the ‘Sab, flower power became horror power – but don't overlook its acoustic, psychedelic, sometimes classical stuff that has been at the heart of the band since (after) forever. Man, just listen to thin juggernauts such as Orchid, Solitude, Sleeping Village or Laguna Sunrise – ya just can’t always think “Iron Man” or “Paranoid” when the “sabbath mater” is brought on the turntable. I would even go as far as saying that the, well, “lighter” side of the ‘Sab was as important and groundbreaking as its heavier face… Sure, the original Black Sabbath spirit was nothing but a frail symptom of the universe, and it did fade away following Technical Ecstasy. Yet this band deserves all the credit it still gets, and more, and it’s a shame its softer side isn’t known enough. That's all, folks.
Le site de Black Sabbath.
...et toujours : Nature Morte
Ce weekend avait lieu, au Zénith non loin de chez moi, le Salon des Plaisirs Créatifs. Le premier qui dit qu'il y a un mot en trop, il sort. Je le dis sans fard : autant je me cogne du salon auto, autant je suis allé à celui-ci (on est rebelle ou on ne l'est pas). La vie à deux étant faite de compromis, j'y ai donc suivi ma moitié avec quelques idées derrière la tête - et j'ai d'ailleurs dégoté ce super ustensile qui permet de donner des formes rigolotes aux pommes de terre (j'aime les deux : les formes rigolotes et les pommes de terre). Trêve d'anecdote : eh bien je n'ai pas regretté cette petite pérégrination ! En effet et à la surprise de votre serviteur, Carpathian Forest y tenait un stand de calligraphie sur modèle vivant, enrichi d'une possibilité d'atelier dont le succès s'avéra dépasser l'entendement.
Ce fut un chaos digne de Maupassant : les mamies autrement respectables se crêpaient la permanente pour s'inscrire, les jeunes filles aux grandes jambes flageolantes défaillaient d'aise dans un soupir virginal, tandis que les jolies mamans confiaient, dans l'aimable confusion de ce tohu-bohu, leur progéniture au premier inconnu velu. Tout ceci pour pouvoir combler les élans artistiques de tout un chacun et s'adonner aux joies de la Création, voire devenir Création soi-même sous la main experte de Nattefrost (voir photo). Promesse tenue d'un après-midi magique et inoubliable pour tous, petits et grands... C'était beau, et nous nous dîmes en repartant, encore enivrés de cette ferveur picturale, que l'art, c'est parfois du cochon.
Art is such a wonderful way. Artistic expression shall be the universal tongue. The one I, you, they, speak. And it is the one, mind you, that Carpathian Forest speaks too as well. Man, we shall all succumb to the “booty” of it all. Holy fuck. Art, sometimes, is truly not for the faint-hearted...