vendredi 4 septembre 2009

Sous la lune exactement

J'avais quitté Arckanum voici bien longtemps, le dernier album connu de mes sévices étant Kostogher. A la faveur de plusieurs chroniques dithyrambiques, je renoue avec le troll Shamaatae, non sans surprise : ÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞ est un disque terriblement efficace et étonnamment « compact », quand on connait Fran Marder - que je vénère, réécoutez Trulmælder - et Kostogher, deux œuvres quelque peu foutraques (et donc charmantes). Shamaatae me donne l'impression d'avoir « concentré » son art, pour un résultat plus dense et percutant que jamais. Sur l'autel de l'efficacité on a sacrifié cependant un peu de l'atmosphère Nature & Découvertes : plus de bruitages dans la forêt, ni de chouettes et autres hiboux en guest-star (mieux traités chez Arckanum que chez Satyricon), encore moins de violoniste perdue au pied d'un chêne solitaire, mais un bon sang de déluge de vrai black metal, cette bête furieuse et désespérée.

Un black metal, comme toujours, éminemment « nocturne » - les amateurs du musicien me comprendront. Les riffs sont gorgés de feeling, restent cradingues en évitant le côté nécro désormais un peu factice, et savent « thrashouiller » quand il le faut (Shamaatae a découvert le palm muting). Toujours un bon point pour moi, quand ça thrashouille... Autre point en faveur de ÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞ : sa production puissante et massive, lorgnant un peu sur le son tout en contrastes de chaud et de froid à la Necromorbus (on notera d'ailleurs une petite coloration Watain, voire Dissection sur certains passages), et qui finit d'asséner le propos like a fist in the face of... Le masque du troll est tombé : ce qui se cachait derrière est encore plus laid, encore meilleur. Sans hésitation l'album black metal du moment, un gribouillis musical monochrome, craché à la gueule de qui voudra bien l'avaler. J'ouvre grand.

I do love Arckanum’s first works since a long fucking time. In fact, when a teenager, I was especially crazy with Fran Marder, an obscure and obdurate black metal record blessed with a wooden, mysterious atmosphere – fuck, listening to it is like smelling some rotten mushrooms, or eating an old, soaked piece of bark fallen from a gnarly oak. Well, believe it or not, but current release ÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞ is such a motherfuckin’ killer of an album ! Although a bit less atmospheric, ÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞ is a sonic blitzkrieg more sharpened and lethal than ever before – to put it simply, more metal ! Man, Shamaatae even discovered what palm-muting is on that one. Blast it on a boombox on a hot summer afternoon and you’ll see what were Dark Angel meaning with the title of their second album.

ÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞ (Debemur Morti Productions, 2009)

01 Þórhati
02 Þann Svartís
03 Þyrpas Ulfar
04 Þursvitnir
05 Þyrstr
06 Þjóbaugvittr
07 Þjazagaldr
08 Þá Kómu Niflstormum
09 Þrúðkyn
10 Þríandi
11 Þyteitr

Le site et le Myspace d'Arckanum.

lundi 31 août 2009

Quelle est la différence entre Nergal et un polochon ?

Il n'y en a pas, les deux sont gavés de plumes. Car chez Behemoth, les anges, quand ils passent, se font bouffer tout crus (et toutes nues - l'ange polonais est particulièrement sexué). On se les bouffe par paquets de plumes, même. Et sans tousser ni cracher s'il vous plait, c'est malpoli. On n'est pas chez Gwar. Ov Fire And The Void, dernier clip de ces fous furieux, est peut-être l'épitome indépassable du metal : over the top ou bigger than life pour les anglicistes, pour moi simplement extraordinairement outrancier, crétin et, malgré tout, demeurant outrageux pour certains...

Alors certes, les frontières du ridicule sont allègrement franchies, mais que ceux qui n'aiment pas retournent écouter la nouvelle scène française, bien plus déprimante, elle, qu'un album de funeral doom lapon. Behemoth, tombé dans l'aimable caricature depuis au moins un album*, reprend fièrement le flambeau outrancier du heavy metal des eighties : celui où l'on baisait nonnes de pacotille et anges de carnaval, en crachant de temps à autre au caméraman une gerbe de sang parfum grenadine. A voir donc, cette ripaille révoltante, tirant plus sur la Grande Bouffe que sur le Festin Nu : c'est à cause de ce genre de choses que notre style préféré est régulièrement moqué ou conchié, c'est un Bark At The Moon du nouveau siècle, et c'est tout autant amusant... qu'embarrassant. Nous sommes de grands malades.

* Ce qui n'empêche pas l'admirable et nietzschéen Nergal de sortir de chouettes produits - j'ai dit « aimable »

Ov Fire and the Void, clip inénarrable s'il en est.


For fuck’s sake, what the fuck is that motherfuckin’ new Behemoth vidioo? I just can’t believe my eyes, I must inform the law. While some will say this is “over the top”, I’ll go for “tremendously embarrassing”. And, may I add, there’s quite a big difference between this and old 80’s heavy metal videos : the tongue-in-cheek factor, dramatically absent in the former. Ok, this is still somewhat funny, but seriously, metal shouldn’t make a rod to beat its own back, shouldn’t give its pourfendeurs more ammos to shoot us down. Really !

samedi 18 juillet 2009

Transport(é) en commun

Photo : votre serviteur

Depuis quelque temps, la vie sociale (et la fin de celle de ma voiture) m'oblige à emprunter régulièrement les transports en commun. Difficile de cultiver sa bulle misanthropique coincé entre un vieil arsouille au souffle méphitique et une mère de famille flanquée de sa bruyante progéniture - simple exemple situationniste. Par chance, mais aussi par hasard, il se trouvera de temps en temps une jolie brunette ne demandant - ou pas - qu'à être matée. Ce que je ferai : je ne suis pas contrariant. Mais difficile quoi qu'il en soit de se garder un espace personnel dans un endroit où, par définition, cela n'existe pas. Difficile - mais néanmoins possible, notamment grâce à Emperor. Tenez, rien que le cri trafiqué au début de Towards The Pantheon : il est tellement long qu'à lui seul il vous passe deux arrêts.

J'ai près d'une centaine d'albums sur mon lecteur, mais décidément, il m'est difficile de mettre autre chose qu'In The Nightside Eclipse dans le bus : une ellipse salvatrice. Le feulement  abyssal d'Ihsahn, l'hystérie des guitares et la mélopée des claviers remplissent toujours leur office, confirmant que si Anthems... reste l'un des meilleurs albums metal à être jamais sorti, In The Nightside Eclipse demeure indétrônable lorsqu'il est question de pur black metal. Ça fait du bien, parfois, de se reconfirmer certaines choses. Matin ou soir, bus plein ou bus vide, tout cela n'a finalement guère d'importance dès lors que j'ai les norvégiens « dans les oreilles ».

Even today, after more than fourteen motherfucking years, Towards The Pantheon still makes the hair on the back of my neck stand up. I just can’t get enough of it, especially when Ihsahn’s insane scream kicks in (yeah I know, there are in fact two screams mixed up into one. Don’t go ruining my enthusiasm though, you lowlife Emperor’s subject). I especially love listening to In The Nightside Eclipse in the bus, while peering at a young mother’s opulent, pristine breast. Yeah, maybe I’m just a short-haired black metal pig after all – and I do believe it sometimes saves me from everyday’s void.

...et toujours :

L'Empereur Contre-Attaque

vendredi 22 mai 2009

Ça va mieux en le lisant

Photo Antonio Melão. Primordial à Corroios, Portugal.

J'ai toujours adoré lire les interviews, les vraies, bonnes et longues (!). Je suis capable de passer une après-midi sur le net pour rechercher ce qu'avait à dire Luc Lemay sur Considered Dead en 1991, et j'en suis fier. Mes clients préférés sont, ont toujours été, Lemmy Kilmister, Mika Lutinnen et Pete Steele : les lire, c'est s'administrer une dose de prozac journalistique. Récemment et dans une autre veine, pas forcément humoristique celle-ci, ce sont les dires de Alan « Nemtheanga » Averill et Doc Coyle qui m'ont ravi.

Nemtheanga, fier gallois de la tribu Primordial, remet ainsi quelques pendules à l'heure et notamment au sujet de la façon dont le groupe se perçoit et doit être entendu : « I never wanted to be one of those fantastical history-lesson bands. I'm not interested in singing songs about mythical wars (...). I always wanted to say something about the modern world (...). I'd be ashamed that we lived in this day and culture and didn't try to say anything about it ». Après les inepties d'un Rhapsody, un tel discours n'est même plus salvateur, mais essentiel. Je ne suis pas un dingue de Primordial, je trouve que le dernier album est passé de peu à côté de son sujet, mais ce groupe a toujours eu quelque chose. Son folk metal, noirci au charbon des prolos gallois, n'a jamais perdu de vue qu'il devait rester avant tout sombre, inexorable et tragique (l'école britannique tendance Music For Nations, donc). Primordial possède un potentiel rare qui ne s'exprime pas à tous les coups - mais quand c'est réussi, c'est imparable.

Second métallurgiste me réconciliant avec l'espèce humaine parfois désespérante, Doc Coyle, pourtant des affreux God Forbid, lâche quelques mots au sujet du meilleur morceau sorti en 2008 ; Broken, Beat & Scarred. Le bougre m'ôte les mots de la bouche : « the catchiest, grooviest, headbangingest (sic) song Metallica have written since Sad But True ». Bien vu, bien dit, et tout à fait d'accord pour l'analogie plus qu'évidente avec Sad But True. Ne me reste plus qu'à préciser que Nemtheanga est à lire chez Vue Weekly ; quant à Doc Coyle, c'est dans l'actuel numéro de Terrorizer (#183) qu'on retrouvera sa sainte parole. Amen.

Let’s hear some words of wisdom, for a change… : "I never wanted to be one of those fantastical history-lesson bands. I'm not interested in singing songs about mythical wars (...). I always wanted to say something about the modern world (...). I'd be ashamed that we lived in this day and culture and didn't try to say anything about it" (Nemtheanga, working-class hero currently holding the mic in Primordial. I wonder what he thinks of fucking Rhapsody Of The Fucking Fire). Shall we go on ? Ok, Doc Coyle’s turn (of God Forbid fame) : "Broken, Beat & Scarred is the catchiest, grooviest, headbangingest song Metallica have written since Sad But True". You’re so fuckin’ right, Doc. That won’t make me love your horrible band, but you’re so-fucking-right. Oh my gawd.

mercredi 20 mai 2009

Un passé qui ne passe pas

Signe des temps pas fameux ? Avatar du phénomène gloubiboulga appliqué au metal, pourtant déjà assez régressif pour ne pas en rajouter une louche ? Ou triste constat symptomatique d'une vérité : la scène serait si chiante en ce moment, qu'entre deux productions formatées chez Andy Schnaps et trois pochettes photoshoppées montrant un putain de marmot sous un ciel apocalyptique (This Godless Endeavour aura fait quelques émules), rien ne serait meilleur que de se réfugier dans ce que l'on sait être toujours aussi bon - et je ne parle pas de votre copine ? Toujours est-il que la dernière mode est à l'exécution intégrale de Ton Album Culte sur scène. Après Slayer et Reign In Blood, Metallica et Master Of Puppets, Mötley Crüe et Dr. Feelgood, et quelques autres que j'oublie, c'est Aerosmith, Judas Priest et Forbidden qui « menacent » de jouer intégralement et respectivement Toys in the Attic, British Steel et le grand Twisted Into Form pendant leurs prochaines tournées. Quant à Testament, c'est par le biais d'un sondage que leurs légions d'héritiers (réfléchissez, ce n'est pas dur) sont appelés à entériner une setlist exhumée de The Legacy et The New Order.

Pas bien convaincu par ce genre d'initiatives, un peu du même tonneau que cette pénible mode qui voit de vieilles gloires ré-enregistrer leurs vieux tubes (chez Andy Schnaps)... En sus d'être un concept assez réducteur et limité, ça laisse perplexe sur l'état actuel - notamment économique - du metal et de ses amateurs bien sûr. Le message n'est pas des meilleurs non plus pour les artistes qui peuvent apparaître comme figés dans une époque et dépendant d'un public purement générationnel... alors que le metal est sensé être l'exact contraire du conservatisme. Personnellement j'échange largement un Angel of Death contre un Flesh Storm. Quoi qu'il en soit, Ton Album Culte joué en entier est certes un bon filon, mais finalement, si peu flatteur. Bien sûr, je me dédierai sans sourciller quand Guns tournera à cinq pour jouer tout Appetite For Destruction, mais ça me paraît peu probable, je soupçonne Steven d'être mort depuis quelques temps - simplement mû par quelque nécromancie le temps de ces occasionnelles téléréalités dans lesquelles il s'exhibe.

It’s a shame, but it seems the latest trend is seeing all our "vieilles gloires" of yore touring in its entirety their cult album. Talkin' 'bout the cash machine... Take Slayer, for example. Ok, I like Reign In Blood as much as you but I won’t mind them playing fuckin’ World Painted Blood from alpha to omega, ‘cause World Painted Blood is the decade’s utmost destructive thrasher coming from this side of the Atlantic (which is the left side for me, remember ? I eat bread every day). Alas, metal these days is plagued with conservatism – thinking of it, another common point with ol’ good Sheol.

mardi 5 mai 2009

Praeclarum Custodem Ovium Lupum


Photo par Mark Coatsworth

Dead Shape Figure, Turisas, Moonspell et Cradle of Filth. C'était l'autre soir, du côté de chez votre serviteur, et ça valait le coup. Je n'étais venu que pour les loups, ayant réintégré le troupeau voici quelques années... Ribeiro en bon maître de cérémonie a su se mettre un public très jeune, Cradle of Filth oblige, dans la poche dès Finisterra : Moonspell put dès lors se livrer à une interprétation passionnée de ses classiques récents. Quelques inévitables furent cependant de rigueur, et on aura apprécié la théâtralité de Ribeiro sur Vampiria et sa mythique résolution - ce hurlement féminin strident, auquel le chanteur prête une gestuelle dramatique.

On peut jouer au jeu des matriochkas : je n'étais venu que pour Moonspell. Mais si j'osais, je dirais que je n'étais là, en vérité, que pour entendre Alma Mater, hymne incontournable du dark metal et assurément mon morceau favori du groupe. Cette objectivation de l'âme lusitanienne de Moonspell fut délivrée dans une version dantesque, faisant honneur à toutes ses subtilités... Notamment cette dégradation vocale, à partir de At the moon mountain..., faisant dégringoler la chanson vers un black metal tellurique et païen comme jamais plus Moonspell n'en a fait. Fernando Ribeiro et Pedro Paixão ? Oh non, à cet instant, c'était bien Langsuyar et Neophytus que je voyais... Alma Mater (mal à ma Terre ?) résonna comme une incantation oubliée et interdite, avant de mourir comme la lune aux premières laudes*. Moonspell se laissa aller au tragique d'un Full Moon Madness - véritable Spleen du Loup-Garou - avant de quitter enfin une salle hérissée d'une marée de mano cornuta.

« Ahhh... the children of the night... What a sweet music they make... ». C'est sur cet emprunt à Bram Stoker, éructé d'une voix en provenance directe du trente-sixième dessous des géhennes, que Dani Filth et ses musiciens investissent la scène : une autre histoire qui, bien que beaucoup plus plaisante que ce que j'en attendais, m'a moins intéressée que la précédente. Je ne la raconterai donc pas : lorsque la lune est pleine, on ne voit qu'elle dans le ciel nocturne.

* Laurent Michelland, sort de ce corps !

Portugal once ruled the world, by making itself master of the seven seas... Well, some of its natives still rule my world. Tonight I attended a Moonspell gig, catching 'em on their Night Eternal tour. Well, to say it was worth it is an understatement - from Ribeiro's commanding presence to the exigent setlist, everything as a whole was a must-see, must-hear. Stuck between some skin-bearing, fiddler-wielding folkish fuckers and a bunch of tired vampires, the southern wolves totally stole the show, concluding on a mass-murdering rendition of their best tunes ever : Alma Mater and Full Moon Madness. Aooowww !

vendredi 24 avril 2009

Phénix Noirs...

Deux gros retours, sans doute un peu opportunistes sans que cela soit une réelle critique, en ce moment... Les femmes et les enfants après : commençons donc par Beherit (ne cherchez pas de signification cachée à cette phrase - elle n'en a pas). Après une quinzaine d'années éloignés des crucifix et quelques tripatouillages electro (que votre serviteur n'a jamais entendus. Peut-être dans une autre vie.), les boucs sont revenus sous la forme qu'on leur connaît le mieux : un ritual black metal bestial et hypnotique, quelque part entre Sarcofago, Mayhem et Bathory. Alors pourquoi écouter Beherit si l'on possède déjà les œuvres de Sarcofago, Mayhem et Bathory ? Pour la même raison qu'en 1993 - parce qu'on aime mélanger le caca avec le pipi. En l'occurrence la soupe est correcte malgré un service que l'on devine minimal : ne laissez pas forcément de pourboire, mais si vous avez aimé une première fois, laissez-vous faire. Votre serviteur aura au moins appris que derrière Ancient Corpse Desekrator (!) se cache Sami Tenetz, cerveau des très bons et très oubliés Thy Serpent. L'album s'appelle Engram : si on vous demande pourquoi, vous direz que vous n'en savez rien.

Second come back, bien plus médiatisé sinon savamment orchestré que le retour en graisse de Beherit ; celui de Pestilence. Oui, avec Patrick Mameli, et Tony Choy, et plein de bouts compliqués dedans. Pas le Pestilence brésilien emmené par Andreas Kisser qui, s'il était reformé, aurait certainement plus de succès que l'actuel Sepultura. Autant être franc : parfois y'a des trucs qu'on sent pas, mais alors pas du tout. Et ce Resurrection Macabre, avec ce titre téléphoné, en fait partie. En clair nous n'avons pas écouté, ni acheté l'album... mais étant très fan de, notamment, Testimony of the Ancients, il était difficile pour votre serviteur de passer cette sortie sous silence. Les chroniques lues ici et là sont très mitigées et semblent converger vers cette question : pourquoi exhumer des cadavres que l'on sait n'être plus très frais ? A la décharge des musiciens, peut-être parce que le public n'est prêt à les suivre dans aucune autre aventure, malgré les intéressants C-187 et autres Gordian Knot. De la difficulté de traîner un passé glorieux... Pas d'avis donc (et vous ?), juste un léger a priori sur cet album peut-être meilleur, après tout, que le fumet qui le précède.

Engram is Beherit’s latest counterfeit child. Expect dirty ritual black metal, complete with bullet belts and hypnotised goats barking at the fuckin’ moon – in a word, candy for the ears. Another second coming to be aware of, is Pestilence’s. Aptly titled Resurrection Macabre, I won’t tell you anything about it ‘cause I didn’t listen to it yet. I dunno, I am such a fan of Testimony Of The Ancients, but I’m kind of tired of all these reformations. For once I order you nothing – you’re allowed to think and decide by yourself today. So have fun, will travel.

Le site et le Myspace de Pestilence (Beherit n'a pas d'amis donc pas de Myspace. Le dernier site connu, en revanche, est trouvable ici).

lundi 20 avril 2009

The Myth of the Loly Sword

Je le dis souvent, je porte intérêt aux paroles d'un groupe - pas seulement à sa musique. Mal m'en a pris dernièrement : j'ai lu, tout en écoutant la chanson, le texte de The Myth of the Holy Sword de Rhapsody (of the Burning Fire Spat By the Awakened Dark Dragon of the Holy Thundercave Excavated By the Priapistic Dwarves of the Mighty Kristafor Lih). Déjà je dois expliquer comment j'en suis arrivé là : on m'a forcé. Enfin, pas tout à fait... mais presque. Au hasard d'une interview ahurissante de connerie donnée par MM. Turilli et Staropoli, j'ai été tenté d'écouter le dernier méfait du groupe (Triumph or Agony, j'ai choisi la dernière) pour vérifier si le machin était aussi naïf et pompier que l'entretien. Après une rapide incantation l'album s'est matérialisé dans mes boules de cristal (j'en ai deux, je ne suis pas un putain de halfling) et j'ai courageusement appuyé sur play. Non sans avoir au préalable remis mon sort entre les mains de Crom. Je dois dire, avant de continuer, que je déteste Rhapsody avec constance et application : la musique, les pochettes, les clips, la coupe de cheveux de Luca Turilli. Je déteste ce groupe qui a eu la prétention de vouloir faire un album basé sur Le Seigneur des Anneaux tout en osant déclarer ne jamais avoir lu le livre, inutile désormais puisque le film existe (ben voyons). Je déteste ce groupe si ignare en matière de metal qu'il avait qualifié piteusement son style de hollywood metal, méconnaissant la scène qui gravitait autour du Roxy, du Toubadour et du Rainbow Bar & Grill bien avant que le petit Alex Staropoli ne découvre émerveillé La Caverne de la Rose d'Or sur la Rai Uno. C'est dit : retournons à nos moutons (également appelés licornes, chez Rhapsody).

Au-delà du fait que j'ai été limite gêné pour eux (est-ce possible de faire des trucs si cheap et grotesques qu'ils font passer Joey Mayonnaise pour un parangon d'austérité ?), la profusion de noms échappés d'un sous-sous-sous-Seigneur des Anneaux, d'abord devinés, puis réellement entendus, m'a poussé à me pencher sur les paroles dudit Myth of the Holy Sword. Et là... c'est le drame ! Galfor... Naimur... Atlon (on attend Pentium)... Loinir... Loregard (je crois que celui-ci, pauvre croisement entre Lorien et Isengard, est le pire)... Akron (Infraktus ?)... Algalord... Tout ça dans la même chanson ! Ne manquait qu'Alkasetzer. Impossible de ne pas choper un fou rire en entendant Fabio Lione prononcer ces patronymes improbables qui n'auraient pas été osés par Dino de Laurentiis ou Ruggero Deodato dans les cocasses productions post-Conan des années 80. Musicalement ce n'est pas ma came, mais putain... ces paroles sont dignes du pire worst-of de l'heroic fantasy (c'est dire) ! Sir Christopher Lee doit être frappé de sénilité (ou de fiscalité) pour s'être autorisé à participer à de telles pantalonnades. Écoutez The Mystic Prophecy of the Demonknight, riez, et mourrez de honte pour ces italiens qui arrivent à foutre plus d'adjectifs dans leurs titres que moi-même dans une phrase - et c'est pas peu dire. Par Crom, je meurs.

I just can't stand fuckin' Rhapsody (of whatever the fuck you want). Is that clear enough ? And, see how english is a word-economical language compared to french ?

Le site et le Myspace de Rhapsody of Fire.

samedi 11 avril 2009

Anathema's bogus journey in the land of the free

Je n'ai pas su sous quelle catégorie ranger ceci... humour ou humeur ? Allons-y pour la première. On a déjà assez de trous à l'estomac comme ça. Donc, Anathema s'est vu interdit de séjour - et a fortiori, de concert - en Tunisie. Motif : ces gens seraient satanistes et boiraient le sang de chats noirs (sic). Mieux vaut en rire qu'en pleurer.

Ce n'est pourtant pas difficile d'ouvrir un livret d'Anathema et de parcourir les paroles de ce groupe de buveurs de thé (et de bière, ok) ô combien violent et subversif pour la jeunesse du pays concerné - et je n'irais pas plus avant, je vois une belle peau de banane, là, juste sous mon pied.

...and so Anathema wasn't allowed to play Tunisia, their material being of satanic and youth-corrupting essence. Now have you ever heard of the Godwin Point ? And, do you really want me to comment on this ?

Le site et le Myspace d'Anathema.

vendredi 3 avril 2009

La case (en moins) de l'oncle Tom

Zazie dans le métro. Une photo très nouvelle vague signée Anders Odden et prise à Osaka.

La case de l'oncle Tom, j'y fais régulièrement un tour. Ce journal intime est toujours intéressant, souvent touchant (perclus de paradoxes et de regrets, meister Tom semble inapte au bonheur), et parfois inquiétant (on zappe de façon cyclothymique d'une entrée pleine d'espoir et d'entrain à une sortie mélancolique et tournée vers le passé, le gâchis et le ressentiment. Pas besoin d'aller en fac de psy pour identifier la manifestation évidente d'une profonde bipolarité). Une constante, et l'objet de cette notule, dans cet élégant weblog en noir et blanc (au propre comme au figuré, donc) tenu par Tom G. Fischer : cette haine inextinguible vouée à Franco Sesa, dernier et excellent batteur de Celtic Frost, au travers de billets ampoulés et vitriolés. Certes, les amateurs/admirateurs du Frost ont bien entendu qu'une irrattrapable mésentente entre les deux musiciens avait fait voler en éclat le groupe pourtant refondé avec brio (voir et écouter Monotheist, toujours aussi génial en 2009 qu'en 2006).

Mais tout de même. La rancune envers Sesa, qui, désolé de le remarquer, n'a jamais prononcé un mot ni sur le sujet ni contre Fischer dans les médias, laisse perplexe : c'est une réelle obsession. La perfidie remâchée avec laquelle Tom G. Fischer s'acharne sur Sesa (au détour de remarques méprisantes travesties en informations distillées dans le billet - notamment au sujet du « statut » de barman de Sesa dans l'établissement de Martin Eric Ain) est presque gênante pour qui lit ses fréquents épanchements. On a beau savoir que l'incroyable gâchis qui a conclu la période Monotheist a laissé des traces indélébiles, on a beau prendre la mesure de la déception de Fischer, voyant une fois encore sa plus grande réussite artistique consumée avant d'être consommée... tout de même. Pourquoi ne pas avoir viré Sesa, quelque faute eût-il commise, pour faire vivre le Frost ? Son verbiage alambiqué nous emmerde quelque peu et, surtout, ne nous intéresse pas : Fischer, tout grand artiste soit-il - et que j'admire en tant que tel - apparaît sous son plus mauvais jour dans ces billets répétitifs et acrimonieux.

Il ne tenait qu'à lui de poursuivre l'épopée de Celtic Frost. Mais au regard de la légende du groupe et en cohérence avec celle-ci, une question dérangeante s'impose d'elle-même : le souhaitait-il vraiment ?

I really appreciate wandering on Tom G. Fischer’s blog – these introspective, depressive and sometimes ego-bloated lines nonetheless give an interesting hindsight to the man’s musical works. It is a shame, though, how theses entries have become a regular vehicle for Fischer’s hatred toward Franco Sesa. We all get the story and, more importantly, we Frostheads just don’t give a flying shit about what really happened here. Diva-like dramas have always been a huge, lack-lustering part of the Frost’s otherwise wonderful legacy/career but hey, enough is enough, don’t ya think ? How embarrassing, really.