jeudi 9 février 2006

Officially endorsed by Duracell

La donne heavy speed mélodique plus chanteur au lyrisme exacerbé plus tendance à l'onanisme narcissico-virtuose a toujours constitué pour moi une addition salée que je ne me résous que rarement à payer... surtout dans le cas des combos teutons, volontiers insupportables (appréciation qui ne s'applique pas, bien sûr, à la scène thrash du pays). Bref, à première vue, Inhuman Rampage semble aussi digeste qu'un kouglof au béton. Soulagement : Dragonforce est loin de n'être qu'allemand (désolé...) mais s'avère résolument cosmopolite. Etre basé à Londres n'empêche pas ses membres de venir des quatre coins du monde, un peu comme les Saints de Kurumada. Pour le reste, nous sommes bien en présence d'un pur-sang dévoué corps et âme à la cause heavy speed, tendance mélodique option la-vie-est-belle. Ce qui différencie Dragonforce de ses coreligionnaires ? Cette poignée d'amphets qu'il se goinfre tous les matins, arrosé d'une généreuse rasade de caféine pure (régime Tetsuo) ! 

L'énergie déployée est effectivement monstrueuse, et le terme speed relève parfois de l'euphémisme le plus doux. Personnellement je diagnostique un syndrôme « lapin Duracell », celui qui continue à frapper ses cymbales comme un sourd alors que les copains ont épuisé leur réserve d'alcaline depuis trois plombes ! Inhuman Rampage est complètement échevelé, si j'ose dire, vu les arguments capillaires de nos amis. Rifferie azimutée, clavier frénétique, cogneur fou semblant se tromper de style tant il aime les blast beats et les patterns brutal death à base de tou-pah tou-pah (on rappelle que Dragonforce a émergé, tel Ikki, des cendres de Demoniac)... Rhapsody passe pour une bande de grabataires en goguette, et même les survoltés Children of Bodom, qui doivent tant au speed des eighties, sont complètement aux fraises. La première moitié de l'album est très inspirée, le middle-track est excellent (Body Breakdown) et la lassitude ne s'installe pas trop vite. A noter de surcroît, une grosse influence oldschool videogames revendiquée haut et fort par nos amis. Difficile à expliquer, le mieux serait encore d'écouter. Le groupe a-t-il sorti un chef-d'œuvre pour autant ? Que nenni.

Ce qui fâche, comme souvent dans ce créneau, c'est qu'aucun des écueils habituels n'est évité : tantôt démonstratif au point de friser la prétention, tantôt ridiculement pompeux, Dragonforce (ce nom de shoot 'em up PC Engine...) peut aussi irriter par son chant, les compositions abusant sans vergogne de chœurs heavy metal lénifiants et tristement proches de beuglantes de supporters. Autre point agaçant, subjectif car relevant d'une conception personnelle du genre, Dragonforce fait partie de ces groupes, pardon de le dire, qui sont trop optimistes. Oui ! Si pleins de bons et grands sentiments qu'ils pataugent parfois dans la niaiserie - rien à faire, je préférerai toujours le metal obscur au life metal candide et naïf (à l'exception d'Helloween dont je ne me lasse pas tout à fait du trademark happy metal). Cela dit, cette volée de bois vert ne doit pas faire oublier la force du groupe : Dragonforce est une mécanique de précision, de la belle ouvrage taillée pour la performance et diablement efficace à l'occasion. Plus rare, réelle est sa personnalité, amenée par cette fougue et ces œillades aux sonorités vidéoludiques.

Typiquement le genre d'album qui ne tournera pas souvent, mais que je pourrais écouter de loin en loin. Dernière chose : ne pas oublier d'interrompre la lecture du CD avant l'atroce fin d'album, lestée d'un titre affreusement dégoulinant. Qu'on se le dise, le metal est soluble dans le sucre, et tant de bons sentiments, ça me dégoûte.

nota bene : l'illustration n'est pas la pochette de l'album mais, une fois n'est pas coutume, un fanart réussi dispo sur le site officiel du groupe.

Man, I can’t believe I really bought that shit. Fuck, I won’t even mind translating the piece of shit I wrote here. Shame on me, don’t know what the fuck I was on the day I came back home with this friggin’, smokin’ turd. You won’t believe I love fuckin’ Hellhammer after that one, don't you ?


Inhuman Rampage (Roadrunner / Noise, 2006

01 Through the Fire and Flames
02 Revolution Deathsquad
03 Storming the Burning Fields
04 Operation Ground and Pound
05 Body Breakdown
06 Cry For Eternity
07 The Flame of Youth
08 Trail of Broken Hearts

Le site et le Myspace de Dragonforce.

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